- Chômage - Jeunesse - Manifestations - Tunisie - Zine el-Abidine Ben Ali
Le président Ben Ali dénonce une "instrumentalisation" politique des émeutes
Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a dénoncé une "instrumentalisation politique", alors que de violentes manifestations secouent la Tunisie après qu'un jeune homme a tenté de se suicider à Sidi Bouzid, le 17 décembre.
AFP - Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a regretté mardi soir les évènements de Sidi Bouzid (centre-ouest), en proie à des troubles sociaux et a dénoncé une "instrumentalisation politique de certaines parties".
"J'ai suivi avec inquiétude et préoccupation les événements survenus ces derniers jours à Sidi Bouzid (..) le point de départ de ces événements est un cas social dont nous comprenons les circonstances et les facteurs psychologiques et dont les conséquences sont regrettables" a-t-il déclaré dans un discours adressé au peuple tunisien diffusé par la chaîne nationale TV7.
La région de Sidi Bouzid est en proie à des troubles sociaux à la suite de la tentative de suicide de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de fruits et de légumes qui s'était fait confisquer sa marchandise par la police municipale , n’ayant pas les autorisations nécessaires. Le jeune homme s'était aspergé d'essence pour s'immoler par le feu.
Le chef de l'Etat s'est rendu mardi après-midi au chevet de Bouazizi, alité au centre médical des grands brûlés à Ben Arous, près de Tunis et il a reçu au Palais présidentiel la mère de ce jeune homme ainsi que d'autres familles de la région de Sidi Bouzid.
Dans son discours, M. Ben Ali a dénoncé "l'ampleur exagérée qu'ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties qui ne veulent pas le bien de leur patrie et recourent à certaines chaînes de télévision étrangères qui diffusent des allégations mensongères sans vérification et se fondent sur la dramatisation (...) et la diffamation médiatique hostile à la Tunisie".
"Il n'est donc pas possible, de quelque manière que ce soit, malgré notre compréhension, que nous acceptions l'exploitation de cas isolés, un événement ou une situation fortuite, pour la réalisation de visées politiciennes, au dépend des intérêts de la communauté nationale, ses acquis et ses réalisations, et en premier lieu la concorde, la sécurité et la stabilité", a-t-il averti
Ben Ali a mis en garde "une minorité d'extrémistes et d'agitateurs à la solde d'autrui et contre les intérêts de leur pays (qui a) recours à la violence et aux troubles dans la rue comme moyen d'expression".
"C'est un aspect négatif et anti-civique qui donne une image déformée de notre pays et entrave l'afflux des investisseurs et des touristes, ce qui se répercute sur les créations d'emplois, alors que nous en avons besoin pour réduire le chômage", a-t-il souligné affirmant que "la loi sera appliquée rigoureusement contre ceux-là".
Le président Ben Ali a souligné "l'impératif de respecter la liberté d'opinion et d'expression et le souci de les consacrer dans la législation et la pratique, et nous respectons toute position dès lors qu'elle est exprimée dans le cadre de la Loi et des règles et éthique du dialogue".
Concernant le problème de chômage, cause principale des troubles sociaux dans la région de Sidi Bouzid, M. Ben Ali a exprimé sa compréhension de "la difficulté générée par la situation de chômage et son impact psychologique sur celui qui la subit". "Nous sommes constamment attachés à la dimension sociale de notre politique de développement afin qu'aucune région ou catégorie ne soit privée de sa chance à l'emploi et à l'investissement", a-t-il ajouté.


























Réagissez à cet article
(3) Réactions
"La faute aux autres"
Du n'importe quoi !!!! Nos dirigeants - je suis algérien - tous les mêmes, quand ils merdouillent...c'est toujours la faute à une main extérieure....Il y a juste une vérité concernant cette main, c'est elle qui leur permet d'asseoir et perdurer leur dictature...
Discours de la honte
13 jours après l'explosion de colère sociale contre son régime, suite au drame de Sidi Bouzid dans lequel un jeune universitaire a tenté de s'immoler par le feu, le Président Ben Ali est soudain sorti de son mutisme hautain et méprisant. La répression des manifestations ayant échoué il a décidé hier de recevoir dans son luxueux palais de Carthage la mère du jeune homme, celle d'un autre jeune qui avait réussi son suicide par electrocution et celle d'un jeune universitaire abattu par deux balles en pleine poitrine. On est loin ici des classiques ricochets de balles. Le Président s'est aussi rendu le même jour, hier, au chevet du brûlé grave à l'hôpital. Il ne s'agit bien sûr nullement d'instrumentalisation de gestes simultanés qui auraient pu avoir lieu plus tôt. Ensuite, assis derrière un grand bureau stérile, ses lunettes sur le nez pour pouvoir lire le texte en Arabe classique qui se déroulait devant lui, il s'est adressé à la caméra dans une langue de bois. Un discours froid, distant, sans aucune émotion. Le nom des jeunes victimes n'a pas été prononcé une seule fois. Mais le président a quand même montré ses qualités de psychanalyste. Balayant la thèse de jeunes diplômés désespérés par le chômage, il a présenté son explication: "Tout chômeur, en particulier lorsque sa quête d'un emploi se prolonge, que ses conditions sociales sont difficiles et que sa structure psychologique est fragile, ce qui peut le conduire à recourir à des solutions désespérées pour attirer l'attention sur sa situation...". Il s'agit donc de caractères mous qui voulaient tout simplement attirer l'attention. Ni plus ni moins. Ce qui explique sa condamnation de "l'ampleur exagérée, l'instrumentalisation politique, la dramatisation, la fomentation et la diffamation médiatique hostiles à la Tunisie". Il n'a pas non plus oublié de condamner "une minorité d'extrémistes et d'agitateurs à la solde d'autrui contre les intérêts de leur pays". Mais il a par contre oublié de mentionner le mutisme total des médias Tunisiens à sa solde et l'interdiction des deux seuls journaux d'opposition que compte la Tunisie et qui avaient essayé d'informer le public. Puis devenant menacant il a affirmé que la loi sera appliquée rigoureusement contre les méchants détracteurs. Deux fois seulement il a martelé le mot 'rigoureusement'. Il est devenu clair que le cri de désespoir de la jeunesse Tunisienne a été entendu. Par le peuple, mais certainement pas par Il Présidente.
Plus ca change plus.... Ce
Plus ca change plus....
Ce discours n'a porte rien de neuf, c'est vraiment du language du bois...on continue de prendre le peuple tunisien comme stupide et ignorant des vraies magouilles du pouvoir...Une minorite de mafia se tape toutes les richesses du pays mais le peuple ne se laissera pas aller tot ou tard.