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Asie - pacifique

Le président Mahmoud Ahmadinejad limoge son ministre des Affaires étrangères

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Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/12/2010

Selon l'agence officielle Irna, Mahmoud Ahmadinejad a limogé le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki (photo), sans donner d'explication. Le chef du programme nucléaire a été désigné pour le remplacer provisoirement.

AFP - Le président Mahmoud Ahmadinejad a limogé lundi sans explication son ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, remplacé provisoirement par le chef du programme nucléaire Ali Akbar Salehi alors que l'Iran vient de rouvrir les discussion avec les grandes puissances sur ce dossier controversé.

Le limogeage surprise de M. Mottaki a été annoncé par la publication de deux "directives" laconiques du président iranien remerciant pour son travail le ministre, actuellement en visite officielle au Sénégal, et demandant à M. Salehi d'assurer l'intérim en raison de "sa précieuse expérience".

Aucune explication n'a été donnée à cette double décision, intervenue alors que l'Iran vient de rouvrir début décembre à Genève, après un an d'interruption, des discussions délicates avec les grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.

Aucune indication n'a été donnée sur le possible successeur de M. Mottaki, qui devra être avalisé par le parlement.

Le ministère iranien des Affaires étrangères n'intervient que très peu dans les négociations nucléaires, confiées actuellement à Said Jalili, secrétaire général du conseil suprême de sécurité nationale.

M. Salehi, nommé à la tête de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne (OEAI) en juillet 2009, juste après la réélection contestée du président Ahmadinejad, est également vice-président.

Ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA pendant quatre ans, jusqu'en janvier 2004, M. Salehi est un physicien nucléaire qui a fait ses études au Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-Unis, et qui était alors apprécié des Occidentaux pour ses positions modérées.

Il est devenu omniprésent ces derniers mois dans les médias iraniens, annonçant succès sur succès du programme nucléaire en dépit des sanctions internationales visant à contraindre Téhéran de renoncer à sa marche forcée vers la filière nucléaire.

La communauté internationale redoute que l'Iran, en dépit de ses dénégations répétées, ne cherche à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil, et s'inquiète particulièrement du programme d'enrichissement d'uranium accéléré par Téhéran depuis un an.

M. Salehi a ainsi annoncé à la veille de la réunion de Genève que l'Iran contrôlait pour la première fois la totalité de la filière du combustible nucléaire grâce à la production d'un premier chargement de poudre d'uranium concentrée (yellowcake) servant de base à l'enrichissement de l'uranium.

Diplomate plus traditionnel, M. Mottaki, en poste depuis août 2005, a fait sa dernière apparition médiatisée à l'étranger lors du Forum de Manama sur la sécurité dans le Golfe les 3 et 4 décembre, à la veille également de la reprise des pourparlers de Genève.

Il avait alors qualifié de "pas en avant" une déclaration de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton estimant que l'Iran pourrait être autorisé par les grandes puissances à enrichir de l'uranium sous certaines conditions.

La ligne officielle de Téhéran, martelée quasi-quotidiennement par les dirigeants iraniens, est que l'enrichissement d'uranium n'est "pas négociable".

Mais selon Mohammad Saleh Sedghian, directeur du Centre arabe d'études iraniennes basé à Téhéran, le limogeage de M. Mottaki, proche du président du Parlement Ali Larijani opposé à M. Ahmadinejad sur de nombreux dossiers, serait plutôt dû à des rivalités politiques au sein du clan conservateur au pouvoir.

Le ministre se serait notamment opposé aux efforts du président iranien pour développer une "diplomatie parallèle" confiée à une poignée de proches conseillers, a expliqué M. Sedghian à l'AFP.

Première publication : 13/12/2010

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