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Afrique

Assassinat du militant de la cause homosexuelle David Kato

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/01/2011

David Kato a été battu à mort par un inconnu à son domicile situé à proximité de Kampala, mercredi. Le tabloïd ougandais "Rolling Stone" avait publié son nom et sa photo au mois d'octobre 2010, appelant ses lecteurs à "pendre" les homosexuels.

AFP - Un militant homosexuel ougandais, dont le nom avait été publié par un magazine avec un appel au meurtre, a été assassiné à son domicile, sur fond de campagne homophobe dans ce pays d'Afrique de l'Est où l'homosexualité est sévèrement réprimée.

David Kato, 43 ans, était un militant de l'association Minorités sexuelles en Ouganda, à la pointe du combat contre un projet de loi anti-homosexualité jugé ultra répressif par de nombreux pays et associations de défense des droits de l'homme.

"C'est arrivé hier (mercredi) vers 13H30", a expliqué son avocat John Francis Onyango. La victime a été tuée à son domicile, à 15 km à l'est de Kampala.

Selon les premières informations de l'avocat, un homme est entré au domicile de M. Kato, l'a passé à tabac avant de prendre la fuite. Les mobiles ne sont pas connus.

Déjà connu pour ses prises de position publiques, son nom et sa photo avaient été publiés en octobre 2010 par un tabloïd homophobe à parution irrégulière, Rolling Stone (sans lien avec le magazine américain éponyme), qui appelait ses lecteurs à "pendre" les militants homosexuels.

Une vingtaine de personnes avaient été ainsi "dénoncées" auprès des lecteurs du magazine.

Human Rights Watch (HRW) précise jeudi que le militant est décédé pendant son transfert à l'hôpital.

"Le gouvernement devrait faire en sorte que les membres de la communauté ougandaise lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres soient réellement protégés et il devrait prendre des mesures rapides contre toute menace ou tout discours haineux susceptible d'inciter à la violence", selon HRW.

Après avoir été exposé à la vindicte par le tabloïd, qui accusait les militants homosexuels de "recruter" la jeunesse, David Kato et d'autres militants avaient obtenu des dommages et intérêts devant la justice et surtout une injonction de la Haute cour interdisant à tout média de mettre sur la place publique le nom ou les coordonnées de tout homosexuel présumé.

David Kato s'était publiquement engagé contre un projet de loi qui multiplierait le nombre de crimes et délits liés à l'homosexualité.

Le nouveau texte, introduit en octobre 2009 par un parlementaire et toujours en débat, prévoit la peine de mort pour le viol d'un mineur par une personne du même sexe ou par un malade du sida.

Le texte propose de punir toute discussion publique sur l'homosexualité, et rendrait passible de poursuites les parents, professeurs, médecins d'homosexuels, et un propriétaire qui leur louerait un logement.

Ce projet de loi a suscité de vives protestations de la part de nombreux pays et ONG, notamment l'Union européenne et les Etats-Unis, qui ont appelé le président Museveni à y mettre son veto. Le président des Etats-Unis Barack Obama l'a qualifié d'"odieux".

En octobre dernier, le tabloïd homophobe à parution irrégulière "Rolling Stone" (sans lien avec le magazine américain du même nom) appelait ses lecteurs à "pendre" les militants homosexuels.


 

Première publication : 27/01/2011

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