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Afrique

Une trentaine de morts en marge de la marche sur la RTI à Abidjan

Vidéo par Karim HAKIKI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/12/2010

Une trentaine de personnes ont été tuées dans des combats à l'arme lourde entre partisans pro-Ouattara et forces loyales à Laurent Gbagbo. Le camp d'Alassane Ouattara maintient son appel à marcher vers la siège de la télévision ivoirienne.

La Côte d’Ivoire est en alerte, ce jeudi, alors que les partisans du camp d'Alassane Ouattara sont appelés à marcher vers le siège de la Radio-Télévision ivoirienne (RTI), dans le quartier du Vieux Cocody, à Abidjan. La manifestation prévue dans la matinée a toutefois été interrompue avant même d'avoir commencé, lorsque des combats à l'arme lourde ont éclaté à proximité de l’Hôtel du Golf où le camp d'Alassane Ouattara a installé son quartier général.

Au moins une trentaine de personnes ont été tuées, selon des informations recueillies par FRANCE 24. "Parmi elles se trouvent quatre membres des forces de l'ordre fidèles à Laurent Gbagbo. Il y aussi une cinquantaine de blessé, confirme Karim Hakiki, l'un des envoyés spéciaux de la chaîne en Côte d'Ivoire. Mais maintenant, les combats ont cessé."

Le calme semble être effectivement  revenu cet après-midi dans les rues d'Abidjan. "La circulation aurait été rétablie mais les forces loyales à Laurent Gbagbo tiennent toujours les ponts", reprend Karim Hakiki.

Clash dans le centre du pays

La RTI, au coeur du conflit Gbagbo-Ouattara

Depuis le début de la crise post-électorale qui secoue la Côte d’Ivoire, le camp d’Alassane Ouattara accuse la Radio-Télévision ivoirienne (RTI) d’être acquise à la cause de Laurent Gbagbo. Les proches du président proclamé par la Commission électorale indépendante (CEI) étayent leurs accusations en expliquant que le site internet de la RTI ne donne que la composition du gouvernement de Laurent Gbagbo et que la chaîne est la seule source d’informations dans le sud du pays depuis que les médias internationaux y ont été interdits. Par la voix du nouveau ministre de la Communication du gouvernement Aké N'Gbo, Gnonzié Ouattara, qui s’est exprimé sur RFI, le camp Gbagbo rétorque que, "depuis très longtemps, les radios et télévisions du nord et de l’ouest font campagne pour Ouattara, alors que la RTI a fait un travail équitable durant la campagne présidentielle".

Les affrontements ont éclaté dans la matinée à proximité de l'Hôtel du Golf. "Plusieurs centaines de manifestants pro-Ouattara - ceux qui avaient pu parvenir jusqu'ici, la majorité ayant été empêchée de quitter leur quartier - s'étaient réunis ici [à l’hôtel], explique Cyril Vanier, l'autre envoyé spécial de France24 à Abidjan. Le Premier ministre nommé par Alassane Ouattara, Guillaume Soro, devait prendre la tête du cortège. Mais avant le début de la manifestation, des élements de sa sécurité, dont d'ex-rebelles des Forces nouvelles (FN), ont ouvert la voie et pris position pour sécuriser la manifestation. C'est alors que des combats se sont engagés avec des membres de l'armée loyale à Laurent Gbagbo."

Des heurts ont également eu lieu dans le centre du pays, à Tiébissou, à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale politique, Yamoussoukro. Des forces fidèles aux deux rivaux ont échangé des tirs pendant plusieurs heures.

Cet après-midi, le porte-parole de Guillaume Soro a annoncé lors d'une conférence de presse que l'objectif de manifester à la RTI était maintenu, ainsi que l'appel à marcher demain sur la primature.

Le Premier ministre d'Alassane Ouattara avait annoncé en début de semaine vouloir installer un nouveau directeur général à la tête de la RTI, cette institution-clé de la communication pro-Gbagbo. Le camp de ce dernier estime, lui, que cette manifestation est "de la provocation et de l’intimidation", selon Gnonzié Ouattara, ministre de la Communication du gouvernement formé par Laurent Gbagbo. 

Paris appelle à la "retenue" 

Les événements de ce jeudi sont suivis avec inquiétude en Côte d’Ivoire et à l’étranger. Ce jeudi matin, la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a appelé "à la retenue de part et d’autre". La mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) assure, elle, travailler pour que le calme et la sécurité prévalent, mais se dit dans le même temps "prête à toutes les éventualités", selon Hamadoune Toure, son porte-parole, interrogé par RFI. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon craint que la situation n’aboutisse "à une violence généralisée", alors que le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, menace de déclencher des poursuites en cas de violences meurtrières, dans un entretien à FRANCE 24. 

De son côté, le Parlement européen a adopté, ce jeudi, une résolution appelant les Ivoiriens à rejeter la violence. Il invite la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, à prendre de "nouvelles initiatives" pour soutenir le président proclamé par la Commission électorale indépendante (CEI) et reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara. 


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Une délégation de l'Union africaine (UA) devait aussi rencontrer le chef de l'État nigérian, Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), afin d'essayer de trouver une issue pacifique à la crise.

La position inconfortable de l’Onuci

L’intervention éventuelle des forces onusiennes fait débat. Le général Philippe Mangou, chef d'état-major des armées et de l'ensemble des Forces de défense et de sécurité (FDS) ivoiriennes, s’est fait menaçant, mercredi, imputant par avance au représentant spécial des Nations unies en Côte d’Ivoire, Choi Young-jin, la "responsabilité" des "conséquences imprévisibles qui pourraient résulter de ces actions projetées".

"L’Onuci pense qu’elle n’aura pas à être attaquée et n’aura pas à riposter", lui a répondu, de son côté, le porte-parole de la mission onusienne, Hamadoun Touré.

Mercredi déjà, plusieurs manifestants pro-Ouattara ont été blessés par balles à Yamoussoukro (centre), la capitale politique ivoirienne, quand les FDS ont voulu empêcher un défilé.

M. Ouattara a été désigné vainqueur du deuxième tour de la présidentielle par la Commission électorale indépendante (CEI) et reconnu comme tel par la communauté internationale. Mais le Conseil constitutionnel ivoirien a invalidé ce résultat et proclamé la victoire de M. Gbagbo. Les deux hommes ont chacun formé leur gouvernement.

 

En raison de la violence ou du caractère injurieux de certains propos postés sur cette page, FRANCE 24 a décidé d'en fermer provisoirement les commentaires.
 

 

Première publication : 16/12/2010

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    Tirs à l'arme lourde à proximité du QG d'Alassane Ouattara

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