Dernière modification : 24/01/2011 

- Culture - France - Paris - Peinture


Succès historique pour la rétrospective Claude Monet à Paris

Les 176 œuvres du maître de l'impressionnisme exposées au Grand Palais ont attiré près de 900 000 visiteurs. Une affluence record qui place cette rétrospective au 2e rang des expositions les plus visitées en France à la veille de sa fermeture.

Par France 2 (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - 30.000 madeleines, 9.000 sodas, 5.000 bouteilles d'eau sans oublier 1.500 échantillons d'anti-cernes réservés aux visiteurs les plus fatigués après leur "permission de minuit" artistique : les grands moyens sont déployés au Grand Palais pour l'incroyable marathon proposé pendant 4 jours et 3 nuits pour répondre à l'engouement suscité par la rétrospective Claude Monet.

Dans la nuit de vendredi à samedi, à une heure du matin passée, des milliers de visiteurs faisaient toujours la queue dans un froid vif et une ambiance conviviale, sans être découragés un instant par les annonces: "deux heures de queue pour les visiteurs sans billet !".

Les Coquelicots à Argenteuil, 1873 (Musée d'Orsay, Paris)
Les Coquelicots à Argenteuil, 1873 (Musée d'Orsay, Paris)
Les Galeries nationales du Grand Palais, à Paris, consacrent une rétrospective de grande envergure au peintre impressionniste Claude Monet (1840-1926). Il s'agit de la plus importante exposition sur la vie et l'œuvre de l'artiste depuis 1980.
Fragment du Déjeuner sur l'herbe, 1865 (Musée d'Orsay, Paris)
Fragment du Déjeuner sur l'herbe, 1865 (Musée d'Orsay, Paris)
Pendant plus de 60 ans, Claude Monet a peint sans relâche. Pas moins de 200 de ses œuvres sont exposées à Paris. Certaines sont très connues, d'autres moins.
Glaçons sur la Seine à Bougival (dit Neige sur la rivière), 1867 (Musée du Louvre, Paris)
Glaçons sur la Seine à Bougival (dit Neige sur la rivière), 1867 (Musée du Louvre, Paris)
Dans sa jeunesse, Claude Monet habite au Havre. En Normandie, il s'initie à la peinture en plein air en s'exerçant sur des paysages marins ou enneigés. Il apprend à peindre en compagnie de Boudin puis de Jongkind.
Méditation, Madame Monet au canapé, 1870-71 (Musée d’Orsay, Paris)
Méditation, Madame Monet au canapé, 1870-71 (Musée d’Orsay, Paris)
Dès 1866, Monet connaît le succès au Salon de Paris avec une peinture intitulée "Camille", du nom de sa compagne et modèle. En 1867, ils ont un fils, Jean. Il épouse Camille Doncieux en 1870.
La Capeline rouge, vers 1873 (The Cleveland Museum of Art, Etats-Unis)
La Capeline rouge, vers 1873 (The Cleveland Museum of Art, Etats-Unis)
La guerre franco-prussienne de 1870 force le peintre à se réfugier à Londres, puis aux Pays-Bas. Il s'installe à Argenteuil, dans la banlieue parisienne, en décembre 1871.
Le Port du Havre, effet de nuit, 1873 (Collection particulière)
Le Port du Havre, effet de nuit, 1873 (Collection particulière)
L'année suivante, avec la réalisation du tableau "Le port du Havre", Monet participe à la première exposition impressionniste jamais organisée.
La gare Saint-Lazare à l'extérieur (le signal), 1877 (Niedersächsisches Landesmuseum, Hanovre)
La gare Saint-Lazare à l'extérieur (le signal), 1877 (Niedersächsisches Landesmuseum, Hanovre)
Dès les années 1870, à Paris et en banlieue, il s'intéresse à la lumière et aux couleurs des lieux touristiques et industriels en plein essor, notamment les gares et les ports.
La Falaise à Dieppe, 1882 (Kunsthaus Zürich, Suisse)
La Falaise à Dieppe, 1882 (Kunsthaus Zürich, Suisse)
Au début des années 1880, Monet retourne au Salon de Paris et organise sa première exposition personnelle dans les locaux de La Vie moderne. Il séjourne tous les ans sur la côte normande jusqu'en 1886.
Meule, effet de neige, le matin, 1891 (Museum of Fine Arts, Boston, Etats-Unis)
Meule, effet de neige, le matin, 1891 (Museum of Fine Arts, Boston, Etats-Unis)
En 1890, sa peinture prend une nouvelle direction : ses couleurs deviennent vibrantes, les objets immatériels, la lumière une obsession. Après une série sur les meules suivent les Peupliers (1892), les Cathédrales (1893-1895), puis les Matinées sur la Seine (1896-1898).
Le Parlement, effet de soleil, 1903 (Brooklyn Museum of Art, Bequest of Grace Underwood Barton)
Le Parlement, effet de soleil, 1903 (Brooklyn Museum of Art, Bequest of Grace Underwood Barton)
De 1899 à 1901, Monet séjourne chaque année dans la capitale britannique. Il prolonge son travail en atelier jusqu'en 1904. Près d'une centaine de ses toiles sont consacrées à la Tamise et à Londres par temps de brouillard.
Les Nymphéas, 1904 (Musée des beaux-arts A.Malraux, Le Havre)
Les Nymphéas, 1904 (Musée des beaux-arts A.Malraux, Le Havre)
En 1890, le peintre s'installe à Giverny et y fait aménager un bassin. Le cycle des Grandes Décorations de Nymphéas consacre Monet comme décorateur. Il y travaille jusqu'à sa mort en 1926.
Femme au jardin, 1866 (Musée de l’Ermitage, St Petersbourg)
Femme au jardin, 1866 (Musée de l’Ermitage, St Petersbourg)
L'exposition du Grand Palais s'achève ce lundi. Un site lui est dédié : www.monet2010.com.

