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Dernière modification : 04/02/2011 

- Égypte - Hosni Moubarak - Nicolas Sarkozy - Tunisie - UMP - Union pour la Méditerranée


Renaud Muselier, Député UMP et Président du Conseil Culturel de l'Union pour la Méditerranée

Roselyne Febvre reçoit Renaud Muselier, Député UMP et Président du Conseil Culturel de l'Union pour la Méditerranée.

Regardez la seconde partie de Politique avec Jean-Christophe Cambadélis.

Lire l'intégralité de de l'interview :

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre premier invité. Renaud Muselier, bonjour, vous êtes ancien ministre, vous êtes député UMP des Bouches-du-Rhône et surtout, c’est intéressant dans le contexte actuel, vous êtes Président du Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée. De Gaulle dirait peut-être ce « machin », l’UPM créée en grandes pompes en 2008 par Nicolas Sarkozy, elle regroupe 43 pays : les 27 de l’Union européenne, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée. La semaine dernière, le secrétaire général Ahmad Massadeh a démissionné, il a jeté l’éponge. Le coprésident est Hosni Moubarak et le secrétariat est à Tunis. Avouez que là, il avait tout faux…
 

Renaud MUSELIER.- Ce n’est pas qu’il y a tout faux, il y a tout vrai, sauf qu’il y a d’énormes difficultés politiques.
 

Roselyne FEBVRE.- Non, mais c’est la bérézina pour l’UPM.
 

Renaud MUSELIER.- C’est de nouveau une catastrophe pour le bassin méditerranéen, c’est le processus de Barcelone qui a été modifié. Avant, c’était le Nord qui ne parlait qu’au Sud, qui imposait ses choix tactiques et stratégiques et qui les finançait. L’Union pour la Méditerranée, c’était un autre projet, c’était une culture de projet, la dépollution du bassin méditerranéen, les autoroutes de la mer, avec des codécisions Nord/Sud…
 

Roselyne FEBVRE.- Mais à aucun moment, vous ne vous êtes posé la question, effectivement du volet démocratique.
 

Renaud MUSELIER.- Nous nous sommes surtout posé la question du blocage permanent du processus de Barcelone et de l’UPM au départ par le conflit israélo-palestinien qui nous bloquait sans arrêt sur le plan politique, mais qui ne nous bloquait pas sur le plan des projets.
 

Roselyne FEBVRE.- Mais cela, nous le savions.
 

Renaud MUSELIER.- Et c’était la raison pour laquelle on contournait ce problème, sachant qu’entre temps, il y a eu des élections en Israël qui ont amené le ministre des Affaires étrangères, monsieur Liberman, au pouvoir. Monsieur Liberman est parmi les plus durs dans la droite Israélienne et donc, complique naturellement le débat avec le monde arabe. Et, maintenant, nous avons toute une série de difficultés majeures sur le plan politique, parce que ce sont finalement les peuples qui ont une aspiration de respiration et de liberté et donc, cela commence par la Tunisie qui était un des pays les plus équilibrés en tout cas, du bassin méditerranéen, l’Egypte qui est un pays fondamentalement important sur le bassin méditerranéen, parce que beaucoup plus puissant, et beaucoup plus gros en termes de taille et en termes de volet économique, qui avait signé les accords de Camp David avec Israël, qui a sur place le canal de Suez…
 

Roselyne FEBVRE.- Et justement, si Moubarak chute, est-ce que cela va remettre en cause tout cet équilibre, porté par les Etats-Unis et par Israël, parce que l’Egypte était l’allié de ces pays ?
 

Renaud MUSELIER.- En ce qui concerne, en tout cas, la Méditerranée, le projet politique de l’Union pour la Méditerranée est un projet qui, à mon avis, peut perdurer, parce que justement, les relations ne sont pas forcément des relations bilatérales ou simplement des relations avec un seul pays en fonction de la gouvernance bonne ou mauvaise. Et on constate la mauvaise gouvernance de ces différents pays au fil du temps, mais ce sont des relations multilatérales, parce que la vie sur le bassin méditerranéen va continuer, parce que les échanges maritimes vont continuer, parce que les échanges universitaires vont continuer, parce que les échanges humains entre nous vont continuer, sauf que l’équilibre politique est considérablement évolué. Donc, l’UPM, paradoxalement, moi, je pense qu’elle a un avenir, mais là, elle passe une période particulièrement compliquée.
 

