Dernière modification : 12/01/2011 

- Chômage - Commission européenne - Union européenne


Le remède libéral de la Commission pour soigner l'Europe en crise

Le remède libéral de la Commission pour soigner l'Europe en crise

Dans son premier rapport sur la croissance de l'UE, la Commission européenne prône une forte dose de libéralisme afin de réduire le chômage et relancer l'économie.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

La Commission européenne publie mercredi son premier rapport sur la croissance en Europe. Un document censé accompagner les États membres dans leurs efforts pour s’extirper de la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale.

Outre des remarques d’ordre général sur la nécessité de réduire les déficits, la Commission s’attarde longuement sur la dégradation du marché du travail. Avec un taux de chômage de 9,6 % fin 2010 - soit 23,1 millions de personnes dans l’Union européenne – il est urgent, selon la Commission, d’entamer des réformes en profondeur.

Elle préconise pour cela davantage de flexibilité du travail, un système d’allocations chômage strict censé pousser les chômeurs à chercher plus activement un emploi et un allongement de l’âge de départ à la retraite. "Ce sont des propositions clairement d’inspiration libérale qui cherchent avant tout à déréglementer le marché du travail", constate Christophe Blot, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Obsession des déficits

Un retour en force des thèses libérales qui peut paraître suprenant. La crise est en effet passée par là, remettant à la mode un peu partout dans le monde la pensée keynésienne et sa politique de relance. "Même aux États-Unis, l’administration Obama privilégie encore un certain interventionnisme étatique pour soutenir la croissance", note Christophe Blot.

Si à Washington, berceau du libéralisme triomphant, les décideurs rechignent encore à revenir à leurs premières amours, pourquoi la Commission européenne a-t-elle franchi le pas ? "C’est en effet surprenant, mais pas illogique car les préoccupations engendrées par l’explosion de la dette européenne ont poussé l’UE à chercher des solutions permettant de réduire les dépenses publiques", explique Christophe Blot.

Fini, donc les politiques de relance en Europe ? Les budgets d’austérité adoptés un peu partout en Europe et les nouvelles recommandations de la Commission pour combattre le chômage semblent en tout cas sonner le glas d’un certain volontarisme économique.

Commentaires (2)

rejet de l'europe

Avec des propos ultra liberaux la commission Européenne est en train de creuser un fossé entre le peuple et les élites et de préparer pour la France l'arrivée de marine Le Pen

Les pauvres seront d'avantage

Les pauvres seront d'avantage pauvres et plus nombreux. Les riches encore plus riches. Et l'extrême-droite continuera à progresser.
L'histoire se répète.

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