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FRANCE

Marine Le Pen "n'a pas dérapé : elle sait parfaitement utiliser les médias"

©

Vidéo par France 2

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 13/12/2010

La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a provoqué une polémique pour s'inviter à la une des médias. La proximité du congrès de Tours, où les militants frontistes doivent voter pour élire leur chef, n'y est pas pour rien.

En comparant vendredi, à Lyon, les "prières de rue" des musulmans à la période de l'Occupation, la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a provoqué la polémique. Ses propos lui ont valu la une de l’actualité jusqu’à ce lundi et ont soulevé un tollé dans l'ensemble de la classe politique, à gauche comme à droite. Bien placée pour prendre en janvier la tête du parti avant de se lancer dans la course à la présidentielle de 2012, Marine Le Pen est en campagne face à son concurrent Bruno Gollnisch. Dans ce contexte, son dérapage était-il prémédité ? A-t-elle échoué dans sa tentative de dédiabolisation du FN ?

Chercheur au Sophiapol (Université Paris Ouest-Nanterre) et auteur de "La nouvelle extrême-droite" (L’Harmattan), Sylvain Crépon répond aux questions de France24.com.

 

France 24 : L’attaque de Marine Le Pen contre l’islam était-elle soigneusement préméditée ou s’agit-il d’un dérapage incontrôlé ?

Sylvain Crépon : La provocation de Marine Le Pen était savamment calculée. Elle savait d’avance que ses paroles allaient déclencher une vague de réactions et c’est exactement ce qu’elle cherchait puisque tout le monde parle d’elle. En pleine campagne interne, elle s'offre la une des médias. À l’instar de son père Jean-Marie Le Pen, elle sait parfaitement utiliser les médias pour faire des coups médiatiques ou resserrer les rangs du parti autour de sa personne. Ce dernier dérapait très souvent sur le thème de la Shoah, tandis que sa fille a opté pour une critique acerbe de l’islam, comme le font plusieurs mouvements populistes européens islamophobes. Paradoxalement, elle invoque la laïcité, qu’elle instrumentalise, pour s’attaquer à cette religion. Or le FN est le parti français qui n’a jamais accepté la laïcisation de la France. Mais elle n’est pas à une contradiction près.

France 24 : Son dérapage intervient alors que les sondages d’opinions lui sont plutôt favorables. Va-t-elle en payer le prix sur le plan électoral ?

S.C. : Elle s’est rendue compte, en effet, que sa stratégie de dédiabolisation du FN était efficace pour séduire les sympathisants et une certaine partie de l’électorat, comme le prouvent les récents sondages d’opinions qui lui sont très favorables. Mais ce ne sont pas ces derniers qui vont désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen au cours du congrès de Tours, en janvier prochain, mais bel et bien les militants du parti frontiste.

Son dérapage vient leur rappeler qu’elle est loin d’avoir renié toutes les thèses radicales de son parti. Parce qu’elle sait que même si elle est favorite pour succéder à son père, les jeux ne sont pas encore faits. Son rival Bruno Gollnisch, un homme d’appareil par excellence, peut miser sur des franges du parti qui sont très hostiles à Marine Le Pen.

France 24 : Que lui reprochent ces derniers ?

S.C. :
Son positionnement, qui se veut plus modéré que celui de son père, est à double tranchant. Si son concurrent, Bruno Gollnisch, a opté pour une stratégie idéologique, elle suit de son côté une stratégie électoraliste. Mais son discours plus mesuré et sa stratégie n’ont pas convaincu l’aile dure et radicale du FN. L’ancienne génération frontiste est notamment composée d’ultraconservateurs catholiques, de nationalistes revanchards et d’anciens partisans de l’Algérie française. Certains militants sont même pour la réhabilitation du maréchal Pétain. C’est dire si le fossé générationnel se creuse au sein du parti.

Certaines positions de Marine Le Pen comme sur l’avortement, la laïcité ou encore sur l’héritage de la Seconde Guerre mondiale irritent beaucoup ces militants historiques car elle remet en question les fondamentaux idéologiques et traditionnels du parti. Par ailleurs, les principaux journaux d’extrême-droite tirent à boulets rouges sur elle, d’autant plus qu’elle est présentée par Bruno Gollnisch comme la candidate des médias. Tout cela peut se retourner contre elle.
 

Première publication : 13/12/2010

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