Roselyne FEBVRE.- Justement, la question, je vous la repose : ce volet démocratique, personne ne s’est posé la question, parce que dans le fond, Moubarak, cela fait 30 ans qu’il est au pouvoir Ben Ali, cela faisait 23 ans, nous avions connu ces deux personnes au pouvoir et à aucun moment, nous ne nous sommes dit : un jour, cela pètera ? Est-ce que Franco aurait pu rentrer dans l’Union européenne ? Est-ce que l’Espagne aurait pu rentrer avec Franco dans l’Union européenne ?
 

Renaud MUSELIER.- C’était hier. Tout cela a beaucoup évolué. La période de Franco, ce n’est pas la même, il y avait la Guerre mondiale, il y avait des positions à ce moment-là qui étaient quand même encore différentes d’aujourd’hui. Aujourd’hui, il n’y a pas de conflit entre les uns et les autres sauf en Israël et Palestine, mais il n’y a pas de conflit sur le bassin méditerranéen, il y a la paix. Par exemple, si nous pouvons comparer, le Président libyen n’est pas un grand démocrate, il n’est pas rentré dans l’Union pour la Méditerranée. Il n’a jamais voulu y rentrer, il n’y est pas rentré. Est-ce que pour autant, il faut l’exclure des relations sur le bassin méditerranéen ? Il est clair que les peuples de rive Sud, au fil du temps, avec qui nous sommes très, très liés, avec des relations humaines, commerciales, linguistiques très fortes, nous nous retrouvons dans un schéma historique (notamment pour l’Egypte depuis Napoléon), nous nous retrouvons dans un schéma où ces relations et cette proximité, peut-être avec la crainte d’une radicalisation de l’Islam a fait en sorte qu’il y a une bienveillante complaisance et là, les peuples ne le supportent plus, c’est clair.

Roselyne FEBVRE.- Cet UPM, est-ce que c’est l’échec de Nicolas Sarkozy ?

Renaud MUSELIER.- Non, je crois que c’est l’échec de régimes… Aujourd’hui, d’abord, l’UPM n’est pas finie. Elle est en panne.
 

Roselyne FEBVRE.- L’échec, vous alliez dire « de régimes… » ?
 

Renaud MUSELIER.- Je pense que c’est incontestablement l’échec des régimes en place qui sont arrivés au bout d’un terme, au bout d’un circuit.
 

Roselyne FEBVRE.- Oui, mais cela, pourtant, le Président de la République s’est appuyé sur Moubarak, puisqu’il en a fait son coprésident et le secrétariat est à Tunis.

Renaud MUSELIER.- Le monde, l’ONU, le G20, le G8.

Roselyne FEBVRE.- Est-ce que ce n’est pas un manque de vision ?

Renaud MUSELIER.- Le monde, le G20, le G8, le FMI, tout le monde s’est appuyé sur les régimes en place qui étaient considérés comme des régimes, pas démocratiques, mais en tout cas, respectueux d’une évolution, d’un peuple, et aujourd’hui, manifestement, le peuple ne le supportait plus.
 

Roselyne FEBVRE.- Donc, cet UPM est mort…
 

Renaud MUSELIER.- Et quand vous voyez le FMI, nous voyons très bien, cette année, le Président du FMI, monsieur Strauss Kahn qui a été décoré par monsieur Ben Ali et qui a dit : « ils ont très bien passé la crise et l’année prochaine, c’est un pays qui est en pleine évolution ». Donc, le contexte international a été bâti autour d’un équilibre mondial et un équilibre régional, autour de régimes pilotés par des présidents qui sont au pouvoir depuis un très grand nombre d’années et qui ont dénaturé le mode d’emploi démocratique de leur pays.

Roselyne FEBVRE.- Est-ce que les errements, on va dire, les errements stratégiques de la France lors de ce qui s’est passé en Tunisie et notamment des « boulettes » de certains et certaines, est-ce que cela signe le deuil des ambitions euro-méditerranéennes de Nicolas Sarkozy ?
 

Renaud MUSELIER.- Non, je pense que la position de la France, notamment, puisque vous faites référence à l’affaire tunisienne, montre bien la proximité avec la Tunisie, que nos relations bilatérales sont tellement fortes, tellement anciennes, tellement solides, tellement ancrées avec les Tunisiens en France, les Français en Tunisie, etc., que nous sommes passés à côté de l’essentiel. Et je pense que c’est une faute de distance et d’analyse qui est commise par la diplomatie française et qui nous met dans une situation compliquée, parce que nous avons trop de proximité. Et donc, nous manquons de recul sur l’analyse et à ce moment-là, on découvre que le pays bouge considérablement dans le fond et se manifeste. Et moi, ce qui m’a le plus impressionné dans l’affaire tunisienne, c’est cette révolte populaire qui finit en révolution, le fait que l’armée lâche le Président Ben Ali avec une rapidité très impressionnante et que tout le monde fasse référence à la Constitution tunisienne. Il est quand même assez intéressant de voir une révolution qui ne finit pas dans un bain de sang, qui fait tomber ce que l’on considère comme un dictateur, que l’armée qui l’a toujours soutenu, qui a été mise en place, le lâche, parce qu’elle soutient la population, mais que tout le monde respecte la Constitution. Je crois que c’est quelque chose qu’il faut bien intégrer, parce que ce n’est pas banal.

