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Afrique

Les deux otages français tués, Sarkozy dénonce "un acte barbare et lâche"

©

Vidéo par Shirli SITBON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/01/2011

La France a confirmé la mort des deux Français qui avaient été kidnappés vendredi soir par plusieurs hommes armés dans un restaurant du centre-ville de Niamey. Selon Paris, les deux otages ont été tués près de la frontière avec le Mali.

AFP - Les deux Français de 25 ans enlevés vendredi à Niamey ont été tués lors d'une opération de l'armée nigérienne coordonnée par des militaires français près du Mali, a annoncé Paris samedi, et le président Nicolas Sarkozy a dénoncé "un acte barbare et lâche".

Le rapt dans un restaurant de la capitale nigérienne d'Antoine de Léocour et de Vincent Delory n'a pas été revendiqué mais les soupçons se sont portés sur Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ou sur un groupe lié aux jihadistes.

Aqmi, mouvance opérant dans la bande sahélo-saharienne aux confins du Niger, du Mali, de l'Algérie et de la Mauritanie, détient cinq otages français depuis la mi-septembre dans le nord-est du Mali.

"C'est la nation entière qui condamne cet acte barbare perpétré par des barbares" (Sarkozy)



Les deux jeunes gens ont été retrouvés morts après une fusillade près de la frontière avec le Mali entre les ravisseurs et des éléments de l'armée nigérienne lancés à leur poursuite, a indiqué le ministre français de la Défense, Alain Juppé.

 Selon lui, l'opération "coordonnée avec des éléments français présents dans la région" a permis de "neutraliser" certains des ravisseurs, mais "à l'issue de cette action, les corps des deux otages ont été découverts sans vie", a-t-il ajouté, sans préciser qui était responsable de leur mort.

Plus tard, le président Sarkozy a condamné, "avec la plus grande fermeté", "l'assassinat" des otages, "un acte barbare et lâche", en assurant de la "détermination" de la France à "combattre sans relâche la barbarie terroriste".

La France dans le collimateur de l'Aqmi



Le décès des deux jeunes hommes, originaires de la même petite ville du nord de la France, Linselles, avait été annoncé un peu plus tôt par des sources sécuritaires nigériennes.

Antoine de Léocour résidait au Niger, où il a notamment travaillé pour une une ONG et où il comptait se marier prochainement avec une Nigérienne. Son ami Vincent Delory l'y avait rejoint pour assister au mariage, selon un député de leur région.

C'est la première fois qu'un enlèvement de ce genre survient à Niamey, capitale considérée jusque-là comme sûre, à environ 200 kilomètres au sud de la frontière malienne.

Les Forces de défense et de sécurité nigériennes avaient fait face aux ravisseurs une première fois dans la nuit de vendredi à samedi près du Mali, selon le porte-parole du gouvernement nigérien Laouali Dan Dah.



Mais les ravisseurs "ont pu passer à travers les mailles du filet", avait-il poursuivi.

M. Juppé a aussi fait état d'un "accrochage dans la nuit, au cours duquel le chef du détachement de la garde nationale nigérienne a été blessé".

Selon M. Dan Dah, les deux Français ont été enlevés vendredi soir par quatre hommes armés au restaurant Le Toulousain, dans le quartier du Plateau. Ils ont été forcés à monter à bord d'un 4x4 immatriculé au Bénin.

Les assaillants "parlaient l'arabe, le français et le haoussa", une langue locale, et étaient "enturbannés" à l'exception de l'un d'eux, a précisé M. Dan Dah.

A Niamey, de nombreuses patrouilles de forces de l'ordre ont circulé samedi et plus encore à la tombée de la nuit, a constaté un journaliste de l'AFP.

Durant la journée, une source militaire étrangère au Mali avait expliqué: "nous pensons que ce sont les intermédiaires qui ont enlevé les deux Français et qu'ils sont en train de tenter de les céder à des intégristes, et nous faisons tout pour les en empêcher."

La France tente actuellement d'obtenir la libération de cinq de ses ressortissants enlevés le 16 septembre 2010, avec un Togolais et un Malgache, sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit, dans le nord du Niger.

Les otages, pour l'essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom, seraient détenus dans le nord-est du Mali. Ce rapt a été revendiqué le 21 septembre par Aqmi.

Aqmi avait annoncé en juillet l'exécution d'un otage français, l'humanitaire Michel Germaneau, dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Première publication : 08/01/2011

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