Dernière modification : 01/02/2011 

- Égypte - Hosni Moubarak - Mohamed El-Baradei


L'Égypte s'apprête à vivre une journée de mobilisation massive

Alors que la contestation contre le régime de Moubarak a rassemblé des dizaines de milliers de personnes au Caire lundi, l'opposition a appelé à la tenue, mardi, d'une marche d'un million de personnes dans la capitale et à Alexandrie.

Par Ygal SAADOUN , correspondant au Caire (vidéo)
Dépêche (texte)
 

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AFP - L'armée égyptienne a déclaré lundi soir que les revendications du peuple étaient "légitimes" et s'est engagée à ne pas faire usage de la force à la veille de marches géantes prévues pour marquer une semaine de révolte sans précédent contre le président Hosni Moubarak.

Comme chaque jour depuis le 25 janvier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté sans relâche toute la journée dans le centre du Caire pour réclamer le départ du président.

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Samir AITA, rédacteur en chef Le Monde diplomatique, éditions arabes, le 31/01 à 8h

Dans la soirée, le vice-président Omar Souleimane a annoncé lors d'une brève allocution télévisée avoir été chargé par le président d'ouvrir un dialogue immédiat avec l'opposition, "autour de toutes les questions liées aux réformes constitutionnelles et législatives".

Dans la journée, M. Moubarak a annoncé un important remaniement. Le ministre de l'Intérieur Habib el-Adli, dont les manifestants réclamaient le départ, a été remplacé par un haut responsable de la police, Mahmoud Wagdi. Et il n'y a plus de ministre issu du monde des affaires, considéré comme proche de Gamal Moubarak, fils d'Hosni et lui aussi conspué par les manifestants.

Les Frères musulmans, force d'opposition la plus influente du pays, ont très vite rejeté ce nouveau cabinet, et appelé à "des manifestations massives partout en Egypte afin que tout le régime -- président, parti, ministres et Parlement -- quitte le pouvoir".

Dans un communiqué officiel adressé en début de soirée au "grand peuple d'Egypte", l'armée a jugé "légitimes" ses revendications et assuré qu'elle ne recourrait "pas à l'usage de la force contre le peuple égyptien".

Le mouvement de contestation avait lancé plus tôt un appel à la grève générale et à des "marches d'un million" de personnes mardi au Caire et à Alexandrie (nord), la suspension du trafic ferroviaire lundi empêchant les mouvements vers la capitale.

Pour diffuser leurs messages, les manifestants comptaient sur le bouche-à-oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.

Dans l'après-midi, une marée humaine a de nouveau déferlé sur la place Tahrir dans le centre du Caire, épicentre d'une contestation qui a fait au moins 125 morts et des milliers de blessés en une semaine.

A la nuit tombée, ils étaient toujours des dizaines de milliers à braver tranquillement le couvre-feu, en vigueur de 15H00 à 8H00 au Caire, à Alexandrie et à Suez (est), dans une ambiance de kermesse.

Venus en famille ou en groupes, à peine contrôlés à l'entrée de la place par des soldats qui ouvraient juste les sacs et les cartons de nourriture, ils exigeaient la fin de la corruption, des privations et de l'oppression policière.

"Pas de changements de visage, un changement de régime !" ou "Le sang des martyrs n'aura pas été versé en vain !", scandaient les manifestants.

"J'habite à 80 km du Caire, je suis ici depuis trois jours. J'ai prévenu mes enfants: je ne rentrerai pas à la maison tant que ce régime pourri ne sera pas tombé. Nous avons eu peur pendant trente ans, c'est fini", a affirmé Ramadan El Yamani, un professeur de 49 ans.

Six journalistes de la chaîne qatarie Al-Jazira ont été brièvement arrêtés lundi au Caire, au lendemain de l'interdiction de la chaîne satellitaire en Egypte.

La Maison Blanche s'est dite satisfaite lundi de la "retenue" dont ont fait preuve jusqu'à présent selon elle les forces égyptiennes, et a appelé au calme à la veille des marches géantes.

Les ministres européens des Affaires étrangères ont appelé à des "réformes démocratiques substantielles" conduisant à des élections "libres et justes", et le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, a appelé à une "transition pacifique".

Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a agité le spectre d'un régime à l'iranienne dans le cas où "un mouvement islamiste organisé prendrait le contrôle de l'Etat" en Egypte à la faveur du "chaos".

Au septième jour de mobilisation, entamée 11 jours après la fuite de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, le pays était toujours en partie paralysé.

La plupart des distributeurs de billets étaient vides, beaucoup de stations services à sec, les banques fermées... La compagnie nationale Egyptair a annulé jusqu'à nouvel ordre tous ses vols prévus aux heures du couvre-feu.

Le secrétaire général de l'Opep, Abdallah El-Badri, a estimé que les tensions en Egypte pourraient affecter le passage stratégique du canal de Suez et générer une "pénurie" de pétrole. Mais les médias officiels égyptiens ont assuré que le canal fonctionnait "à pleine capacité".

Sous l'effet de ces craintes, les cours du baril de pétrole ont dépassé à Londres le seuil symbolique des 100 dollars, pour la première fois depuis octobre 2008.

Au plus fort de la saison touristique, de nombreux voyagistes ont suspendu les départs des vacanciers. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Canada, l'Arabie saoudite ou la Tunisie, ont dépêché des avions pour assurer le rapatriement de leurs ressortissants.

Des slogans taggés sur les murs du Caire, dimanche
"Va-t'en Suzanne, Hosni est tombé"
"Va-t'en Suzanne, Hosni est tombé"
Les murs externes du siège du PND, le parti au pouvoir, n’ont pas échappé aux slogans des manifestants. A droite, en rouge, un message adressé à la première dame. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"L'armée est avec nous"
"L'armée est avec nous"
Au fil des jours de mobilisation, les Égyptiens manifestent leur colère en s’exprimant sur les murs de la capitale. Voire même sur les blindés de l’armée. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"À bas Moubarak, le collaborateur"
"À bas Moubarak, le collaborateur"
Les manifestants remettent en cause la politique du régime vis-à-vis d'Israël et des États-Unis. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Ils ne s'échapperont pas du pays. Jugement + Justice"
"Ils ne s'échapperont pas du pays. Jugement + Justice"
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"À bas Moubarak"
"À bas Moubarak"
Les murs externes du Musée national du Caire ont également été tagués. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Non aux saccages"
"Non aux saccages"
Un véhicule des forces de l'ordre incendié lors des manifestations de vendredi, en face du musée. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Non au parti corrompu"
"Non au parti corrompu"
Inscription sur un véhicule de police incendié et abandonné devant le siège du PND. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"On est tous contre le régime"
"On est tous contre le régime"
Le croissant de l’islam et la croix des chrétiens dessinés cote à cote. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"La révolution jusqu’à la mort"
"La révolution jusqu’à la mort"
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"À bas la tyrannie "
"À bas la tyrannie "
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)

     

    Commentaires (3)

    crise eghyptienne

    il est temps que tous les dirigeants africains qui s'accroche au pouvoir pendant des décennies comprennent que les temps sont révolus et que les mentalités ont changé.les peuples aspirent à de profonds changements et seule l'alternance est la seule voie capable d'apporter ces changements.

    et encore un

    la fin de moubarek et proche même l'armée va le lâcher c d'elle que viendra le coup de grâce

    le meme scenario a la

    le meme scenario a la tunisienne est entrain de se repeter en egypte. discours,remaniement ministerielle ,armee docile .la fin est proche pour le rais

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