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Afrique

Bruxelles adopte des sanctions contre Laurent Gbagbo

Vidéo par Julien FANCIULLI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/12/2010

Bruxelles a imposé des sanctions contre le chef de l'État ivoirien sortant et ses soutiens qui refusent de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle. Ces mesures incluront une interdiction de visas et un gel des avoirs.

AFP - L'Union européenne a accru la pression lundi sur le régime de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire en décidant de le sanctionner, via des restrictions de visas et un gel d'avoirs, face à son refus de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle.

"Ces mesures incluront une interdiction de visas et un gel des avoirs", indique une

"Outre ces sanctions l'UE s'est engagée à soutenir le président démocratiquement élu"

déclaration adoptée lundi à Bruxelles par les ministres européens des Affaires étrangères.

Elle souligne que l'Union "a décidé d'adopter sans délai des mesures restrictives ciblées à l'encontre de ceux qui font obstruction aux processus de paix et de réconciliation nationale et en particulier menacent le bon aboutissement du processus électoral".

"Elles cibleront notamment les responsables qui ont refusé de se placer sous l'autorité du Président démocratiquement élu", ajoute encore le texte, dans une claire référence à Laurent Gbagbo et à son entourage. Une liste précise des personnes visées doit maintenant être établie.

L'UE promet aussi "de prendre des mesures en soutien des autorités démocratiquement élues" autour d'Alassane Outtara.

Deux semaines après la présidentielle du 28 novembre, la Côte d'Ivoire reste plongée dans une crise institutionnelle sans précédent avec deux chefs d'Etat proclamés, le sortant Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, reconnu par une communauté internationale quasi-unanime comme étant le président légitime.

Alassane Ouattara a été donné vainqueur par une Commission électorale indépendante (CEI) avec 54,1% des suffrages mais le Conseil constitutionnel, acquis à Laurent Gbagbo, a invalidé ces résultats et proclamé ce dernier président avec 51,45% des voix.

Soulignant que le détail des sanctions devait être encore défini, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a dit espérer que cette décision de principe allait "convaincre les dirigeants (ivoiriens) avant qu'on en arrive au stade des sanctions" proprement dites.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a souligné qu'il était "important que la volonté de la population (ivoirienne) soit respectée" et affirmé que son pays était favorable à une "approche dure" à l'égard de Laurent Gbagbo et de son régime.

En plus des restrictions sur les visas ou le gel d'avoirs, l'UE a un levier important dans le domaine de la coopération.

L'aide au développement actuellement programmée par l'UE en faveur de la Côte d'Ivoire, sur plusieurs années, s'élève à 254,7 millions d'euros. Mais ce volet possible de sanctions, susceptible de pénaliser la population, ne devrait pas être utilisé dans l'immédiat.

Les Etats-Unis ont eux aussi brandi jeudi la menace de sanctions et l'Union africaine a suspendu la Côte d'Ivoire.

La tension actuelle, et la poursuite de l'impasse sur le terrain, font craindre une confrontation armée dans le pays, théâtre d'une quasi-guerre civile après le coup d'Etat manqué de septembre 2002, qui l'a coupé en un sud loyaliste et un nord tenu par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN).

Lundi, des forces fidèles à Laurent Gbagbo ont établi lundi un blocus autour de l'hôtel qui sert de QG à son rival Alassane Ouattara. C'est la première fois que les deux camps se font pratiquement face en armes sur le terrain depuis le début de la crise politique qui a suivi la présidentielle.

Sur place, les Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) ont "reçu l'ordre de protéger le gouvernement de M. Ouattara, en conformité avec (son) mandat".

Première publication : 13/12/2010

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