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Economie

YouTube déclare la guerre au terrorisme

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 13/12/2010

Depuis ce week-end, les utilisateurs de YouTube peuvent demander qu'une vidéo faisant la "promotion du terrorisme" soit retirée du site. Une nouveauté qui, pour certains, pourrait favoriser les entorses à la liberté d'expression.

Après avoir longtemps résisté, YouTube a finalement décidé de sévir contre les films suspectés de promouvoir le terrorisme. Depuis ce week-end, la célèbre plateforme d’échange de vidéos sur Internet permet aux utilisateurs de signaler aux gestionnaires du site la présence d'une séquence coupable, à leurs yeux, de propagande terroriste.

Jusqu’à présent les seuls contenus inappropriés sur YouTube étaient la nudité, les actes sexuels, les violences contre les animaux et l’incitation à la haine à l’encontre de "groupes protégés" (handicap, orientation sexuelle, racisme, etc.).

La question de la promotion du terrorisme sur Internet était devenue de plus en plus présente ces dernières semaines. Google, la maison mère de YouTube, a été accusée à plusieurs reprises d’offrir une vitrine sans équivalent aux prêches de certains imams radicaux considérés par les États-Unis comme des porte-parole d’Al-Qaïda.

Début novembre, YouTube avait été contraint, sous la pression des États-Unis et du Royaume-Uni, de partir à la chasse aux vidéos dans lesquelles l’imam yéménite né aux États-Unis, Anwar al-Awlaki, appelait au djihad. Selon le gouvernement britannique, les prêches en anglais de ce religieux proche d’Al-Qaïda aurait poussé une étudiante à tenter d’assassiner le député travailliste Stephen Timms, qui avait voté, en 2003, en faveur de l'intervention militaire en Irak. Il n'en fallait pas plus pour qu'Anthony Weiner, un des responsables new-yorkais du Parti démocrate, s'émeuve de ce qu’une entreprise américaine facilite le recrutement de terroristes…

Liberté d’expression

La décision de YouTube de permettre aux utilisateurs de traquer les vidéos faisant "la promotion du terrorisme" a été saluée par plusieurs responsables politiques aux États-Unis. Le sénateur indépendant Joe Lieberman l’a qualifiée de "bonne première étape pour éliminer la propagande terroriste des sites Internet les plus populaires". Reste que le parlementaire aurait préféré que YouTube fasse le tri lui-même sans s’en remettre à la vigilance des internautes.

Une option toujours refusée par le site de partage de vidéos. Ses responsables, qui, au nom de la liberté d'expression, ont longtemps hésité à franchir le pas, estiment qu’il n’est pas possible de prévisualiser les "24 heures de vidéos qui sont mises en ligne toutes les minutes".

Si la sexualité ou la cruauté envers des animaux peuvent en effet être objectivement identifiées à l’écran, la "promotion du terrorisme" reste un concept plus subjectif. "C’est une catégorie discutable car elle peut faire l’objet d’interprétation plus ou moins large", a estimé dans un entretien accordé dimanche au Los Angeles Times le professeur de droit américain Jeffrey Rosen.

Première publication : 13/12/2010

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