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FRANCE

Michèle Alliot-Marie peine à mettre un terme à la controverse

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/02/2011

Au lendemain de nouvelles révélations sur ses vacances tunisiennes controversées, la ministre française des Affaires étrangères fait face à une pluie de critiques. Suivez dès 18h10 (GMT+1) l'entretien qu'elle a accordé à FRANCE 24.

Suivez sur FRANCE 24 l'entretien que Michèle Alliot-Marie a accordé à Roselyne Febvre, ce dimanche à 18h10 (redifussions à 21h40 et 23h40, GMT+1).

 

AFP - La chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie s'enlisait dimanche davantage dans une embarrassante controverse sur ses vacances en Tunisie, après de nouvelles révélations sur l'utilisation du jet d'un chef d'entreprise en relation d'affaires avec le clan Ben Ali.

Sa dernière intervention pour tenter de s'expliquer n'a fait que déclencher de nouvelles critiques et de nouveaux appels à la démission.

"Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères, je suis Michèle Alliot-Marie", a-t-elle affirmé samedi soir à la radio France-Info, pour se justifier d'avoir voyagé à deux reprises à bord du jet privé d'un ami, Aziz Miled, pendant ses vacances de fin d'année en Tunisie, alors déjà en proie à des troubles sociaux qui ont débouché sur la chute du président.

"Lamentable", a rétorqué sur la même radio le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault. "On est toujours ministre de la République, qu'on soit en vacances ou en activité, on ne se met pas entre parenthèses".

Même le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, tout en estimant que les ministres avaient le droit à la vie privée et au repos, a affirmé que "quand on est membre du gouvernement (...) on l'est évidemment à temps complet".

La défense de la ministre des Affaires étrangères s'est trouvée mise à mal samedi quand le Nouvel Observateur a révélé que Michèle Alliot-Marie, accompagnée notamment de son compagnon, Patrick Ollier, également ministre, n'avait pas utilisé le jet d'Aziz Miled qu'une fois, pour aller à Tabarka, mais l'avait repris pour une excursion dans le sud du pays.

On ne peut que déplorer des violences concernant des peuples amis. Pour autant, je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. [...] Nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie, NDLR] de permettre, dans le cadre de la coopération, d’agir dans ce sens, afin que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité.

Michèle-Alliot Marie, ministre des Affaires étrangères, le 11 janvier, devant l'Assemblée nationale Verbatim complet ici

Jusque là, la ministre avait expliqué qu'en "arrivant après Noël à Tunis, un ami qui allait à Tabarka" lui avait "proposé de voyager avec lui plutôt que de faire les deux heures de voiture". "Il n'a à aucun moment mis son avion à ma disposition, je l'ai accompagné pendant vingt minutes", avait-elle dit.

Samedi, elle a expliqué qu'elle avait pris ce jet pour se rendre à Tozeur avec des amis dans le cadre d'une excursion prévue dans le désert par M. Miled, "parce que pour aller de Tabarka à Tozeur il n'y a aucune liaison".

M. Miled est présenté comme un proche du beau-frère du président tunisien déchu, ce que Michèle Alliot-Marie récuse, estimant qu'il est au contraire "une victime" de la belle-famille de Zine El Abidine Ben Ali qui l'a obligé à s'associer avec elle.

La chef de la diplomatie française a aussi tenté de justifier sa présence en Tunisie, en proie aux troubles, en affirmant qu'il n'y avait alors pas "d'émeutes généralisées".

La ministre avait déjà provoqué un tollé en proposant le 11 janvier une coopération policière au régime de l'ex-président tunisien, alors que les manifestations se multipliaient.

Cette offre a cristallisé les critiques -de l'opposition française et en Tunisie- adressées à la diplomatie de la France, ancienne puissance tutélaire accusée d'avoir tardé à soutenir le soulèvement et passé sous silence le caractère autoritaire et corrompu du régime.

Arrivée aux Affaires étrangères en novembre, Michèle Alliot-Marie, 64 ans, une figure de la droite et habituée des grands ministères, traverse depuis quelques semaines l'une des pires tempêtes de sa longue carrière.

Cette semaine, elle a multiplié les interventions médiatiques pour se justifier et jeudi, le Premier ministre François Fillon l'a soutenue en affirmant qu'elle avait "toute (sa) confiance" et celle du président Nicolas Sarkozy.

Le président français, qui doit s'exprimer jeudi à la télévision, devra à nouveau évoquer ce sujet, alors que la gauche lui demande la démission de Michèle Alliot-Marie.

"Si vous voulez donner un peu de confiance aux Français dans les institutions de la République, vous devriez changer votre ministre des Affaires étrangères, c'est bien le moins", a lancé Jean-Marc Ayrault.

 

 

Suivez sur FRANCE 24 l'entretien que Michèle Alliot-Marie a accordé à Roselyne Febvre, ce dimanche à 18h10 (redifussions à 21h40 et 23h40, GMT+1).

 

Première publication : 06/02/2011

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