Dernière modification : 25/01/2011 

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La SNCF a été "un rouage de la machine nazie d'extermination" selon son PDG

La SNCF a été "un rouage de la machine nazie d'extermination" selon son PDG

Lors d'une cérémonie à la gare de Bobigny, ce mardi, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a exprimé ses regrets pour le rôle joué par la compagnie ferroviaire dans la déportation de milliers de juifs vers Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - Le président de la SNCF Guillaume Pepy a reconnu mardi à Bobigny que son entreprise, bien que "contrainte, réquisitionnée", fut "un rouage de la machine nazie d'extermination".

En cédant à la ville de Bobigny un terrain de la gare de marchandises d'où sont partis vers le camp d'extermination d'Auschwitz, en 1943 et 1944, 21 convois transportant 22.407 personnes internées dans le camp voisin de Drancy, M. Pepy a évoqué les responsabilités de son entreprise, en présence de Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Parlant de "moments terribles, des moments funestes", M. Pepy a souligné "la nécessité de regarder ce passé en face, le connaître, le comprendre, en perpétuer la mémoire, en tirer une leçon de vie".

La SNCF, qui a transporté les 76.000 juifs de France vers les camps d'extermination entre 1942 et 1944, était "réquisitionnée", "soumis(e) à l'effort de guerre nazi", a-t-il rappelé.

"L'indicible et l'effroyable, tapis au bout des voies de chemin de fer, étaient présents en ces jours de malheur où la SNCF fut contrainte de se soumettre", a insisté M Pepy.

"Contrainte, certes, notre entreprise a acheminé ces trains jusqu'à la frontière. Elle l'a fait", a-t-il reconnu.

"La SNCF, entreprise d'Etat, a été --contrainte, réquisitionnée--, un rouage de la machine nazie d'extermination. Nous ne l'oublierons pas."

Une fois de plus, il a repris à son compte les mots du président français Jacques Chirac prononcés en juillet 1995, lors des commémorations de la Rafle du Vel' d'Hiv': "Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français".

"Je veux dire la profonde douleur et les regrets de la SNCF pour les conséquences des actes de la SNCF de l'époque. En son nom, je m'incline devant les victimes, les survivants et les enfants de déportés et devant la souffrance qui vit encore", a souligné M. Pepy.

"En ces jours de malheur, notre entreprise avait tous les visages de la France", a encore relevé le patron de la SNCF, rappelant que "les cheminots résistants ont été l'honneur de l'entreprise et de la France".

Quelque 2.000 cheminots ont été fusillés ou sont morts en déportation, et "une démarche de mémoire" va être lancée "pour connaître qui ils étaient, ce qu'était leur vie, ce qu'ont été leurs actes de courage et de résistance", a-t-il indiqué.

"C'est une démarche sincère, profonde", a indiqué M. Pepy, rappelant que l'entreprise publique avait ouvert ses archives depuis la fin des années 1990, fait travailler des chercheurs sur le sujet et organisé un grand colloque sur la question dès 2000.

Selon lui, cette démarche n'a donc "aucun rapport" avec l'intérêt de la SNCF pour la grande vitesse aux Etats-Unis, où des élus ont cherché à lier d'éventuels contrats à sa repentance pour son rôle dans l'Holocauste.

"Je vous fais confiance, pour qu'on sache ce qui s'est passé", a déclaré Simone Veil.

Se disant "particulièrement heureuse" et très émue", elle a relevé que la SNCF "n'a pas toujours été parfaite", mais souligné que le plus important était de diffuser la mémoire des faits.

Longtemps occupée par un ferrailleur, la gare désaffectée de la ligne de grande ceinture a failli être démolie dans les années 1980. Elle a été classée en 2005.

Commentaires (5)

Sncf et fascisme

Une guerre perdue, doit se terminer,
le courage d'un homme politique est donc de faire front,
2gaulle s'est enfui de loin il agissait.................
Pétain chef d'état magnifique est resté, il n'a pas tout réussi,
les français s'ils étaient tous partis il n'y aurait plus de pays.
La vie s'est poursuivie sous l'occupant,
plus ou moins héroïquement....
tous les Français n'étaient pas des nantis, tous ne pouvaient partir.
les Français sont des hommes, ils le sont restés sous l'occupation.
merci à ceux qui sous l'occupation dans le froid et la misère ont fait ce qu'ils ont pu

A charles 38 devoir de

A charles 38

devoir de mémoire, oui les résistants sont vieux mais si on oublie notre histoire et nos fautes nous referont les mêmes erreurs.

Bravo Mr Guillaume Pepy d'avoir eu le cran d'assumer.

rouage

Je dis pas sur que la sncf a été un rouage sinon par la contrainte
et forcée à part quelques pétainistes,des collabos, mais je dis
que c'est insulté les cheminots résistants qui lutaient contre l'envahisseur, vous trouvez pas que ça suffit.
ceux qui luttaient ont 90 95 ans maintenant alors STOP

La repentance de la SNCF

Je suis contre ces repentances permanentes faites par la France, ses dirigeants et maintenant par des patrons de grandes entreprises. La France passe sont temps à s'excuser de se qu'elle a fait ou dit dans le passé..... Ca suffit

Si en France on aime pas la vérité et bien tant pis pour vous!

Voilà enfin quelque chose d'intéressant. Monsieur Pépy a raison. Il serait temps d'en parler, car avec l'histoire si on triche, elle revient toujours vers vous, en vous mettant une mémorable gifle. C'est fait. Tout cela met en avant les actions de certains services publiques français, et dans ce domaine, il n'y a pas que les Chemins fer français. Il ne faut pas oublier les partis politiques, dont le PCF, qui a l'époque n'était pas du tout du bon côté, durant la seconde mondiale; d'abord entre 1939/ 41, la débâcle et la suite des événements sous Philippe Pétain. Oui, il faut en parler, citer des noms, des faits. La pression des nazis sur ce qui restait de la France, avec un gouvernement de Vichy, plus que collaborateur que représentant d'une identité nationale. Oui il faut le dire, en particulier pour la SNCF de l'époque, et certains cheminots doivent encore s'en souvenir...(?) le départ des convois ferrés de la gare de Clairoie-Compiègne- de Bordeaux vers les camps allemands...et j'en passe bien d'autres. Tout le monde savait, mais personne ne disait rien! Heureusement que la Résistance française, après l'appel du général De Gaulle lors de son discours du 18 juin, en a décidé autrement et surtout le fait que les communistes suite au pacte germano/soviétique, quand Staline c'est fait viré par Hitler; la Sncf a organisé ses propres réseaux de résistance qui, il est vrai ont eu des actes glorieux et cela devrait se savoir. C'est loin d'être le cas. Et c'est grave. Quand on pense que maintenant, la Sncf se permet de faire la grève pour un oui ou un non, il serait bon parfois de leur rafraîchir la mémoire. Maintenant il faut refermer les plaies parce que mal cicatrisées.

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