Dernière modification : 04/02/2011 

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Un "battement d'ailes" de Ben Bernanke peut-il provoquer une révolte en Égypte ?

Un "battement d'ailes" de Ben Bernanke peut-il provoquer une révolte en Égypte ?

Le président de la Réserve fédérale américaine nie que sa politique monétaire ait pu contribuer à faire monter le prix des denrées alimentaires. La planche à billets n'est pas, pour le chef de la FED, responsable des révoltes.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

Et si le président de la Réserve fédérale américaine (FED) était en partie responsable du vent de révolte dans les pays arabes ? Un commentateur économique de la chaîne américaine MSNBC en est convaincu. Des journaux aussi sérieux que le quotidien britannique The Telegragh l’évoquent également ces derniers jours. Ben Bernanke a tenu, jeudi soir, à remettre les pendules à l’heure. "Ni coupable, ni responsable", s’est-il défendu en susbstance.

Le rapport entre l’homme fort de la politique monétaire américaine et le soulèvement populaire en Égypte peut paraître saugrenu. Pourtant, à l’heure où les prix alimentaires atteignent un pic historique selon la FAO (Fonds alimentaire mondiale), il semble logique aux yeux de certains d'établir le lien.

A l’origine de la thèse d’une responsabilité de la FED : la vaste injection de dollars décidée en novembre 2010. Afin de soutenir la croissance, Ben Bernanke avait décidé de faire tourner la planche à billets en achetant pour 600 milliards de bonds du Trésor. Une initiative qui avait fait baisser la valeur du dollar. Et un dollar faible entraîne une augmentation des prix.

Et l’augmentation des prix, notamment en Egypte, n’est pas étrangère aux soulèvements populaires. "55% du budget des ménages est consacré à la nourriture contre environ 2% ans un pays comme la France", rappelle Omar Bessaoud, économiste spécialiste des politiques agricoles en Méditerranée à l'Institut agronomique méditerranéen de Montpellier. Et lorsque le prix du pain augmente, les jeux sont vite faits, surtout s’il y a également de fortes revendications sociales et un mécontentement contre un pouvoir jugé corrompu.

La faute aux biocarburants ? A la spéculation ?

Mais Ben Bernanke refuse d’enfiler la veste de révolutionnaire par ricochet. "La hausse des prix est en grande partie une conséquence de la croissance", a-t-il soutenu. Son bouc-émissaire implicite ? La Chine. L’augmentation de la demande en céréales de ce pays en pleine croissance pousserait les prix vers le haut. Mais pour Omar Bessaoud, économiste spécialiste des politiques agricoles en Méditerranée, la Chine est un faux coupable : "La base de leur nourriture est le riz et la Chine en produit suffisamment tandis que la diversification alimentaire n’est pas encore telle qu’elle joue un vrai rôle dans l’augmentation des prix".

Reste que cet économiste ne pense pas non plus que la politique monétaire américaine a influé sérieusement sur les prix. "C’est un élément mineur comparé aux vraies raisons de cette flambée des prix", assure-t-il. Selon un rapport de l’an dernier de l’OMC, l’importance grandissante des biocarburants en est l’un des facteurs déterminants. "Des millions d’hectares de maïs ne sont plus destinés à l’alimentation mais aux développement des biocarburants", précise Omar Bessaoud. L’offre disponible pour la consommation a donc chuté, ce qui aurait fait grimper les prix.

L’autre coupable serait le spéculateur. Dénoncée notamment par le président français Nicolas Sarkozy avant la tenue du G20 fin janvier, la spéculation est en effet très forte sur les marchés des matières premières. "Après s’être brûlé les ailes sur le marché immobilier, les investisseurs se sont massivement tournés vers les denrées alimentaires", assure Omar Bessaoud. Les grands révolutionnaires qui s’ignorent seraient donc les spéculateurs…

Crédit photo : CourtneyBolton/Flickr

Commentaires (7)

la révolte en EGYPTE ET dans le MONDE

SUJET INTERESSANT ET JE SUIS D'ACCORD SUR L'EFFET DE LA SPECULATION SUR LES MATIERES PREMIERES PAR LE BIAIS DES PRODUITS DERIVES EN BOURSE QUI DEVRAIENT ETRE INTERDITS. LES SPECULATEURS NE CHERCHENT QUE LEUR PROFIT AU DETRIMENT DE L'ENSEMBLE DES POPULATIONS

Effet d'un gradient d'un Potentiel ?

Un bon article quoiqu'il s'intéresse au conjoncturel (spéculation) plus qu'au structurel (inégalité des niveaux de vie mondiaux) structurant. Pour reprendre l'exemple symbolique du Pain, nous avons les invariants (même prix mondial du blé, mêmes coûts mondiaux des équipements (minoteries, boulangeries), même coût de l'énergie (Baril, Pétrole), alors que les prix de vente d'une baguette de pain diffère entre Paris et Tunis dans un rapport de Un à Huit. Cette différence de prix serait conséquente au surcoût dû par la nécessaire manicure des tendres mains boulangères françaises. De 1 Euro la miche de Pain à Paris, à 0,12 Euro les miches de pain à Tunis, au Caire ... On pourrait rejoindre l'analyse précédente en disant que derrière les spéculateurs, il y a l'Euro, voir une différence et inégalité de change pompant les richesses des pays pauvres, faisant que ces derniers commencent à revaloriser leurs ressources premières. Évolution des prix à l'export indexée su l'évolution des salaires des nantis ??? ....

oui, FAO se traduit bien en

oui, FAO se traduit bien en Français "fonds alimentaire mondial", monsieur le donneur de leçons

Boire (et manger) ou

Boire (et manger) ou conduire, il faudra choisir!

Pourcentage alimentation

Je suis d'accord sur la partie finale de l'article, sur la responsabilité de la spéculation sur les denrées alimentaires.
Mais le pourcentage en France de l'alimentation sue le budget de la famille ne peux pas être2%, mais bien le 20%, et ça me semble encore sous évalué. En outre il faut dénoncer la course au bio carburant qui a plus d'effets néfastes que salutaires.

oui reglementé le pris des

oui reglementé le pris des denrées alimentaires a sont juste prix serait surement une belle chose car c'est vital pour tout le monde de se nourir donc de se coté les gouvernants quelqu'ils soient ne font pas leur boulot, de plus la TVA ne devrait pas s'appliquer ainsi les prix baisseraient et c'est d'autant qui irait en biens d'équipement sur lesquels un petit surplus de TVA serait alors plus adequat mais il est toujours permis de rever en crevant de faim c'est sans TVA !!

FAO = fonds alimentaire mondiale?

Ca, c'est du journalisme.

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