Dernière modification : 30/01/2011 

- Égypte - Hosni Moubarak - Manifestations - Mohamed El-Baradei


Au sixième jour d'une crise sans précédent, l'Égypte au bord du gouffre

À l'aube d’une sixième journée de crise, la situation est toujours confuse : la pression de la rue s’accentue, mais le pouvoir ne compte pas céder. Au Caire cette nuit, des comités d'autodéfense protégaient certains quartiers contre les pillards.

Par Christophe DANSETTE / Stéphanie DE SILGUY (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

Samedi soir, après une journée chaotique, des milliers de personnes étaient toujours massées dans les rues du centre du Caire et dans d'autres villes du pays, malgré le couvre-feu. Des comités de quartier, armés de gourdins et de barres de fer étaient présents dans plusieurs zones au Caire pour protéger la population des bandes de pillards qui dévalisent commerces et maisons.

Des dizaines de milliers de manifestants bravent le couvre-feu

De New York à Téhéran, des milliers de personnes soutiennent les manifestants égyptiens

Sur le terrain de la contestation, la journée de samedi a été moins meurtrière que celle de vendredi – environ 30 personnes ont été tuées contre une soixantaine la veille. Pourtant, les manifestants, au Caire, à Alexandrie, Suez ou Ismaïliya, ont bravé le couvre-feu (à 14h, heure égyptienne, soit 16h GMT) toute la journée, et se sont violemment heurtés aux forces de l’ordre. Au moins trois personnes sont décédées au Caire dans ces affrontements, et une douzaine à Suez.

Dans la capitale, une foule forte de dizaines de milliers de manifestants s’est rassemblée dans le centre, sur la place de la Libération (place Tahrir) et à proximité du musée abritant des trésors de l’antiquité, qui a d'ailleurs été attaqué par des pillards. Les affrontements les plus violents ont eu lieu devant le ministère de l’Intérieur, où des protestataires ont essayé d'entrer. Selon les envoyés spéciaux de France 24, le centre-ville était méconnaissable en raison des incendies et de nombreux pillages. Plusieurs témoins ont aussi assisté à des scènes où la foule fraternisait avec l’armée déployée au Caire. Les images diffusées par les médias télévisés montrent des militaires qui encadrent les manifestations sans toutefois intervenir directement.

Photos prises samedi par un de nos envoyés spéciaux au Caire
Les manifestants sont descendus dans les rues du Caire et d'autres grandes villes égyptiennes, samedi, défiant le couvre-feu dans une réaction de rage sans précédent à l'égard du régime en place. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Jeunes, moins jeunes, étudiants, ouvriers et chômeurs : l'ensemble de la société égyptienne manifeste contre le régime de Moubarak. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Dès le début de l'après-midi, les Cairotes sont redescendus dans les rues de la capitale égyptienne. À l'attention du président Moubarak leur seul slogan fût : "Dégage". (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Des véhicules ont été incendiés au pied du siège du PND, parti au pouvoir. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Incendié vendredi soir, le siège du PND fumait encore samedi. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Mêmes les femmes manifestent leur colère, notamment à l'égard du fils du président Moubarak, Gamal, pressenti pour lui succéder au pouvoir. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Les Égyptiens prient les médias de relayer leur mouvement, afin que leurs voix soient enfin entendues. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Des chars de l'armée patrouillent en permanence dans les principales artères de la capitale. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Les manifestants sympathisent avec les soldats, et certains d'entre eux s'invitent sur les blindés de l'armée égyptienne. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
Au milieu du cortège, surgit un groupe soutenant le corps d'une victime, drapée du drapeau égyptien, tombée lors des évènements de la veille. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)

    Le général Souleimane, ancien chef du renseignement, nommé vice-président

    Après les promesses faites lors d’une allocation télévisée vendredi soir, Hosni Moubarak a annoncé en milieu d’après-midi, deux nominations d’importance : celle du vice-président Omar Souleimane, et du nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic. La télévision nationale égyptienne a diffusé des images de M. Souleimane prêtant serment devant le président égyptien avant de lui adresser un salut militaire. La réaction de l’opposition ne s’est pas fait attendre : Mohamed ElBaradei a regretté que ces nominations ne soient "pas suffisantes", alors que les Frères Musulmans (islamistes) appelaient à nouveau à une pacification pacifiste du pouvoir.

    Le nouveau vice-président Omar Souleimane saluant Hosni Moubarak après sa prestation de serment. (crédit : télévision nationale égyptienne)

    Dans la matinée, M. ElBaradei demandait à l’antenne de France 24 le départ de Hosni Moubarak : "Il n'a clairement pas compris le message qui émanait du peuple égyptien" affirmait l’ancien directeur général de l’AIEA.

    Ancien chef du renseignement égyptien, le général Souleimane est un proche du

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    président Moubarak, et sa nomination apparaît comme un repli du pouvoir sur sa base militaire. L’Égypte n’a connu aucun vice-président depuis 1981 et l’arrivée au pouvoir de Hosni Moubarak, après l’assassinat du président al-Sadate. La nomination d’Omar Souleimane laisse donc à penser que le chef de l’État prépare sa succession… et que son fils Gamal Moubarak a de moins en moins de chances de lui succéder.

