Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

MODE

WHO'S NEXT le salon international du prêt-à-porter et des accessoires de mode présente les collections de l'été 2015.

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois

En savoir plus

ICI L'EUROPE

Alexander Stubb, Premier ministre finlandais

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Françoise Degois, auteur de "Quelle histoire!"

En savoir plus

DÉBAT

Israël – Gaza : l’offensive se durcit, le bilan s’alourdit

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Ceci est mon corps"

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Stéphane Boujnah, directeur banque et marché, France & Bénélux, Banco Santander

En savoir plus

SUR LE NET

Crash du vol MH17 : attention aux arnaques en ligne

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Compatriotes"

En savoir plus

  • Paris confirme la livraison du premier Mistral à Moscou, le second en suspens

    En savoir plus

  • Vol MH17 : les séparatistes ukrainiens ont remis les boîtes noires à la Malaisie

    En savoir plus

  • Les télévisions libanaises unissent leurs voix pour soutenir Gaza

    En savoir plus

  • Gaza : l'armée israélienne annonce la disparition d'un de ses soldats

    En savoir plus

  • À Sarcelles, des dignitaires juifs et musulmans ont prié pour la paix

    En savoir plus

  • Transferts : Patrice Evra quitte Manchester United pour la Juventus Turin

    En savoir plus

  • Gaza : au Caire, Ban Ki-moon et Kerry veulent arracher un cessez-le-feu

    En savoir plus

  • Les milices libyennes s’affrontent pour le contrôle de l’aéroport de Tripoli

    En savoir plus

  • Dunga sélectionneur : le manque d’imagination du football brésilien

    En savoir plus

  • "Quelle opération ciblée !", quand Kerry ironise sur les frappes israéliennes

    En savoir plus

  • Sous pression, Moscou dément avoir livré des missiles aux pro-russes

    En savoir plus

  • Les chrétiens fuient Mossoul, "un crime contre l'humanité" selon l'ONU

    En savoir plus

  • L’armée ukrainienne tente de reprendre le contrôle de Donetsk

    En savoir plus

  • Didier Drogba tout proche d’un retour à Chelsea

    En savoir plus

  • Cette presse égyptienne qui soutient Israël contre le Hamas

    En savoir plus

Afrique

La jeunesse défie le président Zine el-Abidine Ben Ali

Vidéo par Florence VILLEMINOT , Claire BONNICHON

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/12/2010

De violentes manifestations secouent la Tunisie depuis qu'un jeune homme a tenté de se suicider à Sidi Bouzid, le 17 décembre, pour exprimer son desespoir face à la précarité et au chômage qui gangrènent le pays.

Le chômage, le coût de la vie et la censure politique sont à l’origine de la série de manifestations qui secoue la Tunisie depuis une dizaine de jours. À Tunis, la capitale, des dizaines d'opposants ont manifesté, ce lundi, pour soutenir le combat des habitants de la région de Sidi Bouzid, dans le sud-ouest de la Tunisie, où de violents affrontements opposent manifestants et forces de l’ordre depuis la tentative de suicide d’un jeune chômeur de 26 ans, le 17 décembre.

La centaine de manifestants était rassemblée devant le siège de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), à Tunis, avant d'être violemment interpellée par les forces de l'ordre. Au moins quatre manifestants auraient été blessés par des jets de pierre, selon un observateur présent sur place. 

"Le cortège a tenté de quitter la place Mohamed-Ali [lieu où se trouve le siège de l'UGTT, NDLR], mais la police nous en a empêchés. Ils nous ont frappés avec des matraques et nous ont même jeté des pierres. Il y a eu quatre blessés, mais les policiers ne nous ont pas laissés les transporter à l’hôpital", raconte sur le site des Observateurs Lina Ben Mhenni, blogueuse et activiste à Tunis.

Vidéo des rassemblements à Tunis par Slim Amamou

La diaspora tunisienne solidaire

Des rassemblements de solidarité ont été organisés à Paris, dimanche 26 décembre, où une centaine de manifestants se sont rassemblés à l’appel du Collectif de solidarité avec les luttes de Sidi Bouzid devant le consulat de Tunisie, dans le 16e arrondissement, aux cris de "À bas la dictature !" et "Vive les luttes en Tunisie !".

