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Afrique

Laurent Gbagbo exige le départ des forces onusiennes et françaises

©

Vidéo par Pauline PACCARD

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/12/2010

Alors que les pressions internationales à son encontre s'accentuent, Laurent Gbagbo demande le départ des casques bleus et des soldats de la force française Licorne. Le siège de la mission de l'ONU a été attaqué dans la nuit.

La situation est toujours extrêmement tendue ce samedi à Abidjan alors que se poursuit le bras de fer entre Laurent Gbgabo, qui contrôle les leviers du pouvoir dans la capitale économique, et Alassane Ouattara, soutenu par la communauté internationale. Alors qu'il se retrouve en situation de quasi isolement diplomatique, Laurent Gbagbo refuse toujours de céder le pouvoir et exhorte désormais les forces onusiennes et françaises à quitter le pays.

"Le gouvernement demande le départ de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et de la force Licorne et s'oppose au renouvellement de son mandat", a déclaré samedi en début d'après-midi Jacqueline Oblé, ministre de l'Enseignement et porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo, dans une déclaration lue à la télévision d'État (RTI). "L'Onuci a fait preuve d'ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire", a-t-elle ajouté.

Quelque 10 000 casques bleus onusiens sont présents en Côte d'Ivoire, et la force française Licorne compte 900 hommes.

 

Le siège de l'Onuci attaqué

Cette annonce du gouvernement Gbagbo intervient alors que le quartier général de l'ONU à Abidjan a été l'objet de tirs dans la nuit de vendredi à samedi. "Une patrouille qui effectuait ses tâches habituelles dans la ville a été suivie par un groupe de six hommes armés vêtus de tenues militaires et voyageant dans un véhicule civil, a indiqué la mission dans un communiqué. À l'arrivée devant le siège de l'Onuci, les occupants du véhicule civil ont tiré en direction de la patrouille alors qu'elle entrait dans les locaux de la mission". La sentinelle présente devant les locaux de l'Onuci a alors riposté. Il était environ une heure du matin et la ville était sous couvre-feu.

Samedi, Charles Blé Goudé, leader des Jeunes patriotes et ministre de le Jeunesse du gouvernement de Laurent Gbagbo, a lui appelé le peuple "à s'apprêter à livrer le combat". "Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu'à la dernière goutte de notre sueur. [...] On va libérer totalement notre pays. La récréation est terminée !", a-t-il déclaré alors qu'un rassemblement des Jeunes patriotes doit se tenir ce samedi après-midi dans le quartier de Yopougon, à Abidjan.

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Sur le terrain, les envoyés spéciaux de FRANCE 24 font état de nouveaux échanges de tirs, notamment autour de l'Hôtel du Golf, où sont retranchés Alassane Ouattara et son gouvernement, et dans la banlieue d'Abidjan.

"La situation commence à nouveau à se tendre, indique en début d'après-midi Karim Hakiki, l'un des deux envoyés spéciaux de France 24. La ville est toujours quadrillée, mais il y a eu des échanges de tirs ici et là ce matin. Il y a également eu des affrontements très directs entre forces de l'ordre et militants du RHDP [le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, la coalition pro-Ouattara, ndlr] à Bassam, une station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres d'Abidjan. Les partisans d'Alassane Ouattara sortaient pour manifester quand ils ont été réprimés."

"Gbagbo reste le maître du jeu sur le terrain"

Vendredi soir, le camp d'Alassane Ouattara avait appelé les Ivoiriens "à rester mobilisés jusqu'au départ de Laurent Gbagbo".

Après les combats de jeudi en marge d'une manifestation sur la RTI, qui ont fait une trentaine de victimes, la communauté internationale a accentué ses sanctions ou menaces de sanctions à l'encontre de Laurent Gbagbo, l'enjoignant à quitter le pouvoir. Le président français Nicolas Sarkozy a notamment déclaré qu'il serait "nommément" visé par des sanctions européennes s'il ne quittait pas son poste d'ici dimanche.

Mais vendredi soir, après l'échec d'une nouvelle mission de médiation de l'Union africaine (UA) à Abidjan, Laurent Gbagbo a répété qu'il était "le président élu". "Sur le terrain, c'est toujours lui qui est le maître du jeu, explique Cyril Vanier. L'armée lui est restée fidèle, il contrôle la radio-télévision ivoirienne (RTI). Son adversaire politique, Alassane Ouattara, peut difficilement sortir de son quartier général, l'Hôtel du Golf. Laurent Gabgbo contrôle tous les leviers du pouvoir sur place ; c'est certainement pour cela qu'il reste hermétique aux pressions internationales."

 

En raison de la violence ou du caractère injurieux de certains propos postés sur cette page, FRANCE 24 a décidé d'en fermer provisoirement les commentaires.

Première publication : 18/12/2010

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