Dernière modification : 31/01/2011 

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Mohamed el-Baradei et les Frères musulmans se partagent la place Tahrir

Mohamed el-Baradei et les Frères musulmans se partagent la place Tahrir

De jeunes manifestants ont à nouveau bravé le couvre-feu dimanche soir pour aller écouter l'opposant Mohamed el-Baradei ou les Frères musulmans, place Tahrir. Dans la journée, la mobilisation s'était sensiblement affaiblie.

Par Marc DAOU , envoyé spécial au Caire (texte)
 

Place Tahrir, au Caire. Le symbole qui incarne désormais, aux yeux des manifestants, leur révolte. À la tombée de la nuit, c'est sur cette place que des milliers d'entre eux se sont regroupés, bravant le couvre-feu. Ailleurs, dans les autres quartiers de la capitale, les rues sont quasiment vides. La mobilisation s'est sensiblement affaiblie par rapport à samedi.  

"Baradei, on ne veut pas de toi !"

Non loin de l'entrée du Musée national du Caire, protégé par des chars de l'armée, des petits groupes de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de personnes se sont réunis de part et d'autre de l'imposante place. Parmi eux, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradei. Autour de l'opposant, posté sur un muret, une meute de caméramans joue des coudes avec les manifestants pour filmer la scène. Masqué par les journalistes et malgré son mégaphone, il peine à faire entendre sa voix. Isolé dans un coin de la place, son auditoire ne dépasse pas une centaine de personnes.

Son système de sécurité est très léger, voire improvisé. Il suffit de quelques secondes pour se retrouver à quelques centimètres de l'ancien diplomate. Inquiétant étant donné le contexte actuel et ses positions politiques.

Un manifestant situé à quelques mètres de Mohamed el-Baradei le prend même à partie. "L'invasion de l'Irak, c'est à cause de toi et de l'AIEA. On ne veut pas de toi, tu as peur du peuple", hurle-t-il.

Syndiquer le contenuMANIFESTATIONS EN ÉGYPTE : L'ESCALADE

"Les gens ont peut-être eu peur pour leur sécurité"

De l'autre côté de la place, les Frères musulmans sont bien mieux organisés. Un orateur s'exprime à l'aide d'un micro face à une petite foule qui l'écoute religieusement. Plus loin, un groupe d'une dizaine de jeunes manifestants débat de l'avenir du pays. Interrogée sur la suite du mouvement, Magda, une étudiante, indique ne pas savoir où va son pays. "La mobilisation est plus faible ce dimanche, les gens ont peut-être eu peur pour leur sécurité", dit-elle, un peu déçue malgré sa détermination.

Déjà, la rumeur enfle. La police ferait son retour dès ce lundi dans les rues du Caire. Le régime semble reprendre pied après avoir vacillé. Plus tard dans la nuit, des tirs à l'arme automatique rappellent la fragilité de la situation et des balles traçantes illuminent le ciel de la capitale.

 

Des slogans tagués sur les murs du Caire, dimanche
"Va-t-en Suzanne, Hosni est tombé"
"Va-t-en Suzanne, Hosni est tombé"
Les murs externes du siège du PND, le parti au pouvoir, n’ont pas échappé aux slogans des manifestants. À droite, en rouge, un message adressé à la première dame. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"L'armée est avec nous"
"L'armée est avec nous"
Au fil des jours de mobilisation, les Égyptiens manifestent leur colère en s’exprimant sur les murs de la capitale. Voire même sur les blindés de l’armée. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Pour la chute de Moubarak le collaborateur"
"Pour la chute de Moubarak le collaborateur"
Les manifestants remettent en cause la politique du régime vis-à-vis d'Israël et des États-Unis. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Ils ne s'échapperont pas du pays. Jugement + Justice"
"Ils ne s'échapperont pas du pays. Jugement + Justice"
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Pour la chute de Moubarak"
"Pour la chute de Moubarak"
Les murs externes du Musée national du Caire ont également été tagués. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Non aux saccages"
"Non aux saccages"
Un véhicule des forces de l'ordre incendié lors des manifestations de vendredi, en face du musée. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Non au parti corrompu"
"Non au parti corrompu"
Inscription sur un véhicule de police incendié et abandonné devant le siège du PND. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"On est tous contre le régime"
"On est tous contre le régime"
Le croissant de l’islam et la croix des chrétiens dessinés côte à côte. (photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"La révolution jusqu’à la mort"
"La révolution jusqu’à la mort"
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)
"Jusqu’à la fin de la tyrannie "
"Jusqu’à la fin de la tyrannie "
(photo : Marc Daou, envoyé spécial de FRANCE 24 au Caire)