"On en a marre. Aujourd’hui, le seul moyen que l’on a de faire passer un message en Tunisie est de se suicider. Les gens doivent se tuer pour se libérer de Ben Ali et de sa bande !, s’insurge Selma, une manifestante. Nous demandons à Ben Ali de quitter le pays et nous lui pardonnerons s’il laisse le pouvoir à ceux qui le mérite. En attendant, nous manifesterons jusqu’à ce qu’il y ait un changement !"

Le chômage des jeunes, un fléau tunisien

 Mohammed Bouaziz, jeune diplômé sans emploi, avait tenté, le 17 décembre dernier, de s’immoler par le feu devant le gouvernorat de Sidi Bouzid pour protester contre les autorités locales qui venaient de lui confisquer les fruits et les légumes qu’il s’apprêtait à vendre sur le marché pour faire vivre sa famille. Gravement brûlé, le jeune homme est toujours hospitalisé à Ben Arous, près de Tunis.

Manifestation à Sidi Bouzid le 18.12.10
Crédit : Jelladi Mohtadi, Source: Tunisia watch

L’incident a provoqué des protestations dans la région qui ont dégénéré en violents affrontements entre la police et les manifestants, faisant au moins un mort et dix blessés en une semaine environ. Le 18 décembre, 2000 personnes ont manifesté à Menzel Bouzaïene, à 60 km de Sidi Bouzid, contre le chômage des jeunes, la précarité et la corruption du pouvoir. Les forces de l’ordre ont rapidement encerclé la ville avant de procéder à une vague d’arrestations massive.

Les manifestations se sont poursuivies les jours suivants. Le 22 décembre, Houcine Falhi, 22 ans, s’est électrocuté à Sidi Bouzid sur des câbles à haute tension après avoir escaladé un poteau électrique, criant qu’il ne voulait "plus de misère, ni de chômage". Le 23 décembre, Mohamed Béchir el-Amari, un autre manifestant, a été tué par balles par la police en pleine manifestation.
             
Le chômage des jeunes diplômés constitue un fléau en Tunisie contre lequel les institutions internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI), ont mis en garde le gouvernement. Dans le pays, son taux atteindrait le double du taux de chômage national, estimé officiellement à 14 %.

Le censure des médias tunisiens

Aucune information officielle sur les événements de Sidi Bouzid n’est disponible à ce jour. Le gouvernement tunisien préfère parler "d’incident isolé" et dénonce leur exploitation politique "malsaine" par l’opposition.

Si quelques groupes se sont constitués sur Facebook, tel que "M. Le Président, les Tunisiens s’immolent par le feu", qui réunit plus de 11 000 soutiens, et plusieurs blogueurs (comme A Tunisian Girl) dénoncent sur la Toile les exactions de Sidi Bouzid, il reste en revanche difficile pour les médias de couvrir les événements. Le 17 décembre, le journaliste Zouhair Makhlouf a été agressé par la police politique, devant son domicile, à Tunis, alors qu’il s’apprêtait à partir à Sidi Bouzid.

L’absence de liberté de la presse est totale. Dans le classement 2010 de Reporters sans frontières (RSF), la Tunisie fait figure de cancre, arrivant à la 164e place, non loin devant la Corée du Nord et de l’Érythrée. Et perd 10 places par rapport à l’année dernière... Cette "chute dans les profondeurs du classement", selon la formule de RSF, s'explique par la politique de "répression systématique mise en place par les autorités de Tunis à l’égard de toute personne qui exprime une idée contraire à celle du régime", estime l'association.

RSF rappelle également que  Fahem Boukadous, journaliste de la chaîne El-Hiwar Ettounsi, est détenu depuis le 15 juillet dernier à la prison de Gafsa, où il purge une peine de quatre ans de prison ferme. Celui-ci avait couvert les manifestations qui s'étaient déroulées dans la région minière de Gafsa, en 2008. Des jeunes diplômés protestaient déjà contre le taux de chômage élevé et l'augmentation du coût de la vie dans le pays. Des centaines de personnes avaient été arrêtées et plus de 200 inculpées. Certains sont toujours en prison aujourd'hui. Un jeune homme de 25 ans avait par ailleurs été tué.

Témoignage de Fahem Boukadous, par RSF


 

Première publication : 27/12/2010

  • TUNISIE

    Le président Ben Ali dénonce une "instrumentalisation" politique des émeutes

    En savoir plus

  • SUR LES OBSERVATEURS

    Le vent de la contestation souffle sur Tunis

    En savoir plus

  • TUNISIE

    De violents affrontements ont opposé la police aux manifestants près de Sidi Bouzid

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)