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Amériques

Les républicains prennent position au Congrès

©

Vidéo par Karim YAHIAOUI

Texte par Joseph BAMAT

Dernière modification : 06/01/2011

Victorieux lors des élections de mi-mandat, les républicains ont officiellement pris le contrôle de la Chambre des représentants. Ils ne cachent leurs ambitions : réduire les dépenses publics, et préparer la présidentielle de 2012.

Le 112e Congrès américain issu des élections de mi-mandat du mois de novembre dernier entame ses travaux ce mercredi. Le camp républicain, vainqueur du scrutin, a  officiellement pris le contrôle de la Chambre des représentants, à la tête de laquelle il a élu John Boehner. Désireux de prouver aux Américains qu’ils peuvent gouverner, les adversaires du président démocrate Barack Obama vont devoir relever plusieurs défis.

Au cours des deux dernières années, la Maison Blanche a réussi à imposer son agenda et ses réformes politiques malgré l'acharnement de l'opposition républicaine, minoritaire au Congrès. Mais a donne a changé depuis les "mid-term". Forte d’une Chambre désormais sous son contrôle, l’opposition a réaffirmé, sans surprise, sa volonté de contrecarrer sans relâche la politique de l’administration Obama.

John Boehner prend les commandes de la Chambre des représentants

Les observateurs redoutent déjà des bisbilles

La bataille s'annonce donc rude entre les deux camps. D'autant plus que le Sénat reste aux mains des démocrates - même si leur majorité a été entamée (53 démocrates contre 47 républicains). En dernier recours, et pour compliquer la donne, le président peut quant à lui utiliser son droit de veto. Cela étant, les deux camps ont publiquement réaffirmé leur volonté de ne pas nuire, au travers de leurs actions, à la reprise de l'économie américaine.

Mais les observateurs restent sceptiques. "Les républicains et les démocrates disent qu’ils sont prêts à travailler ensemble", explique Stephen Ekovich, professeur de Sciences politiques à l’Université américaine de Paris. Mais cette volonté de coopérer "ne s’exercera que lorsque chaque camp y trouvera un intérêt" et "dans la mesure où l’opinion publique les suivra dans ce sens", poursuit-il.

Alors que l'économie du pays reste plombée par une dette publique abyssale et un taux de chômage de 10%, les Américains attendent des résultats concrets de la part de leurs élus. Dans ce contexte, les premiers débats à la Chambre devraient porter sur des questions économiques, telles que les dépenses publiques fédérales et la fiscalité, deux sujets sur lesquels les deux camps sont en total désaccord. Les élus républicains ont d’ors et déjà promis une coupe drastique des dépenses publiques d'un montant de 100 millions de dollars, en 2011. D'ailleurs, ce mardi, le républicain Eric Cantor, qui s'apprête à prendre ses fonctions de chef de la majorité à la Chambre, a assuré à la presse que son parti proposerait chaque semaine un projet de loi de réduction des dépenses.

En finir avec la réforme du système de santé

Le "Grand Old Party" a également sonné la charge contre la loi sur la couverture maladie, une des mesures phares de l’administration Obama. Très controversée, cette réforme, promulguée en mars dernier, reste la cible privilégiée de l’opposition. Les élus républicains de la Chambre des représentants entendent organiser rapidement, le 12 janvier prochain, un vote pour l’abroger.

Même si cette initiative risque de se heurter à l'opposition du Sénat, elle donne déjà la mesure de l’esprit combatif des républicains. Selon Stephen Ekovich, l’opposition systématique contre la politique d’Obama a porté ses fruits d’un point de vue électoral en novembre. Mais le maintien d’une telle stratégie pourrait à long terme déplaire aux électeurs.

Un horizon politique focalisé sur la présidentielle de 2012

Sur le plan interne, les républicains doivent se pencher sur le cas du mouvement ultra-conservateur Tea Party. Ce dernier a propulsé sur le devant de la scène politique américaine plusieurs candidats peu connus et parfois fantasques. "Le camp républicain doit parvenir à intégrer ce mouvement sans faire basculer le parti vers l’extrême-droite. Car pour gagner l’élection présidentielle américaine, il vaut mieux avoir des indépendants qui gravitent au centre de l’échiquier politique américain", poursuit Stephen Ekovich.

L’un des principaux enjeux politiques de l’année 2011 consistera donc pour les républicains à trouver un équilibre entre l'enthousiasme né de leur victoire électorale et une stratégie d’opposition calculée. Et ce, dans le but de faire émerger un leader présidentiable capable de défier Barack Obama en 2012. Quelques noms circulent déjà, dont celui de la superstar du Tea Party, Sarah Palin. Encore faut-il que les républicains prouvent aux électeurs qu’ils peuvent faire autre chose que s’opposer systématiquement au président démocrate.

Première publication : 05/01/2011

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