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FRANCE

La CPI se penche sur les attaques visant les casques bleus

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/01/2011

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) cherche à faire la lumière sur les violences dirigées contre les forces onusiennes en Côte d'Ivoire. Des poursuites pourraient être engagées contre les auteurs de ces attaques.

AFP - La Cour pénale internationale (CPI) enquête pour déterminer s'il y a des attaques contre l'ONU en Côte d'Ivoire et engagera le cas échéant des poursuites contre ses auteurs, a déclaré mardi le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.

Interrogé par l'AFP pour savoir si la CPI enquêtait sur d'éventuelles attaques contre l'ONU en Côte d'Ivoire, M. Moreno-Ocampo a répondu: "oui".

Un pays, deux présidents

"Les procureurs doivent rassembler assez d'informations pour pouvoir les présenter aux juges. Les juges doivent être sûrs. Mon travail est de définir si nous devons intervenir ou non. C'est pourquoi je rassemble des informations sur les crimes", a-t-il dit.

Plus tard, lors d'une conférence de presse, le procureur de la CPI a précisé qu'il s'agissait à ce stade d'une "enquête préliminaire". "C'est un crime de guerre que d'attaquer des forces de maintien de la paix pendant un conflit armé. En fonction du contexte, attaquer des forces de maintien de la paix peut être un crime de guerre sous ma juridiction", a-t-il précisé.

Plusieurs Casques bleus ont été attaqués en Côte d'Ivoire depuis la présidentielle contestée du 28 novembre. L'ONU a mis ces attaques sur le compte des partisans du président sortant Laurent Gbagbo, à qui la communauté internationale demande d'abandonner le pouvoir.

"Mon travail n'est pas politique. Ce que je fais, c'est déterminer les auteurs des crimes", a déclaré M. Moreno-Ocampo à l'AFP.

Le procureur de la CPI met en garde le camp Gbagbo (22/12/10)
Le 21 décembre, le procureur de la CPI avait déjà indiqué qu'il engagerait des poursuites en cas d'attaque contre les forces des Nations unies présentes en Côte d'Ivoire. "Je veux être clair: les soldats des Nations unies sont des forces de maintien de la paix. Ils ne peuvent pas être atteints", avait-il ajouté.

L'ONU accuse le camp Gbagbo d'utiliser la radio-télévision ivoirienne (RTI) pour disséminer des informations fausses sur l'ONU, afin d'inciter la population à la haine.

Trois véhicules de l'ONU ont été incendiés début janvier à Abidjan par des partisans de Laurent Gbagbo, selon un porte-parole de la force onusienne en Côte d'Ivoire (Onuci). Trois Casques bleus ont été "légèrement blessés" dans cette attaque.

Les forces de défense loyales à Laurent Gabgbo ont d'autre part déclaré qu'elles allaient "fouiller" les véhicules de l'Onuci qui se "comporte comme une armée d'occupation". L'ONU a qualifié cette mesure de "violation grave" de l'accord en vertu duquel les forces de maintien de la paix ont été envoyées en Côte d'Ivoire.

La CPI est le premier tribunal permanent chargé de poursuivre des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocides commis depuis 2002.

Radhika Coomaraswamy, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon pour les enfants et les conflits armés, s'est dit par ailleurs "profondément perturbé par les allégations de meurtres, mutilations et enlèvements d'enfants en Côte d'Ivoire depuis le début de la crise post-électorale".

"Est également inquiétant le manque d'accès qui rend ces allégations extrêmement difficiles à vérifier", a-t-il ajouté dans un communiqué. "Les filles et les garçons, qui constituent l'essentiel des réfugiés qui fuient vers le Liberia, sont extrêmement vulnérables", indique-t-il.

 


 

Première publication : 26/01/2011

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