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Asie - pacifique

Le gouverneur du Pendjab assassiné par son garde du corps

©

Vidéo par Matthieu MABIN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/01/2011

Gouverneur de la région du Pendjab considéré comme un membre modéré du parti du président Asif Ali Zardari, Salman Taseer a été tué par un membre de sa garde rapprochée. Celui-ci lui reprochait d'avoir dénoncé la loi punissant le blasphème.

AFP - Le gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, Salman Taseer, a été tué mardi par un de ses gardes près de son domicile d'Islamabad, ont annoncé la police et le gouvernement.

Selon le ministre de l'Intérieur Rehman Malik, l'assassion présumé s'est rendu à la police, en expliquant avoir tué M. Taseer car celui-ci était opposé à la loi sur le blasphème défendue par de nombreuses organisations islamistes.

"Il a avoué avoir lui même tué le gouverneur car il avait dénoncé la loi sur le blasphème. Il a confessé son crime et donné son arme à la police après l'attaque", a déclaré M. Malik.

Le Premier ministre Yousuf Raza Gilani a condamné l'attaque et annoncé trois jours de deuil national après la mort de M. Taseer, considéré comme une voix modérée du Parti du peuple pakistanais (PPP) du président Asif Ali Zardari et de son Premier ministre Yousuf Raza Gilani.

La fusillade a eu lieu dans un quartier central de la capitale, près du marché de Kohsar, très fréquenté des riches Pakistanais et des étrangers, et du domicile du gouverneur à Islamabad.

"Oui, il est mort", a annoncé à l'AFP un responsable de la police, Liaquat Ali Niazi à propos de Salman Taseer.

Selon le chef de l'administration de la capitale, Amir Ahmad Ali, M. Taseer est mort à l'hôpital après avoir été blessé dans l'attaque.

Sur place, le sol était couvert de sang et jonché de restes de munitions, a constaté l'AFP.

La loi controversée sur le blasphème est revenue sur le devant de la scène en novembre dernier avec la condamnation à mort d'Asia Bibi, une paysanne mère de famille, accusée d'avoir blasphémé contre le prophète Mahomet.

Actuellement emprisonnée, elle a fait appel de ce verdict et la haute cour de Lahore doit se prononcer prochainement. La plupart des condamnations à mort pour blasphème au Pakistan ont jusqu'ici toutes été commuées.

A la lumière de ce cas, de nombreux pays et organisations internationales ainsi que des personnalités politiques et associations au Pakistan ont pressé le président Asif Ali Zardari de la gracier, et de modifier la loi.

Mais ces appels ont été dénoncés par les puissants partis et autres groupes conservateurs religieux, qui ont rassemblé des milliers de manifestants dans plusieurs villes du pays et appelé à la grève générale fin décembre en prévenant que l'anarchie s'installerait si la loi était modifiée.

Seuls 3% des 167 millions de Pakistanais ne sont pas musulmans et appartiennent à des minorités qui se plaignent de discrimination.

L'assassinat de Salman Taseer intervient alors que le gouvernement est en proie à une grave crise politique, après la défection d'un de ses principaux alliés au sein de la coalition gouvernementale qui a fait perdre au gouvernement, au pouvoir depuis moins de trois ans, sa majorité au Parlement.

Il est désormais à la merci des partis d'opposition, qui peuvent le faire chuter s'ils décident de s'unir pour déposer une motion de censure.

Le chef de l'opposition Nawaz Sharif a lancé mardi un ultimatum à M. Gilani, lui demandant de s'engager sous trois jours à mener des réformes.

Mais il n'a pas évoqué le dépôt d'une motion de censure, se contentant pour l'heure de menacer de faire éclater la coalition au pouvoir dans la seul province du Pendjab, une annonce qui a eu lieu avant la mort de M. Taseer.

Première publication : 04/01/2011

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