Dernière modification : 30/01/2011 

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Paris, Berlin et Londres appellent au changement en Égypte

Paris, Berlin et Londres appellent au changement en Égypte

La déclaration conjointe a été rendue publique par l'Élysée. Paris a semblé samedi vouloir mettre fin au silence observé depuis le début de la semaine, et conjurer le traumatisme après les couacs de la diplomatie française sur la Tunisie.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - La France a, conjointement avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne, appelé samedi soir Hosni Moubarak à "engager un processus de changement" en Egypte, un geste tardif qui semble illustrer, comme pour la Tunisie, une difficulté à se positionner et peser face un régime ami menacé.

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"Nous appelons le président Moubarak à éviter à tout prix l'usage de la violence contre des civils sans armes et les manifestants à exercer leur droit pacifiquement", ont annoncé dans une déclaration conjointe Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et David Cameron.

Ces appels, publiés par la présidence française qui dirige le G8 et le G20, survient après les nominations en Egypte d'un vice-président et d'un nouveau Premier ministre.

Jeannette Bougrab demande le départ de Moubarak

Dans la journée François Fillon avait souligné qu'"aucun pays ne peut prendre la place du peuple égyptien" et qu'il lui revenait de décider de son avenir.

Sa secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, l'a toutefois contredit par la suite en étant le premier membre de l'exécutif à évoquer "l'usure" du président égyptien et à demander qu'il "parte".

Les Etats-Unis avaient été très directs dès vendredi, Barack Obama allant jusqu'à réclamer "des mesures concrètes" à son homologue égyptien pour répondre aux aspirations de son peuple.

Photos prises samedi dans la manifestation parisienne
Plusieurs centaines de personnes se sont données rendez-vous samedi après-midi à quelques mètres de l'ambassade égyptienne, à Paris, pour demander l'instauration de la démocratie en Égypte et le départ du président Moubarak. (photo : Sarah Leduc - FRANCE 24)
"Moubarak, assassin", "Moubarak dégage!", pouvait-on entendre en arabe et en français dans les rues du 16e arrondissement parisien. Brandissant le drapeau égyptien, les manifestants ont hurlé leur colère contre le raïs au pouvoir depuis 1981.
"Liberté, égalité, dignité, démocratie", "Tunisie, Égypte : vive la révolution", "Moubarak tu es sourd", "Le pouvoir au peuple", pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les manifestants. (photo : Sarah Leduc - FRANCE 24)
Les manifestants parisiens, qui ont écouté le discours d'Hosni Moubarak vendredi soir, estiment que le limogeage du gouvernement n'est pas suffisant. (photo : Sarah Leduc - FRANCE 24)
Une manifestation avait déjà été organisée la veille à Châtelet, dans le centre de Paris, à l'initiative de plusieurs associations qui ont diffusé leur appel sur le réseau social Facebook. (photo : Sarah Leduc - FRANCE 24)
La manifestation parisienne fait écho aux soulèvements qui se sont poursuivis en Égypte pour la cinquième journée consécutive. (photo : Sarah Leduc - FRANCE 24)

    Traumatisme tunisien

    Pour Denis Bauchard de l'Institut français des relations internationales (Ifri), "il y a un certain traumatisme" côté français après la sous-estimation des événements en Tunisie. Cet expert rappelle aussi la "très bonne relation personnelle" entretenue par Nicolas Sarkozy avec Hosni Moubarak.

    Très critique, le Parti communiste français avait au début du week-end dénoncé "le silence complaisant et scandaleux" du président français sur les événements en Egypte. Le MoDem avait demandé à la France d'être, contrairement à la révolution tunisienne, "cette fois dans le camp de ceux qui se battent pour la démocratie".

    A la différence de la Tunisie, l'Egypte n'est pas un ancien protectorat français et la "réserve" prônée lundi par Nicolas Sarkozy à l'égard des anciennes colonies françaises apparaît inapplicable en l'espèce.

    Depuis son accession au pouvoir en 2007, le chef de l'Etat a beaucoup joué la carte Moubarak. Bien que récemment qualifié d'"autoritaire" par le ministre de la Défense, Alain Juppé, la France a longtemps qualifié le régime égyptien de "modéré", notamment dans le conflit israélo-palestinien.

