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Moyen-orient

Le camp Hariri refuse d'intégrer le gouvernement de Mikati

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/01/2011

Le coalition emmenée par l'ancien Premier ministre Saad Hariri exclut de participer au gouvernement que l'homme d'affaires Najib Mikati, appuyé par le mouvement chiite du Hezbollah, doit former ces prochains jours.

REUTERS - Saad Hariri et ses alliés ne rejoindront pas la nouvelle équipe gouvernementale que doit former son successeur Nadjib Mikati, a-t-on dit jeudi de source proche de l'ex-Premier ministre libanais.

"(la coalition du) 14-Mars ne s'associera pas à la formation du gouvernement", a-t-on déclaré de source politique, en faisant allusion à la nébuleuse conduite par Saad Hariri.

Nadjib Mikati a engagé jeudi des consultations sur la formation du gouvernement, après la démission de celui de Saad Hariri, tombé ce mois-ci à la suite du retrait des ministres membres du Hezbollah chiite et de partis alliés.

Riche homme d'affaires qui a le soutien du Hezbollah, Mikati a dit son intention de former un cabinet de techniciens si les partisans de Saad Hariri persistaient dans leur refus d'entrer au gouvernement.

Le choix de Nadjib Mikati est considéré comme une victoire pour le Hezbollah, qui fait pencher l'équilibre du pouvoir au Liban vers les deux alliés de l'organisation chiite, la Syrie et l'Iran.

La Syrie avait appelé jeudi les dirigeants politiques libanais à rejoindre ce qu'elle appelle le gouvernement d'"union" que compte former Mikati.

"Nous espérons qu'un gouvernement d'union nationale sera formé et que tous les partis libanais y participeront", a dit le chef de la diplomatie syrienne, Walid al Moualem, à la presse.

Mikati, qui est centriste, dit vouloir gouverner par consensus et a indiqué que si les partisans de Hariri ne le rejoignaient pas, il préférerait former un gouvernement de technocrates plutôt qu'un cabinet comprenant le Hezbollah et ses alliés de la coalition du "8-Mars". "Dans ce cas, je me tournerai vers des techniciens", assurait-il mercredi à Reuters.

Recherche de consensus sur le TSL

Face à ces difficultés, Nadjib Mikati, à qui la Constitution n'impose aucun délai, indique qu'il prendra son temps pour former son équipe gouvernementale.

Najib Mikati, s'est toujours présenté comme un modéré

Prié de dire si le Hezbollah, qui avait deux ministres dans le gouvernement d'union de Saad Hariri, cherche à obtenir des portefeuilles, Mikati a répondu qu'il attendait de connaître la position officielle de l'organisation chiite lors des consultations de jeudi.

"Je n'hésiterai pas une seconde à demander au Hezbollah de faire tout ce que je le pense capable de faire dans l'intérêt du Liban", a-t-il dit à Reuters. "Le fardeau à porter n'est pas léger, il est lourd, et j'ai besoin du soutien de tout un
chacun".

"Je verrai s'ils souhaitent un ministère dans mon gouvernement", a-t-il ajouté à propos du Hezbollah. Nadjib Mikati a assuré qu'il chercherait le consensus sur la question du Tribunal spécial de l'Onu (TSL) chargé de faire la lumière sur l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Le Hezbollah, dont certains membres devraient être mis en accusation par le TSL, avait demandé à Saad Hariri de prendre ses distances avec le tribunal. Mais le fils de l'ancien Premier ministre assassiné avait refusé de retirer les juges libanais du TSL et d'interrompre son financement.

Mikati n'a pas voulu dire s'il pensait que le Liban devrait retirer ses juges du TSL et cesser de le financer.

Le mouvement politique de Hariri, le Courant du futur, a demandé jeudi à Mikati de ne pas couper les ponts avec le TSL. Il lui enjoint de "s'engager à refuser de rompre avec le
tribunal, et de refuser de cesser de le financer ou d'en retirer les magistrats libanais", a déclaré l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui dirige le Courant du futur au parlement.
 

Première publication : 27/01/2011

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