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Moyen-orient

Amr Moussa, une option crédible pour remplacer Hosni Moubarak

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 04/02/2011

S'il n'est pas présent dans les cortèges, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, est considéré comme l'une des personnalités à même de mener la transition. À la différence de certains opposants, il jouit d'une forte popularité.

Amr Moussa représente-t-il l'alternative la plus crédible au cas où Hosni Moubarak quitte le pouvoir ? Alors que l'opposition peine à s'organiser et qu'aucun leader de la contestation ne s'est encore imposé, le nom du secrétaire général de la Ligue arabe est de plus en plus régulièrement évoqué.

Selon des sources onusiennes, cité par le quotidien israélien "Jerusalem Post", Amr Moussa "est dans les cordes pour succéder à Hosni Moubarak". Le leader de la Ligue arabe, qui appelle sur son compte Twitter à la modération et au calme lors des manifestations, est une "personnalité très expérimentée", a estimé de son côté le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, qui s'est longuement entretenu avec lui par téléphone. 

Amr Moussa, plus populaire que Mohamed el-Baradei

Agé de 74 ans, Amr Moussa a derrière lui une longue carrière de diplomate. Entré au ministère des Affaires étrangères égyptien en 1958, il est nommé ambassadeur en Inde en 1983, puis auprès des Nations unies en 1990. En 1991, il devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement égyptien avant d'être désigné, en 2001, secrétaire général de la Ligue arabe. Sa nomination est alors unanimement approuvée par tous les États membres de l'organisation. Amr Moussa a déjà indiqué ne pas vouloir renouveler son mandat - qui expire dans quelques mois - à la tête de la Ligue. 

Au cours de sa carrière, Amr Moussa n'a pas mâché ses mots. En tant que chef de la diplomatie égyptienne, il critique Israël et la politique menée par Washington dans la région, reflétant ainsi les opinions de nombreux Égyptiens. À son arrivée à la tête de la Ligue arabe, Amr Moussa entendait également secouer l'institution, une lourde bureaucratie qui emploie près de 800 personnes.

À la différence de l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed el-Baradei, qui peine à rassembler à l'intérieur des frontières égyptiennes, Amr Moussa jouit d'une réelle popularité, tout en étant respecté sur la scène internationale. 

Preuve s'il en est de cette notoriété, le titre "Je déteste Israël et j'aime Amr Moussa", du chanteur égyptien Shaaban Abdel Rahim, a par exemple été un véritable tube en 2001. Le magazine américain "Time" estimait alors que Amr Moussa était "peut-être le plus aimé des fonctionnaires du monde arabe." Sa nomination, la même année, au poste de secrétaire de la Ligue arabe, a été perçue comme une façon, pour Hosni Moubarak, d'écarter cet acteur de la scène politique locale un peu trop apprécié des Egyptiens au goût du raïs.

Amr Moussa "pense sérieusement" à se présenter 

S'il ne s'est jamais prononcé officiellement, Amr Moussa - qui n'a jamais été membre du parti au pouvoir, le Parti nationale démocrate (PND) - n'exclut pas de se présenter à la prochaine présidentielle. Interrogé sur la chaîne américaine CNN sur son éventuelle candidature, il a affirmé mardi qu'il "allait y penser sérieusement au cours des prochaines semaines." Le même jour, il a affirmé à la chaîne panarabe Al-Arabia "ne pas prétendre au leadership", mais être "prêt à servir son pays dans quelque poste que ce soit si on le lui demande". 

Déjà, en 2009, Amr Moussa avait indiqué au quotidien égyptien "Al-Chorouq" qu'il n'excluait pas de se présenter à la présidentielle prévue en septembre 2011. "J'ai l'ambition, comme tout citoyen, de contribuer au réveil du projet de renaissance en Égypte d'une manière très sérieuse", avait-il déclaré. 

Le secrétaire général de la Ligue arabe, qui se trouvait encore au Forum économique de Davos quatre jours après le début des manifestations en Égypte, est resté relativement discret sur les événements qui secouent son pays. "Le citoyen arabe est en colère et nous nous sentons meurtris en tant que citoyens. C’est une question de réforme, et la réforme doit avoir lieu maintenant dans tout le monde arabe", a-t-il toutefois déclaré depuis la Suisse.

Première publication : 03/02/2011

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