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Economie

"Carlos Ghosn n’a pas pu lever toutes les zones d’ombre qui planent sur l'affaire Renault"

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/01/2011

Didier Heiderich, auteur de l’ouvrage "Plan de gestion de crise", juge que l’intervention télévisée du PDG de Renault, Carlos Ghosn, laisse un arrière-goût d’inachevé tout en soulignant que l’exercice était périlleux par nature.

Le PDG de Renault s’est pour la première fois exprimé, dimanche, sur l’affaire d’espionnage qui secoue son groupe. Au journal de 20 heures de TF1 et dans le Journal du Dimanche, il a affirmé être sûr du bien-fondé du licenciement de trois cadres soupçonnés d’avoir divulgué des informations sensibles sur le programme de véhicule électrique de Renault. Didier Heiderich, président de l’Observatoire international des crises, et auteur de "Plan de gestion de crise" (éd. Dunod, octobre 2010) décrypte pour FRANCE 24, la stratégie de communication du patron de Renault-Nissan.

France 24 : La prestation de Carlos Ghosn au journal télévisé de TF1 dimanche vous a-t-elle convaincu ?
Didier Heiderich : Le PDG de Renault n’a commis aucune erreur et on sentait bien que chaque mot avait été pesé en amont de l’entretien. Carlos Ghosn a réussi à faire passer son message qui était loin d’être évident : Renault est certain de son fait et a agi dans les limites de la déontologie.

Malgré tout, je suis resté sur ma faim. L’ensemble manquait de contenu. Vu les circonstances, c’était de toute façon mission impossible. Renault ne peut pas tout dire car une enquête judiciaire est en cours, et que l’affaire touche à un sujet stratégique pour le groupe. De plus, les autorités sont très susceptibles dès qu’il s’agit des relations franco-chinoises. Du coup, Carlos Ghosn avait beau dire qu’il avait des certitudes, on attend toujours les preuves. Et le manque de preuves fait naître des spéculations.

France 24 : Pensez-vous que Carlos Ghosn a eu tort de prendre la parole ?
D.H. : Au moment où il est venu sur le plateau de TF1, on sentait qu’il avait envie de s’exprimer sur la question. En ce sens, il a eu raison. N’empêche que Carlos Ghosn a pris un gros risque en parlant comme ça de certitude. Il existe un principe de base de la communication de crise : il ne faut pas être contredit par les faits.

Il demeure que toute cette affaire est entourée par un halo de "barbouzerie". Qu’est-ce qui va se passer si une enquête sérieuse vient remettre en cause le lien avec l’espionnage industriel chinois ? En prenant ainsi la parole, Carlos Ghosn s’expose. Si la thèse de l’espionnage industriel tombe à l’eau, sa réputation risque d’en pâtir. Cette intervention télévisée pose la question de savoir s’il est opportun de prendre la parole quand on ne peut pas étayer toutes ses affirmations.

France 24 : La polémique du licenciement des trois cadres de Renault remonte maintenant à près de trois semaines, la prise de parole de Carlos Ghosn n’intervient-elle pas tardivement ?
D.H. : Il prend la parole après la contre-attaque des trois cadres accusés et licenciés. Dans ce contexte, il commençait à être important que la direction de Renault s’exprime. Il faut bien savoir que le PDG d’un groupe de cette taille ne parle que très rarement en public. Donc la question est de savoir à qui Carlos Ghosn s’adresse ? Comme l’entreprise vient d’être mise en cause par ses ex-salariés, cette intervention est non seulement à l’attention du grand public mais c'est également une opération de communication interne pour rassurer les salariés et les actionnaires de Renault.

Première publication : 24/01/2011

  • FRANCE

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