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Amériques

Barack Obama prône l'innovation dans son discours sur l'état de l'Union

Vidéo par Mariam Pirzadeh

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/01/2011

Lors de son discours sur l'état de l'Union, le président américain a insisté sur la nécessité de continuer d'innover et d'investir dans la recherche et l'éducation. Il a appelé républicains et démocrates à travailler ensemble.

Deux mois après la sévère défaite de son parti aux élections de mi-mandat, le président américain a appelé la population à se mobiliser pour la prospérité du pays, lors de son traditionnel discours sur l'état de l'Union. Devant les représentants du Congrès, Barack Obama a fait le pari de l'innovation et de l'investissement en matière d'éducation et de recherche. Il a également souhaité que républicains et démocrates travaillent ensemble.

Pendant plus d'une heure, il a présenté les grandes lignes de sa politique pour 2011 et a été applaudi à de nombreuses reprises. "C'est un pari global que Barack Obama a proposé aux membres du Congrès, a estimé sur FRANCE 24 Marjorie Paillon, co-fondatrice du site internet "I love politics". Il a prôné l'innovation à la fois en matière économique, pour créer des emplois, et en matière politique, puisqu'il appelle tous les parlementaires à collaborer."

Si le Sénat est toujours à majorité démocrate, la Chambre des représentants est dominée par les républicains, depuis les élections de mi-mandat (novembre 2010). Pour la première fois, des représentants des deux camps étaient assis côte à côte au Capitole, à Washington, et arboraient un ruban en hommage à Gabrielle Giffords, représentante démocrate blessée lors de la tuerie de Tucson. Son siège est resté vide. "Cette tragédie nous rappelle que nous faisons partie d'un tout, la famille américaine, qui dépasse les partis politiques", a déclaré Barack Obama, dès le début de son discours.

"Lançons notre Spoutnik !"

Alors que le pays est aujourd'hui confronté à un taux de chômage de 9,4 %, le président américain a consacré l'essentiel de son discours à l'économie. "Oui, le monde a changé. Les règles ont changé. Et pour un grand nombre d'entre nous, ce changement a été difficile à gérer. J'ai entendu la frustration des Américains qui ont vu leur salaire se réduire comme peau de chagrin et leurs emplois disparaître."

Barack Obama a notamment insisté sur la concurrence croissante de l'Inde et de la Chine - devenue le plus grand centre de recherche en industrie solaire au monde. "Cela ne doit pas nous décourager, a-t-il pourtant affirmé. Les États-Unis ont encore aujourd'hui la plus prospère des économies."

Pour relever ces défis et créer des emplois, le président américain a prôné le recours à l'innovation et à l'investissement dans la recherche, les technologies de l'information, les infrastructures et les énergies propres. En comparant l'Amérique actuelle à celle de la guerre froide, Barack Obama a rappelé que si l'Union soviétique avait été capable de lancer le satellite Spoutnik dans l'espace, en 1957, les États-Unis avaient alors su créer de nouvelles industries et des millions d'emplois. "Lançons, nous aussi, notre Spoutnik !" a-t-il affirmé.

Barack Obama a largement insisté sur l'importance de l'éducation, en mettant l'accent sur la responsabilité des parents et des professeurs. Il a également demandé au Congrès de supprimer les subventions accordées aux compagnies pétrolières, pour investir plutôt dans les énergies de demain. "Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les groupes pétroliers s'en sortent parfaitement tout seuls", a-t-il estimé. "Je vous lance un défi, a-t-il ajouté : en 2035, 80 % de notre électricité sera produite par des sources d'énergies propres."

Afin de réduire le déficit budgétaire de 400 milliards de dollars dans les prochaines années, Barack Obama a proposé de geler toutes les dépenses "excessives" de l'État sur une période de cinq ans. "Les républicains ne cessent de réclamer la réduction des dépenses publiques, précise Guillaume Meyer, correspondant de FRANCE 24 à Washington. Mais l'ampleur de cette baisse ne sera sûrement pas suffisante à leurs yeux."

"Un discours de campagne"

"Dans son discours, Barack Obama a parlé de la crise, mais pas de façon négative, a commenté de son côté Marjorie Paillon. Il a insisté sur la façon dont les États-Unis allaient sublimer ces dépenses, pour en faire des investissements pour le futur."

Pour Steven Ekovich, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Paris interrogé sur FRANCE 24, ce discours sur l'état de l'Union s'apparente "largement à un discours de campagne", alors que l'élection présidentielle aura lieu en 2012 aux États-Unis.

Sur le plan de la politique internationale enfin, Barack Obama a affirmé la solidarité de son pays avec les Tunisiens. Les États-Unis "soutiennent les aspirations démocratiques de tous les peuples", a-t-il déclaré.

Il a également indiqué que le réseau terroriste Al-Qaïda "n'avait jamais été autant sous pression au Pakistan", depuis les attentats du 11-Septembre. En Afghanistan, "grâce à nos troupes héroïques, il y a moins d'Afghans qui sont sous l'emprise des insurgés", a-t-il assuré. Les États-Unis vont travailler avec une cinquantaine de pays pour mettre en place "un partenariat durable" avec le gouvernement afghan. Quant aux soldats américains, ils commenceront à rentrer aux États-Unis dès le mois de juillet, a-t-il ajouté. 

Première publication : 26/01/2011

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