Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REPORTERS

Grande Guerre : au cœur de l’enfer

En savoir plus

#ActuElles

Les "Patronas" au secours des migrants mexicains

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Coup d'envoi de la transition énergétique en France

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Centenaire de la Grande Guerre : retour sur la bataille de Verdun

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Gaza : les larmes d'un responsable de l'ONU

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Offre surprise de Free sur le géant américain T-Mobile

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Le Liberia en lutte contre le virus Ebola

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Il faut lever la voix face au massacre perpétré à Gaza"

En savoir plus

DÉBAT

"Fonds vautours" : l'Argentine en défaut de paiement, et après ?

En savoir plus

  • Vidéo : "Le monde devrait admirer Israël", selon son ambassadeur aux États-Unis

    En savoir plus

  • En direct : l'armée israélienne annonce la fin du cessez-le-feu

    En savoir plus

  • Un séisme secoue la région d'Alger et fait six morts et 420 blessés

    En savoir plus

  • Extensions Internet : l'Icann à la rescousse de l'Iran, la Syrie et la Corée du Nord

    En savoir plus

  • Ebola : sommet régional à Conakry pour tenter d'enrayer l'épidémie

    En savoir plus

  • Free convoite T-mobile : "What the hell is Iliad ?" se demandent les Américains

    En savoir plus

  • Ouganda : la justice annule une loi anti-gay particulièrement répressive

    En savoir plus

  • Centenaire de 14-18 : les clochers de France sonnent la “mobilisation générale”

    En savoir plus

  • Plus de 50 kilos de cocaïne volatilisés au "36, quai des Orfèvres"

    En savoir plus

  • Vidéo : les réfugiés libyens affluent en masse à la frontière tunisienne

    En savoir plus

  • Kerviel : la justice accorde une peine aménagée, appel du parquet

    En savoir plus

  • Une dizaine de soldats ukrainiens tués par des séparatistes dans l'Est

    En savoir plus

  • Carte : l’opération Barkhane de l’armée française au Sahel

    En savoir plus

  • Lourd bilan après une série d’explosions dues au gaz à Taïwan

    En savoir plus

  • En images : rassemblement pro-Israël à Paris sous haute protection policière

    En savoir plus

  • Ebola : l’OMS débloque 100 millions de dollars

    En savoir plus

Afrique

Le pays peine à s'affranchir de l'appareil policier

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 28/01/2011

Si Ben Ali est tombé, son système policier semble perdurer. Certains opposants restent surveillés, d'autres sont passés à tabac. Forte d’au moins 120 000 agents, la police mise en place sous l'ancien régime en était l'un des piliers.

"J’ai huit points de suture sur le crâne et quatre sur le front. Les policiers m’ont arrêté dans la rue. Ils m’ont plaqué au sol, puis ils m’ont tiré une balle en caoutchouc dans le dos et m’ont frappé à la tête." Ce témoignage est celui d’un jeune chômeur rencontré par les journalistes de FRANCE 24 à Avicenne, un quartier populaire de Tunis. Pourtant, au moment des faits, Zine El-Abidine Ben Ali avait déjà quitté le pays...

Un autre jeune manifestant rencontré par des chercheurs d’Amnesty International raconte à peu près la même histoire. Après avoir été arrêté dans la capitale tunisienne le 14 janvier, il a été conduit au ministère de l’Intérieur aux côtés de 30 autres personnes où il a été roué de coups, avant d'être relâché sans autre forme de procès...

Les témoignages accablant les policiers sont actuellement légion en Tunisie, preuve que la chute du régime Ben Ali n’a pas entraîné avec lui le système répressif mis en place pendant ses 23 années au pouvoir. "La criminalisation de la police est un énorme problème, explique ainsi Samy Ghorbal, journaliste franco-tunisien indépendant. Réinculquer des valeurs républicaines aux policiers est l’autre grand défi qui attend les nouvelles autorités tunisiennes."

Le constat n’étonne pas outre mesure les figures de l’opposition, de retour d’exil. "On continue à se demander ce que sont devenus certains jeunes arrêtés pendant les manifestations", s’inquiète notamment Radhia Nasraoui, avocate et fervente défenseur des droits de l’Homme. Sihem Bensedrine, journaliste et figure de l’opposition, est encore suivie par des membres de la police politique depuis son retour au pays le 14 janvier. "La tête est tombée mais le corps est toujours là", résume-t-elle. "Le plus urgent, c’est de neutraliser les forces de nuisance, c'est-à-dire faire un travail d’épuration au sein de l'appareil sécuritaire", poursuit-elle.

Le défi : identifier les responsables

La tâche s’annonce ardue. Zine El-Abidine Ben Ali a mis en place une machine répressive hors norme. "En quelques années, il a multiplié par quatre le nombre de policiers. On ne sait pas exactement combien ils sont : selon les sources, les chiffres varient entre 120 000 et 160 000 hommes pour une population de 10,5 millions d’habitants", reprend Samy Ghorbal.

La chasse aux sorcières a cependant commencé. Abdallah Kallel, président de la chambre des conseillers et responsable du contrôle des médias, a été assigné à résidence. Une plainte pour torture vient d’être déposée contre lui. Ali Seriati, le chef de la sécurité présidentielle - l’une des têtes pensantes de l’organisation sécuritaire tunisienne - a également été arrêté. Tout comme Rafik Belhaj Kacem, le ministre de l’Intérieur limogé le 12 janvier. "Les figures symboliques de l’appareil sécuritaire de Ben Ali sont tombées", estime le journaliste.

Pourtant, les défenseurs des droits de l’Homme restent inquiets. Les caciques de l’ultra-puissant appareil sécuritaire de Ben Ali n’ont aucun intérêt à tourner la page : ils risquent de devoir répondre de leurs crimes devant la justice. Pour Sihem Bensedrine, remanier d’urgence et en profondeur les forces de sécurité est désormais une question essentielle pour la survie de la révolution. "La difficulté est maintenant de réussir à identifier les véritables responsables de cette organisation extrêmement secrète", ajoute Samy Ghorbal.

Dans cette perspective, une commission indépendante présidée par Taoufik Bouderbala a été nommée par le gouvernement de transition. Elle devra enquêter sur le rôle des forces de sécurité dans les violences qui ont émaillé la révolution tunisienne. Selon l’ONU, 117 personnes y ont péri, dont 70 par balles. "Nous demanderons qui a donné la permission d'ouvrir le feu, explique Taoufik Bouderbala. Nous avons constaté que, dans certains cas, des tirs étaient dirigés vers la tête ou la poitrine [...]. Et nous chercherons pour quelle raison ceux qui tenaient des fusils ou des couteaux ont frappé ceux qui réclamaient à mains nues du pain et la liberté", conclut-il.
 

Première publication : 27/01/2011

  • TUNISIE

    Tunis lance un mandat d'arrêt international contre Ben Ali et ses proches

    En savoir plus

  • INTERNET - ANALYSE

    Facebook, Moubarak et Ben Ali pas vraiment "amis"

    En savoir plus

  • TUNISIE

    Du soulèvement de Sidi Bouzid à l'après-Ben Ali : chronologie de la révolution tunisienne

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)