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FRANCE

Le Front national s'apprête à vivre un congrès historique

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/01/2011

Présidé depuis 1972 par Jean-Marie Le Pen, son charismatique fondateur, le FN va changer de chef, ce week-end, à l'occasion d'un congrès historique. Deux candidats se disputent la présidence du parti : Marine Le Pen et Bruno Gollnisch.

AFP - Le Front national, présidé depuis sa fondation en 1972 par Jean-Marie Le Pen, va changer de tête lors d'un congrès ce week-end à Tours, où la fille du chef, Marine Le Pen, fait figure de favorite face à Bruno Gollnisch.

Les services du parti d'extrême droite doivent procéder vendredi au dépouillement des bulletins des adhérents à jour de cotisation -- entre 23.000 et 24.000 selon Jean-Marie Le Pen -- envoyés par courrier ces dernières semaines. Le résultat doit être proclamé officiellement dimanche matin.

Le FN a annoncé que l'ouverture des bulletins aurait lieu sous contrôle d'huissier et en présence des candidats, pour éviter toute contestation.

La bataille qui a vu Marine Le Pen et Bruno Gollnisch enchaîner pendant quatre mois les déplacements dans toute la France, est inédite pour une formation incarnée depuis près de 40 ans par son seul chef, dans les succès, les échecs et les scandales. Jusqu'à présent, Jean-Marie Le Pen était toujours élu par "acclamation" lors des congrès.

Du début à la fin de la campagne, Marine Le Pen, déjà installée dans le rôle de porte-parole du parti, a gardé son statut de favorite, tirant profit du soutien massif de l'appareil et de son père, ainsi que d'une notoriété, bien supérieure à celle de Bruno Gollnisch.

L'élue de Hénin-Beaumont, qui veut améliorer l'image du parti sans renier ses fondamentaux, comme le rejet de l'immigration, entend mettre immédiatement le cap sur la présidentielle de 2012, où elle affiche l'ambition d'atteindre le second tour, comme son père dix ans plus tôt.

Malgré ces handicaps, Bruno Gollnisch ne s'avoue toujours pas vaincu, même si l'un de ses soutiens, un cadre départemental du parti, avoue sous couvert d'anonymat que "ce sera très compliqué".

"Nous préparons la victoire", assure de son côté l'un des lieutenants de l'élu de Rhône-Alpes, Yvan Benedetti. "Mais quoi qu'il arrive, la campagne a montré que Bruno est incontournable. Il faudra tenir compte de l'homme et de ses idées", ajoute-t-il.

S'ils ne renient pas les grands points du programme frontiste, comme la "préférence nationale" ou le retour de la peine de mort, les deux candidats se sont opposés dans les styles et les références utilisées.

Sans renoncer à la radicalité, Marine Le Pen n'hésite plus à inclure dans ses discours les valeurs républicaines ou la laïcité, quand Bruno Gollnisch reste plus attaché aux ferments contre-révolutionnaires et catholiques de sa famille de pensée.

La fille de Jean-Marie Le Pen a également jugé avec sévérité la stratégie de "rassemblement du camp national" de son rival, y voyant une volonté de faire revenir des groupuscules qu'elle qualifie d'"anachroniques" et d'"inutilement radicaux", et qui, en outre, ne la portent pas dans leur coeur.

Mais après une bataille tendue, l'heure semble être à la recherche de l'unité, au sein d'un parti toujours marqué par la scission en 1998 avec Bruno Mégret. Cette rupture avait vu de nombreux cadres et militants faire leurs valises.

A plusieurs reprises ces derniers jours, Jean-Marie Le Pen a ménagé son vieux compagnon de route, souhaitant un "bon score" à son "ami" Bruno Gollnisch.

De son côté, Marine Le Pen a assuré à l'AFP que si elle était élue, les "gollnischiens" se verraient attribuer une "place significative" au sein de son bureau politique, "car le Front national doit rester uni".

La composition de cette instance et l'attribution des fonctions-clé (secrétaire général, trésorier) doivent être soumises dès dimanche par le nouveau président à l'approbation du comité central, dont les 100 membres seront aussi élus par les adhérents.

Première publication : 14/01/2011

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