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Dernière modification : 25/01/2011

Course aux brevets dans l'humanitaire

Le monde de l’humanitaire n’est pas exempt de compétition économique, comme le montre la bataille livrée par plusieurs producteurs d’aliments destinés à combattre la famine dans les pays pauvres. Le Journal de l’Intelligence économique d’Ali Laïdi revient sur cette course aux brevets.

Le Plumpy’nut est une révolution dans le milieu de l’humanitaire. Cette pâte au goût de cacahuète, inventée par la société Nutriset, une PME normande, innove là où d’autres ont échoué. Contrairement au lait en poudre utilisé pour alimenter les enfants souffrant de malnutrition, il ne faut pas ajouter d’eau pour manger le Plumy’nut: « Les bactéries ne peuvent pas se proliférer parce qu’elles n’ont pas assez d’eau pour se reproduire » explique Mamane Zeilani, directeur des stratégies nutritionnelles à Nutriset. Qui plus est, cette pâte est empaquetée dans un sachet de quatre-vingt-douze grammes, en aluminium, hermétique pendant deux ans. Chaque sachet contient 500 calories.

Vingt-six millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent aujourd’hui de malnutrition sévère. Cette pâte innovante, rebaptisée le « Nutella du pauvre », est de ce fait très prometteuse. 1, 4 millions d’enfants en ont bénéficiée en 2009. À l’origine de cette trouvaille, le nutritionniste André Briend et Michel Lescanne, PDG de Nutriset. Ce dernier a fondé l’entreprise normande en 1986, après avoir réalisé un mémoire de fin d’étude sur les biscuits nutritifs dans le tiers monde. Son père avait créé la coopérative Mamie Nova, mais Michel a préféré se pencher sur son domaine de prédilection : l’alimentation de survie. Avec 35 000 tonnes de Plumpy’nut produit par an, l’entreprise génère un chiffre d’affaire de 60 millions d’euros. Les 25 millions de bénéfice ont été réinvestis dans le département « Recherche & Développement ».

Bataille de brevets

En décembre 2009, deux organisations caritatives aux Etats-Unis, Breedlove Foods (Texas) et Mama Care Foundation (Californie), déposent une plainte conjointe devant le tribunal de Washington : elles contestent la validité des brevets et demandent à fabriquer elles-mêmes le Plumpy’Nut. Des responsables de Mama Care vont même jusqu’à dire que des enfants meurent car Nutriset empêche d’autres sociétés de produire l’aliment qui les sauveraient.

En octobre 2010, Nutriset et l’IRD organisent une conférence de presse. Ils annoncent alors la mise en ligne d’une « dispositif simple et innovant d’accès à leurs brevets pour favoriser la production d’aliments prêts à l’emploi de type Plumpy’nut ». Mais cet Accord d’usage de brevet est réservé aux seules entreprises locales, se trouvant dans les pays où la famine sévit : principalement des usines africaines. « Nous sommes totalement ouverts sur le développement des pays du Sud, mais pas sur le développement des pays du Nord », expliquait Michel Lescanne, devant les journalistes.

Stéphane Doyon, coordinateur de la campagne nutrition et invité de notre plateau, voit dans ce conflit un litige commercial : « Ce qu’on ne nous dit pas c’est que Nutriset produit aussi aux Etats-Unis. Potentiellement, ils sont sur un marché qui peut être le plus gros marché du monde puisque l’aide alimentaire américaine représente 50% de l’aide alimentaire mondiale. »

Les positions française et américaine sont donc difficilement conciliables. La justice devra trancher. Reste à savoir si l’intérêt des actionnaires primera sur celui des populations qui meurent de faim.
 

Par Margaux DUQUESNE

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