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SCIENCES

Le feu d’artifice pourrait être à l'origine des "pluies d’oiseaux"

Texte par Thibault LIEURADE

Dernière modification : 10/01/2011

Si la découverte de milliers de cadavres d’oiseaux aux États-Unis et en Suède a donné lieu à des théories farfelues, l'hypothèse retenue serait finalement plus rationnelle. Des feux d'artifices pourraient être à l'origine de leur décès.

Oubliez Al-Qaïda, les tests secrets gouvernementaux ou le calendrier maya. Les premières explications données aux "pluies d’oiseaux" constatées en différents points du globe seraient dues à des raisons bien plus cartésiennes, n’en déplaise aux conspirationnistes.

"L’hypothèse du feu d’artifice semble la plus plausible", avance Frédéric Jiguet, ornithologue au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, pour expliquer la découverte de quelque 3 000 cadavres de carouges à épaulettes, au matin du 1er janvier, dans la ville de Beebe, en Arkansas.

"Une forte détonation - comme un feu d’artifice ou un avion passant le mur du son - peut les assomer. En tombant au sol, inconscients, le choc peut leur être fatal", poursuit le spécialiste, interrogé par france24.com.

Deux jours plus tard, la Louisiane, État proche de l’Arkansas, connaissait à son tour une surmortalité localisée de volatiles. Le 4 janvier, ce sont environ 50 choucas qui étaient retrouvés morts de l’autre côté de l’Atlantique, en Suède.

"Les choucas sont des animaux plus robustes, et la présence de neige au sol a pu amortir leur chute, ce qui expliquerait le plus petit nombre de décès", note Frédéric Jiguet.

Emballement médiatique

"Mais on n'aurait jamais entendu parler des 50 choucas en Suède sans les précédents aux États-Unis", note le spécialiste quand on l’interroge sur une éventuelle vague de "pluies d’oiseaux".

En réalité, "c’est un phénomène bien connu", rappelle John Fitzpatrick, directeur du département d’ornithologie à l’Université de Cornell, dans une interview accordée au New York Daily news, sur le cas de l’Arkansas.

Aux États-Unis, le centre d’études nationales de la vie sauvage du Wisconsin (USGS), en charge d’analyser les cadavres, a d’ores et déjà recensé 16 "pluies d’oiseaux" similaires au cours de ces 30 dernières années sur le sol américain.

"Ces dernières chutes massives ont toutes eu lieu à proximité d’habitations, ce qui explique qu’elles aient retenu l’attention", rappelle Frédéric Jiguet. "Si celles-ci s’étaient produites dans un champ, les renards se seraient rapidement chargés de faire disparaître toutes les traces", poursuit-il.

Aux États-Unis, des enquêtes ont néanmoins été lancées pour tenter de comprendre précisément le phénomène. Les résultats sont attendus dans plusieurs semaines. D'ici là, la Nature conserve sa part de mystère…
 

Première publication : 06/01/2011

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