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Moyen-orient

"Moubarak se prend pour un pharaon"

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 30/01/2011

La pression sur le régime égyptien est loin de retomber. Des milliers de manifestants ont pris samedi possession des rues du Caire, sous la présence passive de l'armée, a pu constater notre envoyé spécial.

Samedi, pour la cinquième journée d’affilée, plusieurs milliers de manifestants ont pris possession des rues du Caire, désertées pour la première fois par les forces de l’ordre, et malgré un couvre-feu en vigueur depuis 16 heures.

Rassurés par la présence passive de l’armée, déployée dans plusieurs quartiers de la capitale, les Égyptiens entendent parvenir à leur fin : faire chuter le président Hosni Moubarak.

2,60 euros par jour

"Malgré les richesses de notre pays, Moubarak et sa clique corrompue maintiennent le peuple dans la pauvreté. Il doit dégager, il n’a pas le choix", affirme avec conviction Mohammed. Grâce à son emploi d’homme de ménage - "Dieu merci, j’en ai un", précise-t-il - son salaire mensuel équivaut à 80 euros, soit un peu plus que 2,60 euros par jour.

À 45 ans, il doit subvenir aux besoins de sa femme, de ses trois jeunes fils, et de ses propres parents. Nourriture, frais scolaires et médicaux, pour s’en sortir il est obligé de s’endetter auprès de proches. "Ma situation est la même que celle de la grande majorité des Égyptiens, nous ne vivons pas, nous tentons de survivre".

Selon lui, le mouvement de protestation est l’expression d’un ras-le-bol général du peuple arabe contre ses dirigeants. "Il doit impérativement se conclure par la chute du régime du raïs (président en arabe, ndlr), comme en Tunisie", déclare-t-il.

"Nous voulons un changement radical"

Même son de cloche du côté d’Ayman, un commerçant âgé de 30 ans dont l’échoppe est située près du siège de la télévision nationale. "Moubarak se prend pour un pharaon, il veut instaurer une dynastie en léguant le pouvoir à son fils Gamal mais on ne se laissera pas faire, ils partiront tous les deux", dit-il d’un ton ferme.

Ayman espère que l’armée ne se rangera pas du côté du pouvoir en place depuis 1981. "Moubarak est président depuis mon année de naissance, ça suffit ! Nous ne voulons pas d’un nouveau gouvernement, nous voulons un changement radical", déclare-t-il peu après la nomination d’Omar Souleimane au poste de vice-président, et d’Ahmed Chafik à celui de Premier ministre.

À la tombée de la nuit, les rues commencent à se vider, couvre-feu oblige. D’autant qu’un média égyptien a annoncé que des "forces armées" pourront faire respecter avec "fermeté" le couvre-feu. Dans certains quartiers, à la suite de rumeurs de pillages de biens privés, des milices citoyennes armées de barres de fer et de bâtons se sont postées aux coins des rues de la capitale. La pression sur le régime égyptien est loin de retomber.

Crédit Photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire.

Première publication : 30/01/2011

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