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Moyen-orient

Les pro-Moubarak ont raté leur coup, pour l'instant

Texte par Jean Bernard CADIER

Dernière modification : 03/02/2011

Pour l'instant, le vent semble souffler en faveur des opposants de Moubarak. L'armée égyptienne aura attendu vingt heures pour faire son travail d'interposition car elle attendait de voir dans quel sens l'Histoire allait basculer.

Pour l'heure, L'Histoire paraît basculer en faveur des manifestants de la place Tahrir.

La contre-attaque des pro-Moubarak avec leurs pierres, leurs bâtons, leurs chevaux et leurs dromadaires a fait long feu et ressemble pour le moment à un baroud d'honneur. La contre-manifestation était, au moins partiellement, organisée par des membres les plus jusqu’au-boutistes des services de sécurité. Leur tactique peut se résumer en deux points :

1 - tenter de rallier une partie de la population exaspérée pour prouver que le "peuple d'Égypte" n'est pas d'un seul côté.

2 - entretenir une atmosphère de guerre civile sous l'œil des caméras pour préparer une éventuelle reprise en main.

La population du Caire ne les ayant pas (suffisamment) soutenus et la résistance (courageuse) des opposants de la place Tahrir les ayant finalement obligés à refluer, il est apparu clairement que les ultra ont raté leur coup.

Pour l'instant.

Car si le vice-président Omar Souleimane a promis qu'une enquête serait ouverte et des sanctions prises contre "ceux qui ont conduit ces jeunes manifestants à se diriger vers la place Tahrir". Il a aussi revendiqué le droit de manifester "son soutien et son amour" au président Moubarak. Ce qui veut dire que ces manifestants sont susceptibles de revenir, en force.

L'interview d'Omar Souleimane ce jeudi soir montre surtout que les pro-Moubarak ont l'intention de résister, sinon de contre-attaquer. À ceux qui demandent le départ de Moubarak, il répond qu'on ne peut pas être "vraiment égyptien" et demander une chose pareille dans un pays où "l'on respecte le père et le leader". De même que sont "anti-égyptiens" certains journalistes étrangers qui "enflamment les manifestants contre leur pays".

Les opposants résistent. Le pouvoir résiste. Tout est en place pour la grande confrontation de ce vendredi. Qui cédera le premier ?

Première publication : 03/02/2011

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