Dernière modification : 10/01/2011 

- Afrique - Agriculture - Burundi - Démographie


Burundi : la bataille de la terre

Toujours plus de paysans, mais de moins en moins de terres à partager. Au Burundi, la pression démographique est une bombe à retardement. La terre est de plus en plus convoitée, et les conflits entre voisins se multiplient. Ces disputes pour la terre fragilisent la récente réconciliation nationale.

Par Jérôme BONNARD

Au Burundi, l’un des plus petits pays d’Afrique situé à l’Est de la RDC, 90 % de la population dépend de l’agriculture, mais la terre pose un réel problème. La démographie explose, la population pourrait doubler, voir tripler d’ici 2050. Il y a de moins en moins de terres pour de plus en plus de bouches à nourrir… Un demi-hectare par ménage ne suffit plus pour assurer la sécurité alimentaire d’une famille.

Conséquence : les relations entre paysans sont polluées, les familles s’entredéchirent pour les questions d’héritages. Les terres sont morcelées, et de plus en plus marchandées.

Les tribunaux sont saturés. 80 % des affaires juridiques du pays concernent le foncier. Des procès souvent interminables, ou reportés. Car au Burundi, la terre est un bien collectif qui se transmet de génération en génération, et l’on se remet souvent au droit coutumier, loin de l’administration dans la capitale Bujumbura. D’ailleurs, les services cadastraux sont quasi inexistants dans les campagnes. Faire enregistrer une terre coûte cher pour un paysan qui gagne quelques euros par jour, c’est donc peu commun dans les familles. C’est pourquoi les tribunaux peinent à rassembler les preuves et autres documents officiels lorsque deux parties affirment chacune être propriétaire. Un véritable cercle vicieux.

L’État a promis de réformer. Le code foncier en vigueur date de 1986 et n’est plus adapté à la situation actuelle. Dans l’urgence, une Commission Nationale a été créée en 2006 pour gérer les litiges, désengorger les tribunaux et trouver des solutions amiables. Quelques guichets fonciers pilotes dans les campagnes sont à l’essai. Mais ce n’est pas suffisant. La nouvelle loi foncière, qui doit aussi inclure un nouveau planning familial, est très attendue.

Dans l'attente de réformes, les agences de l'ONU dont la FAO aident de nombreux ménages vulnérables en proposant des alternatives agricoles et en finançant des techniques de semences à haut rendement. L'exemple notamment de se réunir en associations dans des zones fertiles tels les marais, où l'on peut cultiver du riz et faire un peu de commerce avec les récoltes, loin des disputes et autres conflits des collines. Un moyen de changer les mentalités, de rendre l'agriculture attractive et sources de revenus.

Autre problème : le retour de centaines de milliers de réfugiés qui ont fui les guerres civiles. La situation politique est à nouveau stable, mais l’équilibre reste fragile. D’autant plus que de nombreux rapatriés cherchent à récupérer leurs terres, certaines ont été données ou vendues par les administrations de l’époque à d’autres paysans.

Le pays a longtemps souffert des mêmes divisions ethniques que son voisin le Rwanda entre Tutsi et Hutus. La dernière guerre civile au Burundi (1993-2004) aurait fait plus de 200 000 morts. Le fragile processus de paix est mis en péril si rien n’est fait rapidement.


Commentaires (21)

Mon point de vue!!

Je réagis peut être tardivement à ce reportage que j'ai suivi plus d'une fois mais certains commentaires que je viens de lire me pousse à dire quelque chose(surtout que je vis au pays) Tout d'abord j'aimerai faire un clin d'œil aux personnes(elles se reconnaitront) qui font des commentaires pendant qu'elles ne connaissent qu'une infime partie de la réalité de ces conflits fonciers. Dire que les tutsi et les hutu ne peuvent pas partager une même terre est très déplacé,et la personne qui le dit ne vit même pas au Burundi (il ou elle le dit en qualité de qui???) je dois dire que je suis fort étonnée de lire des commentaires pareils en 2011 alors que beaucoup de burundais considèrent les ethnies comme une richesse et non comme une source de conflit. Aujourd'hui, certains résidents ont acceptés de partager leurs terres(acquises il y a plus de 30 ans) avec les réfugiés. La question qui se pose au Burundi, comme l'a bien dit le reporter, est le contrôle de la démographie et non la question ethnique, comme certains le pensent!! S'il vous plaît n'ethniser pas le problème. Change we need!!

la bataille de la terre

je vois maintenant pourquoi le burundi et le rwanda entre dans la conquette des terres en republique democratique du congo!!

très bon reportage, sujet

très bon reportage, sujet très peu abordé par les autres médias

BURUNDI

EXCELLENT REPORTAGE QUI FAIT DECOUVRIR UN PAYS DONT ON NE PARLE PAS ET DONT LES PROBLEMES SONT COMPLEXES ET INQUIETANTS. POURQUOI NE PAS LE DIFFUSER A NOUVEAU ? BRAVO AU JOURNALISTE JEROME BONNARD POUR LA MAITRISE DU SUJET ET SES IMAGES SURPRENANTES.
NOUS ATTENDONS TOUS D AUTRES DOCUMENTAIRES AUSSI RICHES .MERCI

Tres interessant

Un tres bon reportage qui donne une idee de l'ampleur du probleme et des difficultes a venir

BURUNDI: BATAILLE POUR LA TERRE

CE DOCUMENTAIRE EST INTERESSANT MAIS INQUIETANT. MAIS PEUT-ON EN AVOIR SUR CD?

