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Economie

La justice américaine fait pression sur Twitter

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 10/01/2011

La justice américaine a demandé à Twitter des informations sur des utilisateurs proches de WikiLeaks. Une procédure qui tend à prouver l'ouverture d'une enquête contre le site qui a révélé plus de 250 000 câbles diplomatiques américains.

Le gouvernement américain met tout en œuvre pour poursuivre en justice WikiLeaks, qui a révélé plus de 250 000 câbles diplomatiques américains, et son médiatique représentant, Julian Assange. Le ministère américain de la Justice a ainsi demandé à Twitter de lui fournir une liste impressionnante d’informations concernant plusieurs utilisateurs du site de micro-blogging liés à WikiLeaks.

Cette requête a été rendue publique ce week-end. Birgitta Jonsdottir, une député islandaise proche de WikiLeaks a expliqué avoir reçu un mail étrange vendredi de Twitter. Le service de micro-blogging l’informait qu’il devait remettre à la justice américaine tous les messages qu’elle avait envoyés sur Twitter depuis le 1er novembre 2009. "Est-ce qu’ils se rendent compte que je suis une représentante du peuple islandais ?", a-t-elle écrit sur Twitter expliquant qu’elle allait contester la procédure.

Une porte-parole du site de micro-blogging a par la suite confirmé que la demande du ministère américain de la Justice était bien réelle, tendant ainsi à prouver l'existence d’une enquête aux États-Unis contre Julian Assange soupçonné d’actes d’espionnage. L’administration américaine veut établir à la lumière des messages échangés entre sept utilisateurs de Twitter que WikiLeaks a cherché à obtenir les fameux câbles diplomatiques. Une préméditation qui pourrait alors être assimilée à de l’espionnage.

Enquête criminelle en cours

Les détails de l’injonction de justice n’ont pas tardé à filtrer sur le Net. Selon cet acte signé le 14 décembre par un procureur de Virginie, Twitter doit, entre autres, remettre à la justice les noms, adresses, numéros de cartes bancaires et adresses IP des ordinateurs qui ont servi à poster les tweets. Outre la députée islandaise, Julian Assange et Bradley Manning, le soldat qui pourrait être à l'origine des fuites diplomatiques, sont cités dans cette injonction. Le nom de quatre autres personnes, moins connues, figurent également dans le document.

Le procureur a estimé que "Twitter détenait des informations relatives à une enquête criminelle en cours". Le magistrat avait déjà, il y a un mois, affirmé que Julian Assange pouvait, selon lui, être poursuivi pour espionnage.

La réaction du principal intéressé ne s'est pas fait attendre. "Si le gouvernement iranien tentait d’obtenir de telles informations sur des journalistes et des activistes, les organisations de défense des droits de l’Homme auraient protesté", a-t-il regretté dans un communiqué.

Twitter est-il le seul site à être visé par une telle injonction ? La justice a en effet demandé à la société californienne de ne pas avertir ses utilisateurs de la procédure en cours. Le site de micro-blogging s'y est refusé. De son côté, WikiLeaks a fait part de ses inquiétudes, dans un communiqué dimanche, se demandant si Facebook ou Google, n’auraient pas fait preuve de moins de transparence.

Première publication : 10/01/2011

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