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Afrique

Hosni Moubarak renonce à briguer un nouveau mandat

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/02/2011

Le chef de l'État égyptien a indiqué mardi soir dans une allocution télévisée qu'il ne se représenterait pas à la présidentielle de septembre. Des milliers de manifestants rassemblés le soir même au Caire continuaient à réclamer son départ.

AFP - Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi soir qu'il restait au pouvoir, mais qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre, dans un discours très attendu retransmis à la télévision.
              

Hosni Moubarak : "je ne souhaite pas me présenter à la prochaine élection"

Aussitôt après son discours, des milliers de manifestants réunis dans le centre du Caire ont demandé de nouveau le départ immédiat de M. Moubarak, selon des correspondants de l'AFP sur place. "Dégage ! Dégage !", ont-ils scandé.
              
"Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel", a déclaré le président égyptien.
              
"J'ai passé assez de temps à servir l'Egypte et son peuple", a-t-il ajouté. "Je n'ai jamais demandé le pouvoir".
              
Plus d'un million de personnes ont manifesté mardi en Egypte pour réclamer le départ du président Moubarak, au pouvoir depuis 29 ans, selon les services de sécurité.
              

Mardi, des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues
C'était la plus importante mobilisation en huit jours de contestation contre le président égyptien.
              
"Je vous parle dans des conditions difficiles qui mettent l'Egypte et son peuple à l'épreuve et qui pourraient l'entraîner vers l'inconnu", a ajouté M. Moubarak, estimant que le pays avait le choix entre "le chaos et la stabilité".
              
"Ce pays, j'y ai vécu, j'ai fait la guerre pour lui, et l'histoire me jugera", a-t-il dit.
              
"Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique du pouvoir", a déclaré le chef de l'Etat.
              
Les groupes d'opposition avaient appelé à une "marche du million" mardi pour faire pression sur le régime et réclamer le départ du chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1981.
              
A la faveur du soutien de la toute-puissante armée, qui s'est engagée à ne pas tirer sur eux, hommes, femmes, enfants et vieillards ont manifesté par centaines de milliers dans le pays pour exiger le départ de M. Moubarak, au pouvoir depuis 29 ans.
              
De précédentes annonces par M. Moubarak sur un nouveau gouvernement -la nomination du vice-président Omar Souleimane et un dialogue avec l'opposition- ont été rejetées par les manifestants et l'opposition, pour qui seul le départ de M. Moubarak viderait les rues d'Egypte.
              
"Les Américains sont déjà dans l'après Moubarak"
Selon le New York Times, le président américain Barack Obama a demandé à M. Moubarak de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle, dans un message transmis par un ancien ambassadeur américain en Egypte, Frank Wisner, qui s'est rendu au Caire.
              
Le message "conseille à (M. Moubarak) d'engager un processus en vue d'une réforme qui culminera avec des élections libres et justes en septembre pour élire un nouveau dirigeant", écrit le Times.
              
Le mouvement de contestation sans précédent, même s'il continue de manière pacifique, a fait depuis le 25 janvier au moins 300 morts, selon un bilan non confirmé de l'ONU, et des milliers de blessés.

Première publication : 01/02/2011

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