     

    Commentaires (5)

    L'occident

    C'est quand meme bizarre, que tout ce qui ce passe dans les pays arabes, c'est toujours la faute de l'occident ou d'Israel.
    QQun pourait peut etre nous expliquer comment un si petit pays noye dans un ocean de pays arabes, arrive a etre la cause de tout leurs echecs. Comment fait-il pour mettre un Ben-Ali ou un Moubarak au pouvoir.
    80.000.000, 80 millions d'Egyptiens ne sont pas responsable de ce qui se passe dans leur pays, et c'est Israel et l'occident qui en est responsable?
    Ne pensez vous pas plutot, que ce sont les dirigeants et le peuple arabes qui en sont les premiers responsable.

    egypte

    pourqoi les arabes preferent leurs poste de president jusqu'a la mort,parceque c'est la faute des europeens et americains qui les encouragent.

    el baradei

    est ce la bonne résolutionet je pe pense que mohammed el baradei et ces frères musulmans ,n'apporterons rien,mais par contre les islamistes reviendront ,le peuple égyptiens est entrain de ce faire mener ,et ne voyes pas le danger ,dans ce contexte je pense que l'armée qui est sereine et oui que vous le vouliez ou pas ,devrait elle même prendre les rennes, dans l'attente d'une vraie transition ,et projet qui vas avec ,quand aux pays qui ont attisé le feux ,seront responsables de ce que vas devenir le moyen orient ,et oui il faut assumer ,car la c'est une bombe qui a été allumée

    Si les européennes s'en mêlent.

    es habitants du monde arabe suivent avec grand intérêt et enthousiasme les événements historiques qui ont lieu en Tunisie. Ils s’interrogent sur l’avenir des gouvernements de la région, après le renversement du président Zine El-Abidine Ben Ali en raison de l’injustice politique et sociale qu’il a fait régner pendant plus de vingt ans. Cette révolution met en évidence non seulement le rôle crucial des nouvelles technologies pour mobiliser les peuples, mais aussi le rôle répugnant de l’Occident, qui apporte un soutien inconditionnel à la perpétuation de dictatures moyenâgeuses.

    Malgré le manque de libertés, l’injustice sociale, les niveaux insupportables de corruption et l’Etat policier, l’Occident n’a cessé de défendre ces régimes. Jusqu’à ce que Ben Ali soit renversé, l’Occident le considérait comme un “élève exemplaire”. Le président français Nicolas Sarkozy a même déclaré en 2008 que la Tunisie vivait en démocratie. Pendant tout le mois qu’a duré le mouvement de protestation, les gouvernements occidentaux, à l’exception des Etats-Unis, ont gardé un silence suspect – la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, a même proposé de conseiller le gouvernement tunisien sur la façon de mettre fin aux manifestations. Une telle attitude met en évidence le deux poids deux mesures de l’Occident quand il s’agit d’exiger la démocratisation de certains pays.
    D’un côté, l’Union européenne, France en tête, fait pression sur les présidents ivoirien, soudanais et iranien, et de l’autre elle garde un silence plus que suspect sur ce qui se passe dans le monde arabe, et surtout au Maghreb. Si l’Occident a joué un rôle crucial dans la démocratisation des pays de l’Europe de l’Est, elle fait tout le contraire avec les pays arabes. Non seulement elle soutient les régimes dictatoriaux, mais elle les aide à piller les richesses nationales en leur permettant d’ouvrir des comptes où ils peuvent déposer leur butin et d’acquérir des biens immobiliers et des actions de grandes entreprises européennes. Avec un tel comportement, l’Occident se rend complice par excellence de ces crimes. L’Europe offre également depuis plusieurs années, un autre cadeau à ces dictateurs en refusant d’accorder l’asile politique à ceux qui fuient ces régimes sanglants.

    Pis, l’Occident ne cesse de répéter qu’il lutte contre les mouvements islamistes et les terroristes, mais les études sociologiques montrent que le fanatisme découle directement de l’injustice sociale et de la corruption de ces régimes dictatoriaux. Malgré cela, l’Occident ferme les yeux sur cette réalité et sur ces faits et se lie avec les dictatures.

    Si les religieux s'en mêlent,

    Si les religieux s'en mêlent, ces pauvres gens ne connaitront jamais la liberté : c'est bien la raison pour laquelle il y a eu séparation de l'église et de l'état en France . Tant que ces pays n'auront pas compris, ils n'évolueront pas vers le gouvernement du peuple par le peuple .

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