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Asie - pacifique

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité pour débattre de l'escalade des tensions

Vidéo par Pauline PACCARD , Shirli SITBON , Yuka ROYER

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/12/2010

C'est à la demande de la Russie que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en séance extraordinaire pour aborder la question des menaces nord-coréennes émises à la veille des manœuvres militaires sud-coréennes, retardées par la météo.

REUTERS - Le mauvais temps semble avoir retardé samedi le début des manoeuvres militaires avec des munitions réelles que la Corée du Sud prévoyait de mener dans la journée malgré la menace de nouveaux bombardements brandie par la Corée du Nord.

Seule alliée de taille du régime nord-coréen, la Chine a invité les deux parties à la retenue tandis que Bill Richardson, gouverneur du Nouveau-Mexique et émissaire officieux des Etats-Unis, a qualifié la péninsule coréenne de “poudrière”.

Les observateurs doutent cependant que la Corée du Nord mette sa menace à exécution.

Le Conseil de sécurité de l’Onu doit se réunir dimanche en séance extraordinaire pour débattre de l’escalade de la tension entre les deux Corées. La réunion s’ouvrira à 11h00 locales (16h00 GMT), ont précisé des diplomates. Cette réunion a été convoquée à la demande de la Russie, a dit l’un d’eux.

Les manoeuvres militaires sud-coréennes qui auraient dû débuter samedi devaient durer jusqu’à mardi au large de l’île de Yeonpyeong, bombardée le 23 novembre par la Corée du Nord.

Mais selon des responsables de l’armée, cités par l’agence de presse Yonhap, les exercices pourraient avoir été reportées en raison du brouillard et du vent.

Noyée dans le brouillard et balayée par le vent samedi, cette île située à environ 80 km de la côte est habituellement calme. Elle abrite une petite communauté de pêcheurs organisant des excursions pour les touristes.

Elle se trouve également à proximité de la frontière maritime entre les deux Corées dont le tracé dessiné à l’issue de la guerre de 1950-1953 est contesté par le régime de Pyongyang.

La plupart de ses 1.600 habitants, qui vivent aux côtés d’un millier de militaires, s’inquiètent de possibles nouveaux tirs d’artillerie nord-coréens. Beaucoup ont décidé de braver la mer souvent houleuse dans la région et d’effectuer les cinq heures de traversée leur permettant de se réfugier sur le continent.

“Je suis venu hier vérifier le chauffage dans la maison et le bateau qui doit nous remmener est retardé”, a déclaré Yoon Jing-young, un habitant. “Nous craignons que cela soit en raison des manoeuvres qui débutent aujourd’hui.”

Menace d’un conflit nucléaire

La Corée du Nord a prévenu vendredi que sa riposte à des maneouvres sud-coréennes dans le secteur serait plus forte que le bombardement du mois dernier, au cours duquel ses 170 obus d’artillerie ont fait quatre morts sur l’île sud-coréenne. La Corée du Sud avait alors répliqué par 80 obus.

Les médias officiels nord-coréens ont relayé samedi une nouvelle mise en garde du pouvoir à l’adresse des Sud-Coréens en raison de leur coopération, notamment militaire, avec les Etats-Unis et de leur détermination à mener à bien leurs manoeuvres. La Corée du Nord a ainsi brandi la menace d’un conflit nucléaire.

La Chine a renouvelé samedi son appel à la retenue en soulignant qu’un nouvel affrontement entre les deux Corées pourrait déstabiliser la région entière. Fidèle à sa prudence, elle n’a en revanche désigné nommément aucun des deux pays.

"Mauvais calcul"

La Russie a invité la Corée du Sud à renoncer à ses manoeuvres. Elle a convoqué les ambassadeurs sud-coréen et américain pour leur exprimer son “inquiétude extrême”.

Gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique, Bill Richardson se trouve pour sa part à Pyongyang pour ce qui est officiellement présenté comme une mission privée destinée à apaiser les tensions sur la péninsule. Dans une interview à CNN, il a invité la Corée du Nord à laisser sa voisine du Sud mener à bien ses manoeuvres militaires.

“En ce moment précis, c’est une poudrière. Ce que nous devons faire ne se limite pas à faire en sorte que les choses se tassent, mais aussi de trouver les mesures qui pourraient être prises par les Nord-Coréens, comme peut-être d’autoriser l’AIEA (ndlr, l’Agence internationale de l’énergie atomique) à venir inspecter son arsenal nucléaire”, a-t-il dit.

“Il faut que les choses se calment. Pas de riposte.”

Le département d’Etat américain s’est dit “absolument préoccupé par la trajectoire actuelle”, tout en insistant sur la responsabilité de la Corée du Nord.

Le régime nord-coréen réclame une reprise sans condition des pourparlers à six au sujet de son programme nucléaire avec la Corée du Sud, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.

Washington et Séoul s’y opposent afin de ne pas récompenser Pyongyang après des actes hostiles.

Pour les observateurs, la Corée du Nord agite la menace d’un conflit nucléaire afin d’obtenir davantage de concessions en cas de reprise des pourparlers à six. Les tensions actuelles serviraient aussi à affermir la position de Kim Jong-un, fils cadet du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il qui semble promis à la succession de son père.

Première publication : 19/12/2010

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