    "Nous reconnaissons le rôle modérateur que le président Moubarak a joué depuis de nombreuses années au Moyen-Orient", ajoutent dans leur déclaration - en utilisant le passé composé - Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et David Cameron. "Nous lui demandons désormais de faire preuve de la même modération pour traiter la situation actuelle en Egypte", précisent-ils.

    Impuissance française

    "Sur le fond, la France se positionne de la même façon" que pour la Tunisie, juge Didier Billion de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). "L'Elysée a très peur que Hosni Moubarak se fasse balayer" en Egypte, où les Frères musulmans sont structurés, ce qui explique "la très grande prudence" des autorités françaises, précise-t-il.

    Officiellement interdit, ce mouvement le plus ancien de l'islamisme sunnite est considéré comme la première force d'opposition en Egypte.

    En réalité, poursuit Didier Billion, la France "n'a que peu d'influence sur l'évolution de l'Egypte et de son président Hosni Moubarak", et se trouve "en situation de relative impuissance".

    Commentaires (6)

    mais pas d´appel au gabon au

    mais pas d´appel au gabon au cameroun, au bourkina, au congo etc ces appels qu´on lance quand l´ami d´hier est deja tombé fait preuve d´une hypocrisie maladive en france c peut être en france qu´il faut le changement car lamfrancafrique n´a jamais changé ses methodes ignobles en afrique

    les états ne connaissant pas

    les états ne connaissant pas ces conflits interne se trouvent etre de très bons jongleurs .

    Foutage de gueule !!

    La France (et les autres) devraient
    1) Balayer devant leur porte ... Avant d'appeler un pays au changement, occupez vous déjà de le faire en France M. Fillon ...
    2) S'occuper de leurs affaires ... Tout comme pour la révolution tunisienne, la France et les autres pays n'ont pas à s'occuper de ce qui se passe en Egypte ...
    3) Arrêter d'être hypocrite ... Pendant 30 ans, les USA, La France et autres grandes puissances ont placé leur pion de Moubarak à la tête de l'Egypte en se mettent des oeillères sur la dictature qu'il exerçait, voire en l'aidant, et là, comme par magie, ils voudraient nous faire croire qu'ils sont contre la dictature et pour la démocratie !! LOL
    Au vue de toutes les atteintes à la liberté dont nous sommes les victimes déjà ici, je vous le redis : Balayer devant vos portes !!

    La France hésitante?

    Alors, le temps des grands discours est passé et Nicolas Sarko semble bien très très discrêt sur le cas Egyptien mais peut s'inviter sans vergogne au sommet de l'Union Africaine pour donner des directives dans la resolution de la crise ivoirienne !
    Les Africains du sud du Sahara ont certainement compris la léçon des pays arabes et cela devrait nous promettre des jours bien incertains pour la diplomatie française.
    Lorsqu'on a que très peu d'expertise dans un dossier, on ne se précipite pas comme sarko pour entrainer tous ses amis dans un imbroglio parce que la crise ivoirienne reste bien le catalyseur de tout ce qui se passe dans les pays du nord qui ont vite bravé leurs dictateurs pour réagir devant des action subversive d'une communauté dite internationale qui ne compte en réalité que deux à trois pays dont la France avec sarko se montrent les plus agitateurs.
    Les Arabes, eux n'hésiteront pas à utiliser les réseaux islamistes encore bien actif et Sarko a bien raison de ravaler sa langue, histoire de voir qui prend le dessus pour en faire son nouvel ami.
    Le vent tourne bien souvent trop vite pour des amitiés de circonstance.
    DAK

    L hipocrisie francaise

    L hipocrisie francaise continue. Pour la Tunisie, c'etait: 'nous n' avons rien vu arriver"'. et maintenant que c est le tour de l Egypte, ils restent silencieux et observent des centaines de morts. Il n est pas question d agir seul en tant que force francaise, mais plutot d agir avec les americains et l europe,pour reunir les forces internationales. il faut faire quelque chose. il faut arreter l hypocrisie et la lachete qui coute des vies.ils peuvent reunir les forces europeennes pour arreter tout ca...

    Trois en un ?....

    Monsieur Billion, la France n'a plus d'influence nulle part. Et cela depuis des dizaines d'années.Inutile de gesticuler en brandissant un coq tricolore qui n'aime qu'une seule chose, chanter les pieds dans la merde.

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