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FRANCE

Nouveaux rebondissements dans l'affaire du Mediator

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/01/2011

Dans le quotidien "Libération", un cardiologue renommé accuse le laboratoire Servier d'avoir modifié un rapport dans lequel il pointait la dangerosité du Mediator, un anti-diabétique qui aurait fait au moins 500 morts en France.

Chaque jour apporte son lot de révélations dans l’affaire du Mediator. Ce jeudi, le journal "Libération" publie un témoignage accablant pour le laboratoire Servier, fabricant du médicament anti-diabète qui aurait fait au moins 500 morts en France. Dans son récit, le professeur Bernard Iung, cardiologue réputé de l’hôpital Bichat, à Paris, accuse Servier d’avoir dénaturé une étude qu’il avait signée à la fin de 2009 sur la dangerosité du Mediator.

"J'avais écrit que vu le signal fort de toxicité, une surveillance écho-cardiographique des patients traités au benfluorex était adéquate", détaille le spécialiste. Cette remarque "figurait sur la dernière diapo" du Powerpoint qui devait accompagner la présentation du rapport, le lendemain, devant la commission d’autorisation de mise sur le marché.

Le jour de la présentation, le professeur Iung dit avoir découvert des "modifications". Selon lui, l’allusion à cette surveillance écho-cardiographique avait été supprimée. "J'ai sans doute manqué de discernement", avoue a posteriori le cardiologue.

Servier a aussitôt réagi. Dans un communiqué, le laboratoire se défend d’avoir "minoré les risques éventuels" du Mediator en précisant que les modifications apportées au texte du professeur Iung, qui a touché 5 000 euros pour son travail, "ne touchait en aucune manière les résultats de l'étude".

Ce témoignage reste néanmoins gênant pour le laboratoire Servier, au cœur de la tempête médiatique depuis plusieurs semaines, et pour le professeur Bernard Iung, à qui l’on peut reprocher de ne pas avoir averti les autorités plus tôt. Ce dernier a d’ailleurs décidé d’annuler, la semaine dernière, sa participation à une "séance à thème" sur le Mediator, programmée à l’occasion des journées européennes de la cardiologie, qui débutent ce jeudi à Paris.

Un rapport décisif attendu samedi

Toujours ce jeudi, le volet judiciaire s’est enrichi de plaintes contre X de l’association de consommateur UFC-Que Choisir et l'Association française des diabétiques (AFD). Ces recours viennent s’ajouter aux 116 plaintes déposées mardi au tribunal de grande instance de Paris par l'Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator (Avim).

Samedi, l’affaire devrait de nouveaux rebondir. L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) remettra en effet son rapport sur les dysfonctionnements dans le système de surveillance du médicament. L'antidiabétique du laboratoire Servier, largement détourné comme coupe-faim, n’a en effet été retiré du marché français qu’en novembre 2009, malgré plusieurs alertes, dont certaines remontent à 1998.

Le rapport de l'Igas ne sera pas l'épilogue de cette affaire, puisque deux missions d'information ont été mises en place à l'Assemblée nationale, présidée par le député socialiste et cardiologue Gérard Bapt, très investi dans ce dossier, et au Sénat.

 

Première publication : 13/01/2011

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