    Des élections présidentielles doivent avoir lieu en septembre 2012 en Égypte. Le président du Parlement, Fathi Sorour, a précisé samedi qu'il n'existait aucun projet d'élections anticipées.

    Peser face à un régime ami mais menacé : le dilemme occidental

    Le président américain Barack Obama, après s'être entretenu par téléphone avec M. Moubarak pendant 30 minutes dans la nuit de vendredi à samedi, a déclaré qu'il appelait "très clairement les autorités égyptiennes à s'abstenir d'utiliser la violence contre les manifestants pacifiques". M. Obama a ajouté qu'il avait demandé au chef de l'Etat égyptien de "prendre des mesures concrètes pour tenir ses promesses" faites dans son allocution télévisée.

    Le président américain n’a pas officiellement réagi à la nomination de MM. Souleimane et Chafic samedi, mais il a réuni en fin de journée son conseil à la sécurité nationale pour discuter de la crise égyptienne.

    Côté européen, une déclaration commune de Paris, Berlin et Londres appelle au changement en Égypte et exhortent "le président Moubarak à éviter à tout prix l'usage de la violence contre des civils sans armes et les manifestants à exercer leur droit pacifiquement".

    Retrouvez ci-dessous le liveblogging assuré samedi par FRANCE24.com.

    Commentaires (7)

    LIBERTE DES PEUPLES ARABES

    Un peu de libèrtè ne tue pas la libèrte! Après des anneès d'injustice ,de famine,de repression intelèctuel et physique;il est temps de casser les chaines et le silence mortel.
    LA MORT POUR LA LIBERTE EST MIEU QUE LA VIE SANS DIGNITE!!!

    la paix

    non pour mohamed elbaradei mai les election libre le peuple choisi librement vive la liberte

    IL FAUT QUITTER LA TABLE

    Le glas sonne pour les despotes,les tyrans et les usurpateurs de la volonté des peuples.Devant la persevérance et la foi,la confiance en un avenir meilleur plein de reve et d'espoir,ces gouvernants indignes finiront par prendre la poudre d'escampette dans le déshonneur et la honte.Pratiquement tous les dictateurs auront le meme sort c'est pourquoi ils se soutiennent.Maintenir sous le joug leurs peuples en ce 21 eme siecle est de l'hérésie ,vouloir perenniser leur regne sans vergogne :celà les menera à leur perte,mieux vaut quitter la table avant de quitter la vie.

    IL FAUT QUITTER LA TABLE

    Le glas sonne pour les usurpateurs les despotes les maffieux les tyrans et les gangsters de tout acabit.Devantla volonté des peuples épris de liberté et de démocratie rien ne resiste ça durera le temps qu'il faut mais ces assoifés de pouvoir tomberont.
    Ce vent, plutot ce Tsunami dévastateur fera fuir comme des rats ces gouvernants indignes,les peuples payeront le prix fort pour avoir le droit au reve et à l'espoir,à la dignité et au respect.

    TUNISIE EGYPTE ET LES AUTRES...

    Si les peuples de ces pays demandent plus de droits, plus de liberté il ne faut surtout pas qu'ils laissent entrer les islamistes dans leur futur gouvernement. Le joug que leur imposaient leurs anciens gouvernants ne serait rien à côté de ce que les fondamentalistes imposent, qu'ils regardent en Iran, le peuple n'a pas eu son mot à dire face aux élections truquées, en Irak, ils sont là et la paix n'y est pas, en Palestine, ils y sont aussi la paix n'est pas pour demain non plus parce qu'ils ne veulent rien céder et que dire de l'Afghanistan qui s'est enfoncé dans le chaos et où un fou furieux et ses sbires menacent les pays occidentaux et tuent leur propres frères s'ils ne partagent pas leur point de vue. Il en serait fini du libre arbitre, fini de l'éducation pour tous et particulièrement pour les filles. Une lycéenne en Tunisie a revêtu son foulard pour aller à l'école, toute excitée, toute ravie de sa liberté, pauvre fille, si les islamistes arrivaient elle le porterait par obligation et surtout elle n'irait pas au lycée et à son âge elle serait mariée avec marmot sans doute parce que, et paroles d'islamiste à un journaliste : "la fille doit être mariée dès qu'elle est pubère, faire des enfants et servir son mari", voilà ce qui leur est promis aux filles, quelle tristesse !!! L'islamisme est un cancer qui ronge le monde libre, il serait temps d'y trouver un remède et seuls les musulmans ont ce pouvoir avec leur désir de justice, leur soif de liberté, leur besoin de démocratie. La religion n'a rien à faire aux commandes d'un état, la religion est intime, personnelle et doit de le rester.

    AU SIXIEME JOUR

    Après Tunis , le Caire

    Combien faudra-t-il encore de sang et de larmes pour que les peuples de la méditerrannée trouvent enfin ce à quoi ils ont droit comme toutes la nations -La démocratie , la Paix ( El salaam)???????
    L'Egypte comme la Tunisie est un peuple auquel nous lient les très anciennes racines d'une profonde amitié .
    Dirigeants de l'Europe , unissez-vous pour aider l'Egypte à trouver la paix et que le sang cesse de couler .
    Un Français

    EGYPTE

    Attention au 7ème jour!

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