Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

8ème Jeux de la Francophonie: quelque 4000 athlètes réunis à Abidjan

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Claude Rich, un comédien unique

En savoir plus

À L’AFFICHE !

50 Cent, rencontre avec un rappeur hors norme

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Le bistrot, une tradition française qui se perd

En savoir plus

FOCUS

Irak : à Mossoul, le long chemin de la reconstruction

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Le mépris de Donald Trump envers l'État de droit"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

La BCE poursuit sa politique monétaire accommodante

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Macron : la fin de l'état de grâce ?"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Football : la Coupe d'Afrique des nations fait sa révolution

En savoir plus

Amériques

Quand les Dieux se penchent sur l'épiscopat de la Sainte-Trinité

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 10/01/2011

Port-au-Prince cache bien ses merveilles. Il suffit parfois d'un coup de chance ou d'une rencontre fortuite pour qu'un coin de paradis s'offre au visiteur. Petit détour par la cour de l'épiscopat de la Sainte-Trinité.

En arrivant à Port-au-Prince, sur le tarmac de l'aéroport, j'avais échangé quelques mots avec un homme dont le sac contenait un violon. Un musicien français de l'orchestre de Stuttgart qui venait dispenser, une semaine durant, des cours de violoncelle à de jeunes Haïtiens. Quelques jours plus tard, je me suis vaguement rappelé de l'adresse qu'il m'avait alors indiquée : le quartier de l'Église de la Sainte-Trinité. J'y ai traîné mes chaussures poussiéreuses samedi après-midi, un peu par hasard, un peu par curiosité.

J'y ai vécu un moment de grâce. J'aurais pu jurer que toute la sérénité, toute l'harmonie et toute la paix du monde s'étaient donné rendez-vous dans la cour de l'épiscopat de la Sainte-Trinité, où une trentaine de jeunes musiciens ont joué la 7e symphonie de Beethoven, sous la direction du père David César. Un havre de paix en plein cœur de la chaotique capitale haïtienne.

Les instruments n'étaient pas tout à fait accordés, une fausse note fusait de temps en temps et l'ensemble, parfois, s'interrompait après une mesure ratée, mais, qu'importe, la magie opérait. Pendant deux heures, cette cour est devenue un coin de paradis, un endroit élu par les Dieux. Deux petites heures divines volées au tumulte de la ville, loin de la poussière et de la misère.

Malheureusement, les Dieux haïtiens ont le sens de l'équité. Pour un petit coin de paradis, un moment d'enfer. La grâce n'a malheureusement pas touché la discothèque qui jouxte l'hôtel où nous logeons. La nuit, les baffles y crachent du kompas agressif et des reprises douteuses de morceaux déjà peu gracieux dans leur version originale. Les boules Quiès n'y font rien. Je passe donc de Beethoven à "Barbie Girl" remixé façon haïtienne. C'est dur. Il est 2 heures 30 à Port-au-Prince, 8 heures 30 à Paris. La nuit va être longue.
 

Première publication : 09/01/2011

  • CARNET DE ROUTE EN HAÏTI

    Le nouveau visage de Port-au-Prince

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)