Roselyne FEBVRE.- Vous avez été secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, est-ce que vos considérez que Michelle Alliot-Marie a fait une « boulette » lors de son expression malheureuse pour aider les policiers tunisiens.

Renaud MUSELIER.- Je pense que d’abord, à partir du moment où nous sommes aux Affaires étrangères et que dans son expression, il y a la compréhension d’un soutien qui se retourne contre la personne qui s’exprimait, en l’occurrence, madame Alliot-Marie, il est clair qu’elle n’a pas bien exprimé ce qu’elle voulait dire. En l’occurrence, est-ce que d’aider le gouvernement en place était une faute ? Oui. Bien sûr, mais je pense que ce sont les services du Quai d’Orsay qui n’ont pas fait ce qu’il fallait à ce moment-là et qui l’ont mis dans une situation… Elle était ministre depuis quinze jours ou un mois…

Roselyne FEBVRE.- Est-elle disqualifiée ?
 

Renaud MUSELIER.- Elle n’est pas disqualifiée. C’est un grand ministre de la République qui a eu des fonctions très importantes dans tous les ministères. Mais on constate quand même que les Affaires étrangères, ce n’est pas le ministère de l’Intérieur et qu’il faut y aller…
 

Roselyne FEBVRE.- C’est compliqué.
 

Renaud MUSELIER.- … avec beaucoup de finesse, de douceur…
 

Roselyne FEBVRE.- Et de connaissances.
 

Renaud MUSELIER.-  De connaissances et d’interprétations, parce que la maison Quai et une très belle maison. C’est une très belle administration. Pour autant, ils sont pris aussi par leurs habitudes et là, nous voyons bien que ces habitudes leur ont fait faire une erreur d’analyse.

Roselyne FEBVRE.- Donc, c’est plus le fonctionnement du Quai d’Orsay que la phrase malheureuse d’une ministre ?
 

Renaud MUSELIER.- C’est un peu tout, parce qu’après, c’est la diplomatie française.
 

Roselyne FEBVRE.- Oui.
 

Renaud MUSELIER.- Et donc, nous sommes tous solidaires malgré tout, mais nous sommes Français solidaires. Je tiens à souligner une chose quand même, c’est que ni à droite, ni à gauche – je crois que c’est d’ailleurs le plus important – personne n’a rien vu venir. Tout le monde va y passer ses vacances, tout le monde y va tranquille, tout le monde est content d’être en sécurité là-bas, de ne pas avoir d’islamisme et d’avoir un pays qui est organisé et structuré. Mais, ce plaisir européen et occidental, partagé par la totalité des forces de droite et de gauche dans notre pays, ne correspond pas fondamentalement et incontestablement à la soif de liberté qui est manifestée par le peuple.
 

Roselyne FEBVRE.- Justement, vous parliez de passer des vacances dans ces pays-là et en Tunisie. Une autre affaire. Il est annoncé dans le Canard Enchaîné que Michèle Alliot-Marie aurait profité d’un jet privé d’un des amis de la belle-famille de Ben Ali, les Trabelsi. Son compagnon, Monsieur Ollier, l’a défendue sur les ondes. Est-ce une erreur ?
 

Renaud MUSELIER.- Ecoutez, je n’ai pas lu le Canard. J’ai vu cela effectivement à la télévision ce matin, puisque le Canard a été repris. Quand vous partez en vacances, vous avez des relations qui vous amènent à un certain nombre d’endroits. Mais enfin, vous devez payer vos vacances. Donc, vous pouvez aller où vous voulez, cela est normal, puisque vous avez des amis, etc.
 

Roselyne FEBVRE.- Il faut payer.
 

Renaud MUSELIER.- En plus, quand on est un homme public, il faut faire attention donc, il faut payer.
 

Roselyne FEBVRE.- Nous parlions de l’UPM. Si l’on inverse les lettres, cela fait UMP. Là, en revanche, tout va bien ou le projet 2012 tâtonne-t-il encore ?
 

Renaud MUSELIER.- Là aussi, nous avons changé de Secrétaire général.
 

Roselyne FEBVRE.- Oui.
 