Félicitation pour la

Félicitation pour la pluralité des avis et la concision du propos.
M Peuch, instituteur.

Un bon reportage

Le Gouvernement Nkurunziza est en train de résoudre un problème légué par ses prédécesseurs. Le Burundi est petit mais il y a de la place pour tout le monde. Le problème de Hutu et Tutsi n'est plus d'actualité au Burundi. Une solution est en vue par ailleurs. Merci pour ce reportage et merci de pouvoir parler d'un problème sérieux que beaucoup de nos confrères journalistes burundais ne peuvent pas faire. Ils sont beaux quand ils ternissent l'image de leur pays. Merci encoure Jérome.

Sujet délicat mais bien illustré

Ce reportage ne semble pas infirmer ou confirmer que ces sont les tutsis qui sont restés et qui ont pris toutes les terres aux hutus... D'ailleurs, le problème est illustré par un très bon exemple d'industrie vivrière dans le sud (les palmeraies) avec la plus grande prudence... C'est l'exploitant qui parle 'nous sommes pour le retour de nos frères, mais attention aux tensions que ça peut créer"... à aucun moment le mot tutsi ou hutu a été cité dans ce reportage et il n'a pas été dit que la terre a été prise aux hutus..

Conflit démographique au Burundi

Je crois qu'il faut éviter de dire que ceux qui sont restés sont des tutsi! Car parmis ceux qui ont acquis des terres il y aussi des hutus! Seulement le Gouvernement doit traiter cette question avec bcp de délicatesse, et ne pas créer des frustrations parmis les populations! Mais tant que les burundais continuent à mettre au monde bcp d'enfants la question des terre restera là et ils vont s'entretuer (on ne cesse de voir des frères qui s'entretuent pour lopins de terre).La solution viendra de la limitation des naissance et de l'innovation(chercher d'autres techniques de culture, et créer d'autres ressources de revuns) sinon la terre seule ne faira vivre les burundais tous les ans!! A bon enteur salut!

La terre au Burundi

Si le pouvoir en place n'envisage pas d'autres moyens de faire vivre la population, autre que le travail de la terre, les problèmes fonciers vont toujours faire rage. Et cette agriculture doit elle même être réformée et adaptée aux réalités du moment. Nous avons beaucoup d'atouts pour la rendre plus productive.

Burundi et ailleurs...

Malthus, help! Zélie

Burundi et ailleurs...

Malthus, help!

Burundi: Bataille de la terre

Plus de paysans, moins de terre arables; oui. La surpopulation dans les campagnes est bel et bien un problème dans cette région du monde. L'urbanisation et l'entreprenariat tant dans les campagnes que dans les villes avec les techniques de production appropriées semblent être la clé, sans oublier surtout le planning familial. Il doit y avoir une production industrielle dans les villes et une mécanisation de l'agriculture et c'est possible, les mentalités peuvent changer.

Malthus again...

Merci Jérôme Bonnard pour ce très bon reportage qui attire notre attention sur un sujet très mal connu du grand public.

Malthus again...

Merci Jérôme Bonnard pour ce reportage qui attire notre attention sur un sujet très mal connu du grand public.

Malthus...

...doit bien se marrer, dans sa tombe

problème de politique démographique

Merci France24 pour ce reportage,
J suis un Burundais vivant en France,ceci montre les conséqueces qui peuvent survenir lorsque l'Etat ne se soucie pas de problème démographique,de politique de gestion et de régulation des naissance,si l'encien administration a distribué les terres aux villageois il y a 30,40 ans,ceux ci ont le droit de s'en approprier mais les réfugiés qui rentre de Tanzani et de RDC ils ont été déossédés,spoliés aujourd'hui ils peuvent demander la réstitution de leurs biens et terre comme le stipulent les accords d'ARUSHA,comment l'ETAT COMPTE RESODRE CE PROBLEME??? Olivier

burundi igihugu ciza!!

C'est tres difficile a voir les refugies de gagner
leur vie !!les gens qui sont reste sont les tutsis ,et les hutus
sont patrir alors comment imaginez vous des tutsis et hutus
de pratager la terre ,impossible!! Je suis victime moi meme
je ne peux pas dire si je suis tutsu ou hutu! apropos votre images que je vu merci Jerome. je pense toujours mon pay mais avec de probleme padron !! Je suis refugis depuis le temp 1972 .
de cette annee ce perent qui sont quitter le pay moi
j'ai 28ans que pensez- vous me dire?Avec le le paurve pay comme burundi.Merci france24.fr J'aime votre atutide!! Pour mes frere
burundais (es) c' est la vie!!Mwihangane kuko Imana ntiyaremeye abarundi na barundikazi kubaho nabi musenge Imana izobafasha.

Démographie Responsable

Cet excellent reportage devrait être vu par une majorité de nos compatriotes et de nos amis francophones car il montre très bien l'impasse vers laquelle se dirige le Burundi et par delà les pays qui continuent à connaître une "démographie galopante". Il est temps de se ressaisir !
http://www.demographie-responsable.org/

La Surpopulation : Un fléau mondial

Ce problème est exacerbé au Burundi, mais en réalité c'est la Terre entière et son équilibre écologique qui sont menacés par nos effectifs en explosion permanente. Il faut que cesse le tabou sur ce point, sinon tous les efforts faits par ailleurs seront réduits à néants. Il faut impérativement faire baisser la natalité

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