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Afrique

Facebook, Moubarak et Ben Ali pas vraiment "amis"

Texte par Jean Bernard CADIER

Dernière modification : 26/01/2011

En Égypte, Facebook et Twitter jouent un rôle fondamental dans les stratégies de mobilisations contre le régime de Moubarak. Deux réseaux sociaux qui avaient déjà fortement aidé les Tunisiens à renverser l'ancien président Ben Ali.

Le gouvernement égyptien dément mais Twitter a officiellement confirmé que son service avait été bloqué en Égypte. De forts soupçons pèsent sur une intervention des autorités égyptiennes contre Facebook ce mercredi. Bambuser, le site suédois de vidéos en direct a été bloqué. Pour la première fois, le régime Moubarak semble prendre au sérieux la menace que font peser sur lui les réseaux sociaux. Trop tard ?

Le régime égyptien aura curieusement été lent à réagir. Comparés au régime tunisien les services de Moubarak ont été plus tolérants en matière de circulation de l’information. Tolérants vis-à-vis des flux tout au moins. Leur méthode, c’est la police à l’ancienne : trouver les meneurs. Le régime égyptien a une conception essentiellement verticale du Web. Il suffit de couper la tête du réseau. Le régime tunisien du président déchu Ben Ali a, quant à lui, eu une conception plus horizontale. La Tunisie ayant l’un des taux de pénétration d’Internet les plus élevés du continent (34% contre 21% en Égypte) le ministère de l’Intérieur a insisté très vite sur la nécessité d’intervenir sur les flux avec des moyens techniques sophistiqués : ralentir le débit (comme le font souvent les Iraniens), pénétrer les réseaux, voler les mots de passe, lancer des provocations sous une fausse identité. Jusqu’au jour où ils ont été dépassés par le nombre. Un million et demi de Tunisiens utilisateurs de Facebook (sur un pays de 10 millions d’habitants), Ben Ali a été obligé de se soumettre. Se soumettre à la loi des grands nombres. Les prisons, même tunisiennes, n’étaient pas assez grandes.

C’est exactement ce que cherche à éviter le gouvernement égyptien. Il n’avait pas prévu les 15 000 personnes dans les rues mardi, ni les 90 000 Égyptiens se déclarant le même jour sur Facebook prêts à participer au mouvement. Pire, ces milliers d’internautes qui découvrent les logiciels "proxy" de plus en plus facilement accessibles et permettant de contourner les interdictions.

En Égypte, le nombre de connectés a augmenté de 45 % depuis un an. Si l’engouement pour les réseaux sociaux se confirme, les prisons égyptiennes risquent également de ne pas être assez grandes.

 

 

 

Première publication : 26/01/2011

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