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FRANCE

Jean-Marie Le Pen fait ses adieux au FN, les militants adoubent sa fille

©

Vidéo par France 2

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 16/01/2011

Après un règne de près de 40 ans sur le parti d'extrême-droite, Jean-Marie Le Pen a tenu ce samedi à Tours son discours d'adieu à la vie politique. Sa fille Marine Le Pen doit lui succéder ce dimanche dans un climat qui s'annonce tendu.

Nos équipes de télévision ont été agressées samedi soir par le service d'ordre du Front national (FN). Par conséquent, FRANCE 24 a décidé de mettre un terme à sa couverture du congrès du FN à Tours. Nous nous en expliquerons plus en détails dans la journée.

Le premier jour du congrès du Front national organisé à Tours s'est clôt sur le discours d'adieu de Jean-Marie Le Pen en tant que président historique du parti. Ce qui devait être le clou de la journée pour les quelques 2 000 militants frontistes présents selon les organisateurs, a pourtant été contrarié par deux contre-temps.

Le premier est le fruit d'une fuite dans la presse des résultats de l'élection du successeur du chef du FN. Au départ, ils devaient être dévoilés ce dimanche. La victoire de la favorite, Marine Le Pen, face à son unique rival Bruno Gollnisch, s'est vite transformée en un secret de Polichinelle après la publication dans les médias des premiers résultats. Un certain malaise s'est alors installé au sein du palais des congrès de Tours. Pourtant, s'il n'a pas été explicitement confirmé par les cadres du parti interrogés dans les couloirs du centre, ce succès a été chaleureusement salué par les sympathisants de la benjamine de la famille Le Pen. Ces derniers se sont largement mobilisés pour venir assister au couronnement de leur élue.

Une défaite amère pour Gollnisch

De son côté, Bruno Gollnisch a implicitement reconnu sa défaite. Il a en effet laissé entendre, dès son arrivé ce matin à Tours, que la campagne avait été biaisée par le battage médiatique dont a bénéficié sa concurrente. Signe de la crispation ambiante, la première conséquence de cette annonce n'a pas tardé à tomber. Roger Holeindre, ancien résistant et cofondateur du FN, a annoncé au "JDD" qu'il allait quitter le parti. "Marine Le Pen n'incarne en rien les valeurs que je défends depuis toujours", a-t-il déclaré dans le quotidien.

Échauffourées en marge du congrès

Le second évènement qui a agacé les militants frontistes s'est déroulé à l'extérieur du centre des congrès, situé à quelques pas de la gare de la capitale tourangelle. Dans des rues placées sous haute surveillance policière et sous le regard d'un hélicoptère de la gendarmerie, environ 1 500 personnes ont manifesté contre la présence du FN et des idées de l'extrême-droite dans leur cité.

En marge de cette marche organisée par une vingtaine de partis de gauche, d'organisations syndicales et d'associations, des heurts ont éclatés entre des manifestants et les forces de l'ordre, à quelques centaines de mètres du centre des congrès. En réponse à quelques jets de pavés, les CRS ont fait usage de gaz lacrymogène et de lances à eau.

Jean-Marie Le Pen au bord des larmes 

Au même moment, Jean-Marie Le Pen, passait la main à la tribune sous les vivats d'une salle totalement acquise à sa cause. Longuement ovationné, le doyen de la politique française (82 ans), est revenu, dans un discours fleuve, sur sa carrière politique et la naissance de son parti. Après cet épisode nostalgique, le leader du FN a tonné contre "l'immigrationnisme, le fiscalisme, l'européanisme et le libre-échangisme" qui gangrènent, selon lui, la France d'aujourd'hui. Mettant en garde contre l'islamisation, un des thèmes favoris du Front national, qui cherche à "imposer la charia en France", il a décrit l'islam comme "une religion conquérante".

Sans renier aucun de ses nombreux dérapages qui ont jalonné son parcours et qui lui ont valu des poursuites judiciaires, "le Menhir" a dénoncé une persécution médiatique systématique. "Du four crématoire, détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, ou de l'inégalité des races... Tous mes propos ont été détournés de leur sens réel afin de me juger en sorcellerie parce que je refusais de me soumettre à la dictature de la police de la pensée", a-t-il lancé sous les acclamations.

Dans la deuxième partie de son discours d'adieu, Jean-Marie Le Pen a abordé sa vie personnelle. Au bord des larmes à plusieurs reprises, l'évocation du passé, de ses parents et de son enfance a ému l'audience frontiste. Sa fille Marine, elle, n'a pu retenir ses larmes. "Ce discours est un moment émouvant pour la militante que je suis mais aussi un peu pour la fille que je suis", a-t-elle dit. Elle doit affronter ce dimanche la même foule pour reprendre le flambeau frontiste des mains de son père.

Première publication : 15/01/2011

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