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Afrique

Le discours de Ben Ali n'a pas convaincu les Tunisiens

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/01/2011

Le troisième discours du président Zine El Abidine Ben Ali n'a pas redonné espoir aux Tunisiens. Contactés par France 24.com, des citoyens tunisiens estiment que les mesures annoncées par Ben Ali sont importantes, mais arrivent trop tard.

La déception était visible sur les visages des Tunisiens après le discours prononcé hier lundi par le président Zine El Abidine Ben Ali, le troisième depuis le début des émeutes qui ont causé la mort de 35 personnes, selon la Ligue internationale des droits de l’homme.

Les commentaires n’ont pas tardé à inonder le réseau Facebook, qualifiant l’allocution de Ben Ali de "creux" et de "vague", n’annonçant aucune mesure sociale ou économique susceptible de redonner de l’espoir aux jeunes, dont la plupart sont sans emploi.

L’opposition tunisienne non plus n’a pas été convaincue par le discours de Ben Ali. Pour Ahmed Nadjib Al Chabbi, chef du Parti démocratique et de progrès, "il est plus qu’urgent de mettre en place un gouvernement de salut national", tandis que Moncef Merzouki, leader du Parti du congrès pour la république a appelé à la "désobéissance civile".

De son côté, le leader islamiste Rachid Ghanouchi, exilé à Londres, exhorte les jeunes à mener une révolte pacifique contre le régime de Ben Ali et éviter de recourir au suicide, contraire selon lui aux préceptes du Coran.

Un discours qui arrive trop tard

Contactés par France 24.com, des citoyens tunisiens ont estimé que les mesures annoncées par Ben Ali sont importantes, mais arrivent néanmoins trop tard et ne règlent pas les problèmes de la corruption, l’absence des libertés publiques et de démocratie dans le pays.

D’autres jeunes, par le biais de Facebook et autres réseaux sociaux, se sont demandés pourquoi Ben Ali s’est évertué à annoncer la création de 300 000 postes de travail d’ici à 2012 alors que le nombre de chômeurs diplômés dépasse de loin les 500 000 personnes. Et de se demander pourquoi Ben Ali a remercié son homologue libyen dans un discours qui était censé calmer les jeunes et éteindre le feu qui menace la maison tunisienne.

Les manifestations se poursuivent

Sur le terrain de la contestation, le discours du président tunisien n’a pas réussi à ramener le calme escompté. Au contraire, les manifestations se sont élargies et ont touché même la capitale Tunis, qui était jusque là relativement épargnée - en raison notamment de la présence massive des forces de l’ordre.

Hier, de nouvelles images montrant des jeunes tués par balles par la police dans la ville de Kasserine ont circulé sur Facebook, preuve que les émeutes se poursuivent dans cette ville.

Par ailleurs, le gouvernement a décrété hier lundi la fermeture des universités et des lycées jusqu'à nouvel ordre. Le but étant, selon le ministre de l’Education, de protéger les étudiants de la violence. En réalité, le président Ben Ali cherche à éviter que les émeutes ne gagnent les autres régions du pays.


 

Première publication : 11/01/2011

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