    "Plusieurs amis m'ont assuré que cette exposition est exceptionnelle. Ces nocturnes sont une occasion un peu délirante, alors autant en être!", confie Marc, chauffeur de bus venu avec sa compagne.

    Les visiteurs ayant réservé n'attendent pas plus de trente minutes pour découvrir 176 toiles parmi les plus connues du maître de l'impressionnisme.

    "Claude Monet est le peintre le plus connu et le plus aimé des Français. Il y a eu un remarquable bouches-à-oreilles", souligne à l'AFP Jean-Paul Cluzel, président du Grand Palais. "Ces nocturnes permettent d'accueillir des publics très divers, différents de ceux fréquentent habituellement les musées".

    Dans les salles d'exposition il faut presque jouer des coudes en pleine nuit pour entrevoir les oeuvres.

    Croisé devant "Le pont d'Argenteuil en réparation", toile de 1871, Louis, 11 ans et demi, venu de Puteaux avec sa maman, a eu la permission de minuit pour cette occasion artistique exceptionnelle à laquelle il a convié un copain. "C'est génial!", s'enthousiasme-t-il.

    À partir de ce point, il y a 5 heures d'attente avant de pouvoir accéder à l'exposition... et il y a encore beaucoup de monde derrière. Cliché pris ce lundi à 9h30. (Crédit : France24.com)

    Un peu plus loin, concentrée devant "Madame Monet au canapé" (1870), Flore, 15 ans, élève de seconde, est arrivée de Chambéry par le train de 22 h 00 pour ne pas manquer l'exposition. "Ma tante qui habite Paris m'a invitée.", explique-t-elle.

    "J'aime beaucoup l'impressionnisme. C'est une peinture vivante et colorée.", ajoute Flore, pressée de rechausser le casque de l'audiotel qui commente chaque oeuvre.

    "On se dit toujours qu'on a le temps de venir et puis on se rend compte que l'exposition se termine. Ces nocturnes sont une bonne idée.", se félicite Alain, un parisien de 62 ans.

    65.000 personnes sont attendues jusqu'à lundi soir, dont 33.000 pendant les trois nuits de ce week-end non-stop, organisé par la Réunion des musées nationaux (RMN). Depuis le 22 septembre, plus de 845.000 personnes ont déjà découvert cette rétrospective, la première organisée à Paris depuis trente ans autour de ce peintre français apprécié dans le monde entier.  L'objectif est d'atteindre lundi soir une fréquentation record de 910.000 visiteurs, "du jamais vu" à Paris depuis 1967, avec Toutankhamon (1,2 million).

    Les meilleurs créneaux pour participer à cet événement nocturne et festif sans attendre trop longtemps: "entre 3H00 et 4H30 du matin pendant les deux premières nuits. Et la nuit du dimanche à lundi, entre 2H00 et 5H00 du matin".

    Samedi, à minuit, s'est ouvert au Grand Palais le procès pour rire de Claude Monet organisé par la Société des Culturistes, qui monte des simulacres judiciaires dans un esprit dadaïste.

    "Frondeur et révolutionnaire au mépris du beau, le sieur Monet ne s'est pas contenté de courir pinceau au vent dans les jardins de Giverny ! Nous le poursuivons pour association de gribouilleurs, atteinte à la sûreté du beau et crime de basse peinture.", a annoncé le procureur.

    Le président du musée d'Orsay Guy Cogeval, commissaire de l'exposition Monet, a été cité à la barre en qualité de témoin, aux côtés du cinéaste Romain Goupil. Le verdict était attendu vers 2H30 du matin.
     

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