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Economie

Les Égyptiens contournent la censure des réseaux sociaux

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 26/01/2011

Malgré les dénégations du gouvernement, les Égyptiens avaient toujours, mercredi, des difficultés à accéder à plusieurs réseaux sociaux. Ils ont pu continuer néanmoins à s'y connecter grâce à des proxy et autres applications.

Après Twitter, Facebook... pour un temps. "Je n'ai pas pu accéder à Facebook depuis mon ordinateur", a raconté, mercredi en fin de matinée, à FRANCE 24 Ahmed El-Sadek, un internaute égyptien. Et son cas était loin d'être isolé. Depuis lors, l'accès au célèbre réseau social a été rétabli selon plusieurs Égyptiens contactés sur place par l'équipe des Observateurs de FRANCE 24. Des blocages en série, niés mercredi par le gouvernement, qui n'ont en fait qu'un effet limité.

En Égypte, Twitter est officiellement inaccessible mais tout le monde l’utilise… Le célèbre réseau de microblogging a annoncé, mardi à 1h (heure locale), que son service n'était plus utilisable. Une annonce qui vient confirmer le blocage de Twitter ressenti par les internautes égyptiens vers 16 heures. Pourtant, ce mercredi alors qu’une nouvelle journée de mobilisation s’organise, les tweets sur la situation en Égypte continuent d'inonder la Toile. 

"Lorsque j’étais hier sur la place Tahrir au Caire, je n’avais soudain plus accès à Twitter et ce n’est que six heures plus tard en appelant un spécialiste Internet que j’ai compris comment contourner le blocage", raconte à FRANCE 24 Gigi Ibrahim, une utilisatrice du réseau social qui se définit comme une "activiste socialiste". "Depuis hier soir, la plupart des gens sont au courant des techniques pour passer outre la censure", confirme Sherief Ahmed Hassan, un ingénieur cairote de 24 ans.

Instantanéité

La méthode tient essentiellement en un mot : proxy. Un service qui permet de brouiller les pistes et d’accéder anonymement à un site. Il en existe une multitude, mais des sites comme Glype Proxy ou encore free-proxy.ca semblent être particulièrement prisés.

"Plusieurs de mes amis ont rapidement testé ces sites et, dans la plupart des cas, cela a fonctionné", souligne Mohamad Ashen Nawi, un artiste égyptien de 32 ans. Même ceux qui n’ont qu’une connaissance limitée des subtilités du Net ont eu vent de cette possibilité. Des blogs ont été spécifiquement mis en place pour expliquer l’utilisation des proxy. Sur Facebook, le message a également été largement relayé. Les utilisateurs d’iPhone ont même été particulièrement chanceux : une application qui agit comme un fournisseur de proxy existe gratuitement sur l’App Store.

Reste la grande question : pourquoi les autorités ont-elles tardé à faire subir le même sort à Facebook ? Twitter est pourtant moins "connu des Égyptiens et depuis moins longtemps que Facebook" qui compte plus de 5 millions d’utilisateurs, estime Sherief Ahmed Hassan. Pour la plupart des observateurs, le pouvoir aurait craint l’instantanéité de Twitter. "C’est l’outil le plus efficace pour envoyer rapidement des images et des vidéos au monde entier depuis son téléphone portable", estime Gigi Ibrahim. Une raison qui expliquerait également pourquoi l’accès à Twitter a été coupé en Égypte hier soir : lorsque tous les manifestants convergeaient vers la place Tahrir, au Caire, qualifié de moment le plus fort de la journée mardi.

Première publication : 26/01/2011

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