Dernière modification : 31/01/2011 

- Égypte - États-Unis - Hosni Moubarak - Manifestations


Les États-Unis souhaitent "une transition en bon ordre"

Washington continue de modifier son discours sur la crise qui secoue l'Égypte. Après avoir appelé à la retenue des forces de l'ordre, la secrétaire d'État aux affaires étrangères Hillary Clinton a évoqué dimanche une "transition".

Par Guillaume MEYER , correspondant à Washington (vidéo)
Dépêche (texte)
 

Les États-Unis ont franchi un pas dimanche en appelant à "une transition en bon ordre" en Égypte, tout en excluant pour l'heure de suspendre l'aide à leur allié, illustrant à nouveau le délicat exercice d'équilibrisme auquel se livre Washington dans cette crise.

"Nous souhaitons voir une transition en bon ordre. Nous demandons instamment au gouvernement Moubarak, qui est toujours au pouvoir (...), de faire ce qui est nécessaire pour faciliter ce genre de transition", a déclaré sur la chaîne CBS Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine.

"Bien sûr que non", a-t-elle répondu plus tôt à une journaliste de la chaîne ABC qui lui demandait si les changements du personnel politique annoncés ce week-end par le président Hosni Moubarak étaient suffisants.

"C'est à peine le début de ce qui doit se passer", a-t-elle dit, à savoir "un processus menant à des mesures concrètes pour aboutir aux réformes démocratiques et économiques", à travers l'instauration d'un "dialogue national".

Des slogans tagués sur les murs du Caire, dimanche
"Va-t-en Suzanne, Hosni est tombé"
"Va-t-en Suzanne, Hosni est tombé"
Les murs externes du siège du PND, le parti au pouvoir, n’ont pas échappé aux slogans des manifestants. À droite, en rouge, un message adressé à la première dame. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"L'armée est avec nous"
"L'armée est avec nous"
Au fil des jours de mobilisation, les Égyptiens manifestent leur colère en s’exprimant sur les murs de la capitale. Voire même sur les blindés de l’armée. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Pour la chute de Moubarak le collaborateur"
"Pour la chute de Moubarak le collaborateur"
Les manifestants remettent en cause la politique du régime vis-à-vis d'Israël et des États-Unis. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Ils ne s'échapperont pas du pays. Jugement + Justice"
"Ils ne s'échapperont pas du pays. Jugement + Justice"
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Pour la chute de Moubarak"
"Pour la chute de Moubarak"
Les murs externes du Musée national du Caire ont également été tagués. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Non aux saccages"
"Non aux saccages"
Un véhicule des forces de l'ordre incendié lors des manifestations de vendredi, en face du musée. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Non au parti corrompu"
"Non au parti corrompu"
Inscription sur un véhicule de police incendié et abandonné devant le siège du PND. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"On est tous contre le régime"
"On est tous contre le régime"
Le croissant de l’islam et la croix des chrétiens dessinés côte à côte. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"La révolution jusqu’à la mort"
"La révolution jusqu’à la mort"
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Jusqu’à la fin de la tyrannie "
"Jusqu’à la fin de la tyrannie "
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)

    Le président Barack Obama a de son côté téléphoné aux Premiers ministres turc Recep Tayyip Erdogan, israélien Benjamin Netanyahu et britannique David Cameron ainsi qu'au roi Abdallah d'Arabie saoudite pour connaître leur sentiment sur la situation.

    Il leur a expliqué la position américaine en faveur d'une "transition vers un gouvernement répondant aux aspirations du peuple égyptien", a indiqué la Maison Blanche.

    Le discours de l'administration Obama va au-delà des appels à "la retenue" des forces de l'ordre émis jusqu'à présent par Washington et réitéré dimanche.

    Mme Clinton a néanmoins assuré sur CNN que l'administration Obama ne faisait "pas campagne pour quelque issue politique que ce soit". Elle a ensuite précisé à des journalistes que les Etats-Unis "ne veulent" pas que la crise débouche sur un nouveau régime qui encouragerait "la violence et le chaos".

    Elle a aussi fait de la pédagogie sur l'importance de l'alliance américaine avec l'Egypte, en particulier en faveur de la paix au Proche-Orient.

    "À l'heure qu'il est, il n'y a aucune discussion concernant une suspension de quelque aide que ce soit", a-t-elle souligné sur ABC.

    Mohamed el-Baradei rejoint les manifestants place Tahrir (30/06)

    L'Égypte est un des grands bénéficiaires de l'aide américaine, avec quelque 1,3 milliard de dollars d'aide militaire par an, et vendredi, la Maison Blanche avait indiqué que les Etats-Unis pourraient revoir cette assistance en fonction de la réponse du régime aux manifestations.

    Mais en appelant à une démocratisation en Égypte tout en continuant de soutenir le président Moubarak, les États-Unis perdent leur "crédibilité", a dénoncé sur CBS l'opposant égyptien Mohamed el-Baradei, chargé par l'opposition, dont les Frères musulmans, de négocier avec le régime.

    À en croire le chercheur Jon Alterman, "les États-Unis ne peuvent pas faire grand-chose". Washington marche sur la corde raide "pour ne pas abandonner un allié de 30 ans, sans tourner le dos à la rue et aux exigences légitimes des manifestants", résume cet expert du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).

    Les stratèges de la diplomatie américaine, croit encore savoir M. Alterman, jugent qu'un changement pacifique en Égypte pourrait déboucher sur un gouvernement de consensus, tandis que la violence "mènerait probablement (...) à une radicalisation".

    Stephen Cook, un analyste du Conseil des affaires étrangères (CFR) qui a suivi les événements sur place au Caire, souligne par ailleurs l'indifférence de la rue égyptienne envers la position de Washington dont "les appels aux réformes paraissent complètement dépassés".

    Retrouvez ci-dessous le live-blogging assuré dimanche par la rédaction de FRANCE 24

     

    Commentaires (3)

    paroles sans valeur

    Que veut dire "transition en bon ordre" dans une situation de massacre en bonne règle???

    Gégage!

    Après ben ali et moubarak c'est aux états-unis de DEGAGER de la dictature mondiale!!!

    La révolution du peuple :

    En quoi cela regarde-il les USA ou tout ingérence étrangère ?
    C'est au peuple souverain d'Égypte de nommer ses propres représentants à partir de la base populaire en révolte contre ce régime.
    Arrêtons un peu avec le fantasme des révolutions COLORÉES !
    Orange,Verte,Jasmin,Noix de coco etc.

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