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Moyen-orient

L'armée va-t-elle choisir son camp ?

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/02/2011

Depuis le début des manifestations en Égypte, l'attitude de l'armée est scrutée avec attention par les observateurs. D'aucuns estiment qu'elle pourrait faciliter le départ du président Hosni Moubarak. Pour l'heure, sa position reste ambigüe.

Les militaires vont-ils basculer du côté des manifestants anti-Moubarak ? Depuis le début du mouvement de contestation, il y a dix jours, l'attitude équivoque de l'armée soulève des interrogations. Beaucoup espèrent qu'elle jouera, comme en Tunisie, un rôle déterminant pour favoriser le départ du président égyptien.

Depuis ce jeudi matin, les soldats égyptiens tentent de maintenir une "zone tampon" entre partisans et opposants au président Hosni Moubarak place Tahrir, dans le centre du Caire. La veille, en revanche, alors que de violents affrontements ont fait au moins un millier de blessés et plusieurs morts, les militaires ont brillé par leur passivité. Dans la journée, ils ont appelé les contestataires à rentrer chez eux, après avoir jugé lundi leurs manifestations "légitimes".

Une porte de sortie honorable pour Moubarak

"Face au fait que de telles violences aient pu se poursuivre tandis que l'armée restait là sans réaction, on peut se demander si cette dernière a reçu l'ordre de ne pas intervenir, s'interrogeait jeudi l'organisation Amnesty International dans un communiqué. L'armée semble désormais revenir sur sa promesse de protéger les manifestants pacifiques."

Selon Georges Malbrunot, grand reporter au "Figaro", l'armée se trouve effectivement dans une position délicate. "Elle a envie de conserver ses avantages - l'armée est notamment un empire économique - et veut trouver une porte de sortie honorable pour Hosni Moubarak, a-t-il expliqué sur FRANCE 24. Mais elle souhaite aussi que la transition se fasse le moins douloureusement possible. Il y a d'ailleurs un débat intense et des divisions au sommet de l'appareil sécuritaire égyptien entre ceux qui préconisent une action forte et ceux qui savent qu'ils détiennent la clé du pouvoir."

Pilier du régime d'Hosni Moubarak, l'armée jouit toutefois jusqu'ici d'une grande popularité auprès de la population - à la différence de la police, considérée comme extrêmement corrompue. "L'armée et le peuple main dans la main", scandent notamment les manifestants depuis le début du mouvement. 

Dans une interview à la chaîne panarabe Al-Jazira mercredi, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradei, l'une des figures de l'opposition, a indiqué avoir demandé à l'armée d'intervenir pour protéger des vies égyptiennes. 

L'armée courtisée par les Américains 

Le secrétaire d'État américain à la Défense, Robert Gates, tout comme l'amiral Mike Mullen, sont de leur côté en contact étroit et régulier avec leurs homologues égyptiens. 

L'Égypte étant leur principal allié dans la région depuis plus de trois décennies, les États-Unis ont apporté un soutien massif à son armée. Washington a ainsi versé 35 milliards de dollars d'aide militaire au Caire depuis la signature depuis la signature des accords de paix de Camp David en 1978, et cette aide atteint encore aujourd'hui 1,3 milliard de dollars par an. Les chars Abrams positionnés dans les rues du Caire ou les chasseurs bombardiers F-16 qui survolent la capitale en sont l'illustration matérielle.

"L'armée est courtisée de toutes parts, confirme Georges Malbrunot. Mohamed el-Baradei, les Égyptiens comme les Américains veulent qu'elle dise à Hosni Moubarak que l'heure du départ a sonné."

Quand l'armée va-t-elle choisir son camp ? Selon des analystes cités par le quotidien américain "The New York Times", les militaires pourraient sortir de leur neutralité s'ils recevaient l'ordre de tirer sur la foule. "S'ils tirent sur des civils lors de manifestations qui sont clairement populaires, cela mettra en danger l'image de l'armée et son intégrité, indique Samer Shehata, spécialiste de la politique dans le monde arabe à l'université de Georgetown, aux Etats-Unis. L'avenir de l'institution est en jeu."

 

Première publication : 03/02/2011

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