Renaud MUSELIER.- Nous avons un nouveau Secrétaire général qui est Monsieur Jean-François Copé, qui est un ami personnel, qui a montré…
 

Roselyne FEBVRE.- Arrange-t-il les affaires de Nicolas Sarkozy en lançant des débats comme l’augmentation de la TVA et les 35 heures ? Est-ce une bonne manière d’aider le Président de la République à être réélu en 20212 ?
 

Renaud MUSELIER.- Moi, je suis favorable au débat. D’ailleurs, on voit très bien dans les autres pays que lorsqu’il n’y a pas de débat, à un moment ou à un autre, il y a une révolte. Heureusement, nous n’en sommes pas là dans notre pays. Pourquoi serions-nous figés, cantonnés avec une philosophie de droite, de gauche, avec un clivage ? Nous sommes obligés de sortir de là.
 

Roselyne FEBVRE.- Finalement, c’est comme le PS. Vous avez droit au débat.
 

Renaud MUSELIER.- Oui, mais depuis longtemps. A la différence du PS, nous, ce n’est pas une cacophonie et nous, nous avons un leader.
 

Roselyne FEBVRE.- L’UMP, c’était un peu la bétaillère où tout le monde pensait pareil.
 

Renaud MUSELIER.- Non, parfois, nous avons une expression où une fois que nous sommes en ordre de marche, nous sommes en ordre de marche. C’est-à-dire que nous débattons et puis, une fois que nous sommes d’accord ou en désaccord, nous nous plions à la majorité en fonction de l’intérêt général. Donc, nous avons un leader. Nous avons un lieu où l’on débat. On ne peut pas dire : « Tiens, les Tunisiens débattent et font la révolution » et, à l’intérieur de l’UMP s’interdire de débattre.
 

Roselyne FEBVRE.-Je voudrais parler de Jacques Chirac, parce que vous êtes un ami personne de Jacques Chirac. Vous le voyez souvent. D’ailleurs, je crois que vous déjeunez avec lui bientôt. Avez-vous été choqué des rumeurs sur sa santé ? Peut-on se désintéresser d’un homme qui a été public, dont la vie a été publique pendant 40 ans ? Comme par hasard, on dit : « Maintenant, il n’est plus Président de la République, sa santé ne regarde pas les Français » ? Est-ce aussi simple que cela ?
 

Renaud MUSELIER.- Non, je n’ai pas dit cela. Je suis très ami avec le Président Chirac qui est, je crois, l’homme préféré des Français. C’est la personnalité préférée des Français.
 

Roselyne FEBVRE.-Donc, quand on n’est plus au pouvoir, on est toujours les gens préférés…
 

Renaud MUSELIER.- Il a été tellement critiqué, mais enfin, en attendant, il a été réélu deux fois et c’est l’homme préféré des Français. Il vaut mieux cela à la fin de sa vie que de se retrouver jeté de son pays. On compare des choses qui ne sont pas comparables, mais en tout cas, c’est une réalité. Le Président Chirac est un homme qui a 78 ans, qui a eu un accident vasculaire. Dans cette affaire, moi, ce qui me gêne le plus…
 

Roselyne FEBVRE.-Donc, il est fatigué.
 

Renaud MUSELIER.- Non. Il est touché par l’âge. Et moi qui était à l’époque un bébé Chirac, aujourd’hui, j’ai 52 ans, tous mes copains bébé Chirac, nous avons tous entre 50 et 55 ans. Nous avons fait notre vie politique avec Chirac et nous courions derrière lui. Aujourd’hui, on a un monsieur qui est plus âgé, qui a fait une hémiplégie en son temps et qui marche moins vite. Il est touché par l’âge. Pour autant, je suis médecin. Ni de près, ni de loin il a les symptômes d’Alzheimer. Moi, ce qui me choque le plus dans cette polémique, c’est qu’à un moment ou un autre, un grand journal…
 

Roselyne FEBVRE.-A-t-il des trous de mémoire quand vous parlez avec lui ?
 

Renaud MUSELIER.- Un grand journal dit : « Il est malade, il a des trous de mémoire, il a un Alzheimer » ; il décline toute une série d’horreurs médicales sans nous donner la source. Si un médecin nous dit : « Je vous fais le diagnostic ». Si quelqu’un qui l’a rencontré donne son nom… Tandis que là, on met sur la place publique une rumeur ; nous ne savons pas d’où elle vient ; nous ne savons pas si cela correspond à la vérité. Après, les amis de Chirac disent : « Vous savez, ce monsieur va bien. C’est un grand monsieur ». Il est un peu sourd donc, il parle fort. Il marche moins vite. Il a 78 ans. Il est touché par l’âge, mais il est normal. Il va bien. Comme toutes les personnes un peu âgées.
 

