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"L'indépendance du Sud-Soudan ? Un suicide collectif"

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 29/12/2010

Le gouvernement du Sud-Soudan se prépare à organiser le 9 janvier un référendum crucial sur une éventuelle partition avec le Nord. Mais pour le chercheur Marc Lavergne, l'indépendance du Sud n'est absolument pas viable.

Selon les observateurs, les Sud-Soudanais devraient se prononcer, à l'occasion du référendum prévu le 9 janvier, en faveur de l'indépendance de leur région. Marc Lavergne, directeur du Centre d'études et de documentation économiques, juridiques et sociales Égypte-Soudan (Cedej),estime pourtant que quelle que soit l'issue du référendum, Khartoum conservera le contrôle de la région.

 

France24.com : Le Sud est-il prêt pour l'indépendance ?

Marc Lavergne : Absolument pas ; c'est un suicide collectif. Même si l'indépendance est décrétée, le régime de Khartoum gardera les clés du Sud. Il n'y a, au Sud-Soudan, aucun juriste qui ait une notion de droit international ; il n'y a ni État, ni police, ni administration, ni comptable. La situation est terrible ; c'est la foire d'empoigne autour des pétro-dollars, les dirigeants sont corrompus... Khartoum veut en faire un État-croupion.

France24.com : Faut-il alors craindre des violences ?

Marc Lavergne : Le Nord n'a pas envie de faire la guerre et, au Sud, les gens ne sont ni mobilisés ni équipés. Mais je pense que des violences sont à peu près inévitables dans le Sud, entre les différents clans. Jusqu'à présent, le Sud était uni face à l'ennemi commun, le Nord. Mais la notion de Sud-Soudan n'a pas de réalité.

France24.com : Quelles seraient les conséquences de l'indépendance du Sud pour Khartoum ?

Marc Lavergne : Beaucoup d'analystes prédisent la désagrégation du Nord. Cette région n'a aucune ressource, et on peut penser qu'au Darfour, les Fours du mouvement de libération du Soudan (MLS) vont faire cause commune avec le Sud, même s'ils n'avaient jamais pensé à l'indépendance jusqu'ici. Cela va bousculer les équilibres ; ce sera donc aussi dur pour le Nord que pour le Sud.

France24.com : Pourquoi les Occidentaux sont-ils en faveur de l'indépendance du Sud-Soudan ?

Marc Lavergne : Les États-Unis analysent la situation en fonction du clash des civilisations. Ils considèrent qu'il y a des chrétiens et des musulmans et qu'ils n'ont rien à faire ensemble ; les Noirs américains y voient aussi un conflit des esclaves contre leurs maîtres. Avec l'indépendance, l'Occident pourra exploiter les ressources pétrolifères du Sud sans passer par le Nord et pourra faire pression sur Khartoum. Ce régime est à la fois un régime dont on se méfie [le président Omar el-Béchir est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, ndlr] et le premier allié des Américains dans la guerre contre la terreur.

Les Occidentaux ont une grande responsabilité dans la période terrible qui risque de s'ouvrir ; ils sont incapabes de voir les choses autrement que par leurs propres fenêtres. Le Sud-Soudan n'est pas viable alors que le Soudan l'était tout à fait dans sa diversité. Son avenir passe par l'égalité entre tous les Soudanais.

 

Première publication : 27/12/2010

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