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Afrique

La jeunesse tunisienne peine à se repérer dans le nouveau paysage politique

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 31/07/2011

Fer de lance de la révolution du 14 janvier, la jeunesse tunisienne doit aujourd'hui se familiariser avec une offre jusqu'alors limitée au parti du président déchu Ben Ali. Portrait d'une génération en mal de culture politique.

Après 23 ans de bâillonnement politique, Zine el-Abidine Ben Ali a laissé derrière lui un désert démocratique. Sous la coupe d’un parti politique quasi unique (le Rassemblement constitutionnel démocratique, RCD), les Tunisiens de moins de 30 ans, qui représentent près de 45% de la population, "n’ont jamais connu qu’une seule grande figure politique, celle de Ben Ali", constate Marguerite Rollinde, professeur à l’université Paris-VIII et spécialiste du Maghreb. "À l’approche des élections présidentielle et législatives [prévues par la Constitution], le reste du paysage politique reste inconnu pour eux."

"Marzouki, c’est qui ?"

Congrès pour la République, Tunisie verte, Parti du travail patriotique, Union démocratique unioniste… La soudaine apparition sur la scène politique tunisienne des partis politiques qui, pour la plupart, n’étaient pas reconnus par le régime de Ben Ali, sème quelque peu la confusion. Sur les réseaux sociaux comme Facebook, les jeunes Tunisiens s’emmêlent parfois les pinceaux. "Marzouki, c’est qui ?" demande un internaute ignorant qu’il s’agit du fondateur du Congrès pour la République, parti jusqu’alors interdit. "Ce n’est pas un communiste ?" se risque un autre. "Pas facile de s’y retrouver après 23 ans tous feux éteints…", constate, amusé, un troisième.

L’intérêt que les jeunes Tunisiens manifestent à l’égard des élections annoncées est à la mesure de leur mobilisation lors des rassemblements ayant entraîné la chute du président Ben Ali. Seulement voilà, observe Didier Le Saout, professeur à l’université Paris-VIII et spécialiste des mouvements sociaux au Maghreb, "les moins de 30 ans ne savent pas toujours différencier les partis de droite ou de gauche".

Cette confusion représente un risque non négligeable pour l’avenir proche de la Tunisie. Pour Karim Karzad, spécialiste de la Tunisie à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), l’organisation précipitée d’élections pourrait conduire la transition démocratique à l’échec. "Les Tunisiens ne connaissent encore aucun programme, mais seulement une ou deux grandes figures politiques de l’opposition qu’ils jugent sur leur personnalité ou leur retentissement dans les médias", analyse-t-il.

Internet au service de l’éducation politique ?

D’autant que, longtemps privée d'antenne et interdite de journaux et de réunions publiques, l'opposition ne dispose aujourd’hui pratiquement d'aucun relais auprès des jeunes électeurs potentiels. Dans ce contexte, "voter dans la précipitation serait même un acte dangereux", souligne Marguerite Rollinde.

"Il est fondamental que les médias fassent l’éducation politique de la population et qu’ils leur présente les nouveaux acteurs du changement avant de les pousser derrière l’isoloir, commente Karim Guellaty, porte-parole de l’association Démocratie tunisienne basée à Tunis. Il faut également que les partis s’approprient les nouvelles technologies de communication pour séduire la jeune population. Lors des réunions de quartier auxquelles j’ai assisté, j’ai pu constater que beaucoup de Tunisiens n’ont aucune culture politique."

Un avis toutefois nuancé par Marguerite Rollinde. "Twitter et Facebook ont déjà familiarisé une grande partie de la jeunesse aux figures dissidentes du pays, explique-t-elle. De fait, s’il existe un risque, c’est bien celui de la récupération politique. Aussi est-il nécessaire de "bien expliquer à tous les Tunisiens les enjeux de chaque parti. Il ne faudrait pas que l’un d’entre eux assouvisse ses propres ambitions en sacrifiant l’intérêt général."

Le gouvernement de transition vient d’annoncer qu’il prolongeait son mandat pendant six mois au lieu des 60 jours initialement prévus par la Constitution. "Le délai de 60 jours n'est pas suffisant pour mener les réformes nécessaires à l'organisation d'élections démocratiques", a justifié, le Premier ministre ; Mohammed Ghannouchi, le 17 janvier.

 

Première publication : 21/01/2011

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