Roselyne FEBVRE.-Oui, mais quand Bernadette Chirac dit : « Les médecins ont dit qu’il n’avait pas Alzheimer » donc, c’est qu’il y avait suspicion. Pour faire un diagnostic, il faut qu’il y ait auparavant inquiétude.
 

Renaud MUSELIER.- Non, mais quand vous allez voir votre médecin pour un rhume, il peut vous faire un bilan général.
 

Roselyne FEBVRE.-Et on dirait : « Tiens, au fait, est-ce que je n’ai pas Alzheimer ? ».
 

Renaud MUSELIER.- Et vous êtes en bonne santé.

Roselyne FEBVRE.-Oui, enfin…

Renaud MUSELIER.- Si vous êtes en bonne santé, c’est que vous n’avez pas Alzheimer. Nous ne savons pas pourquoi il est allé consulter. J’invite toutes les personnes, dès la cinquantaine, à aller régulièrement consulter leur médecin.
 

Roselyne FEBVRE.-Nous irons, parce que cela vient vite.

Renaud MUSELIER.- Pour moi, c’est fait. Vous, vous avez le temps.
 

Roselyne FEBVRE.-Non, non, pas tant que cela. Doit-il aller à son procès ? Faites-vous partie de ceux qui considèrent que dans le fond, cela n’a plus de sens de le faire comparaître ? Ou, au contraire, doit-il y aller ?
 

Renaud MUSELIER.- Très honnêtement, je trouve que le procès est quelque part indigne pour notre République. Tout cela, ce sont des histoires qui datent de la mairie de Paris d’il y a 20 ans.
 

Roselyne FEBVRE.-Pourquoi indigne ?

Renaud MUSELIER.- Parce qu’il y a 20 ans de cela. Nous sommes sûrs qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel. Il y a 20 ans et l’on est en train de juger quelqu’un qui a fait un parcours qui, pour moi, est exceptionnel, qui a pris la bonne position, notamment dans l’affaire irakienne. Cela va. A mon avis, tout cela ne sert à rien. Pour autant, le procès est là. Donc après, il faut l’assumer.

Roselyne FEBVRE.- Il doit y aller.

Renaud MUSELIER.- Je ne le pousse ni à y aller, ni à ne pas y aller. Je pense que de toute façon, il faut qu’il fasse ce qu’il a envie de faire. C’est le seul moyen d’être…

Roselyne FEBVRE.-Sur ces images, nous voyons effectivement un Jacques Chirac qui a du mal à marcher. Vous dites qu’il marche à petits pas.

Renaud MUSELIER.- Il marche moins vite.
 

Roselyne FEBVRE.-Oui. Lorsque l’on a connu le pouvoir pendant 40 ans, que ce soit au RPR, à la mairie de Paris, en tant que Premier Ministre ou Président de la République pendant 12 ans, effectivement, il y a un trou béant.

Renaud MUSELIER.- Mais vous rendez-vous compte de la vie de cet homme, de ce qu’il a fait ? Il s’est battu sur le plan politique pour prendre le pouvoir. Il a géré, il a eu la ville de Paris. Il a pris des positions internationales exceptionnelles. D’un coup, du jour ou lendemain, il sort de la vie politique ; le téléphone sonne moins. Il ne décide plus pour les autres ; il ne fait plus la carrière des autres.
 

Roselyne FEBVRE.-Mais ne faut-il justement pas trouver un autre sens à sa vie que le pouvoir ?
 

Renaud MUSELIER.- Oui, mais c’est comme ceux qui partent à la retraite. Vous savez, il faut la préparer aussi sa retraite. Lui, il l’a préparée avec sa Fondation. Heureusement, il est aimé des Français donc, il est accueilli partout.
 

Roselyne FEBVRE.-Vous dites qu’il s’ennuie.

Renaud MUSELIER.- Je pense que le rythme n’est plus le même. Ca c’est clair.
 

Roselyne FEBVRE.-Merci, en tout cas, Renaud Muselier d’être passé…

Renaud MUSELIER.- Merci de votre invitation.
 

Roselyne FEBVRE.- … sur le plateau de France 24. Nous nous retrouvons très vite avec de nouveaux invités. Merci.

 


Commentaires (1)

la faute à sarkozy !

Madame Roselyne FEBVRE, je rentre d'un des pays du Maghreb et je tousse. Est-ce que vous pensez que ça peut être de la "faute à Sarkozy" ?
Vous avez sûrement fait "sciences Pô", donc vous allez pouvoir me répondre.

Merci

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