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Afrique

Gbagbo expulse les ambassadeurs britannique et canadien

Vidéo par Christophe DANSETTE , Mariam Pirzadeh

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/01/2011

Le gouvernement de Laurent Gbagbo dit appliquer le "principe de réciprocité régissant les relations diplomatiques" après le retrait des accréditations des ambassadeurs ivoiriens à Londres et à Ottawa nommés par le président sortant, fin décembre.

AFP - Le bras de fer se durcit entre Laurent Gbagbo et la communauté internationale après le renvoi des ambassadeurs du Canada et de Grande-Bretagne par son régime, une décision rejetée par ces deux pays, qui reconnaissent Alassane Ouattara comme seul président de Côte d'Ivoire.

Sitôt annoncée jeudi soir, Ottawa et Londres ont refusé une expulsion des deux diplomates.

Le gouvernement d'Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale, a rejeté aussi vendredi une mesure "nulle et de nul effet" du gouvernement "illégal" de Laurent Gbagbo.

Grande-Bretagne et Canada avaient retiré fin décembre les accréditations des ambassadeurs ivoiriens nommés par le président sortant et indiqué qu'ils reconnaîtraient les représentants désignés par son rival.

La mesure de renvoi semblait sans effet immédiat. A la chancellerie canadienne, on a indiqué que l'ambassadrice Marie-Isabelle Massip resterait en Côte d'Ivoire et que les affaires suivaient leur cours. L'ambassadeur britannique Nicholas James Westcott, basé à Accra, se trouvait au Ghana vendredi, selon une source diplomatique.



M. Gbagbo a réclamé aussi ces dernières semaines le départ de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci, 9.500 soldats), qu'il accuse d'être alliée militairement à M. Ouattara. Mais les Nations unies, qui ne le reconnaissent pas non plus, ont rejeté cette requête et souhaitent même déployer 1.000 à 2.000 Casques bleus supplémentaires.

Un diplomate européen interrogé par l'AFP a estimé que la Chine, "intéressée" par l'Afrique, pourrait répondre favorablement à cette demande de renforts.

La communauté internationale reconnaît M. Ouattara comme le vainqueur de la présidentielle du 28 novembre dont les résultats contestés ont plongé le pays dans une grave crise.

Depuis mi-décembre, des violences ont fait 210 morts selon l'ONU, un bilan qui comprend 14 tués lors de troubles interethniques cette semaine à Duékoué (ouest). Plus de 10.000 personnes ont été déplacées par ce conflit communautaire, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui comme les Nations unies, n'établit pas de lien direct avec la crise politique.

Après une nouvelle médiation africaine infructueuse, le président sortant reste sous la menace d'une opération militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Mais le Ghana voisin, qui avait déjà annoncé qu'il n'enverrait pas de troupes, a dit son refus de la force. Le président John Atta-Mills a expliqué croire davantage "à la diplomatie qu'à une intervention militaire pour résoudre les problèmes".

"La force légitime n'est pas exclue, mais nous allons tout faire pour convaincre le président Gbagbo de se démettre", a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères nigérian Odein Ajumogobia. Pour lui, la question d'un usage de la force est "globale et pas seulement de la responsabilité du Nigeria, de la Cédéao et de l'Afrique, car des vies sont en jeu".

Toujours confiné à son QG du Golf hôtel d'Abidjan, soumis à un blocus des forces fidèles au régime, Alassane Ouattara, qui dit préférer aussi une solution pacifique, estime cependant qu'une "opération spéciale non violente" pourrait déloger Laurent Gbagbo si nécessaire.

"Laurent Gbagbo partira avant la fin du mois de janvier", avait-il assuré jeudi en prédisant que ce dernier tomberait "comme un fruit, pas mûr, mais comme un fruit pourri".

Vendredi, il lui a toutefois proposé une amnistie pour partir, dans un entretien au quotidien français Le Figaro, mais le gouvernement Gbagbo a écarté toute offre de ce genre.

La crise ivoirienne était de nouveau au centre d'une réunion des ministres des Finances de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), à Bamako en présence de deux ministres de M. Ouattara.

Les ministres de l'Uémoa avaient infligé un sérieux revers à M. Gbagbo en demandant fin décembre à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) d'autoriser les représentants de M. Ouattara à gérer les comptes du pays.



Première publication : 07/01/2011

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