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Moyen-orient

Les Frères musulmans, une force politique incontournable

©

Vidéo par Lise BARCELLINI

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 11/02/2011

Tenus à l'écart du pouvoir depuis plus d'un demi-siècle, les Frères musulmans sont revenus au centre du jeu politique égyptien à la faveur de la crise qui secoue le pays. Portrait d'une confrérie devenue la principale force d'opposition nationale.

Longtemps restés la bête noire du régime, les Frères musulmans ont accepté d’entamer un dialogue sans précédent avec le régime d'Hosni Moubarak, contraint de lâcher du lest à la faveur de la crise égyptienne. Deux semaines après le début de la révolte populaire, le nouveau vice-président égyptien, Omar Souleimane, les a, pour la première fois, invités à prendre part à des discussions avec les autorités. Une chance pour la confrérie de pouvoir jouer un rôle sur la scène politique locale, dont elle était officiellement bannie depuis 1954.

Un "pacte faustien" avec le régime 

"Le Coran est notre Constitution"

Créée en 1928 par Hassan al-Banna (1906-1949), grand-père maternel du théologien controversé Tariq Ramadan, la confrérie des Frères musulmans naît au crépuscule de la colonisation britannique en Égypte, afin de lutter contre "l’emprise laïque occidentale et l’imitation aveugle du modèle européen".

Aux aspirations nationalistes de ceux qui réclament le départ des Européens, les Frères opposent un slogan toujours en vigueur : "Le Coran est notre Constitution." Leur objectif est, à ce jour, inchangé : instaurer un État islamique fondé sur l’application de la charia.

Sous Hosni Moubarak, les Frères musulmans étaient officiellement interdits dans le pays, mais tolérés dans les faits. 

Depuis l’arrivée de Moubarak au pouvoir en 1981, les Frères musulmans ont été, tour à tour, manipulés puis rejetés par le régime. Le raïs a usé et abusé de la menace islamiste auprès des Occidentaux pour justifier son maintien à la tête du pays ces 30 dernières années.

"Ils entretiennent un rapport très ambigu avec le régime, il n’y a pas d’opposition frontale. On peut même penser qu’il existe un accord tacite entre les Frères et le pouvoir, explique à FRANCE 24 Karim Emile Bitar, spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Les Frères ne s’occupent ni du politique, ni de l’exécutif. En échange, ils ont carte blanche pour islamiser la société et faire de la prédication. C’est un pacte faustien."

Le mouvement fondé en 1927 par Hassan el-Banna (voir encadré) a profité de cette relative liberté d'action pour élargir ses positions et devenir ainsi la première force d’opposition du pays. Lors des élections législatives de 2005, il a ainsi obtenu 88 députés dans les 165 circonscriptions où il avait présenté un candidat (étiqueté "indépendant"). Une représentation à l'Assemblée dont les Frères ont été privés l'an dernier, après avoir boycotté le scrutin.

Une force populaire indispensable

Fortement déstabilisé par la révolte qui a commencé le 25 janvier, le régime a été contraint de ramener les Frères musulmans dans le jeu politique.

"Le régime a vacillé et a besoin des Frères pour se stabiliser (…). Il peut difficilement faire l’impasse d’une force qui représente, potentiellement, deux tiers de l’électorat", analyse Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center, contacté par FRANCE 24.

Les Frères, qui ont élargi leur rôle à la sphère sociale dès les années 1940, bénéficient d’une très forte popularité en Égypte. Engagés dans de multiples actions caritatives, ils disposent d’un important réseau de dispensaires, d’écoles et d’ateliers, accordant des subventions aux déshérités et des dots aux jeunes femmes en passe de se marier.

Discrets lors des premières heures de la contestation, ils ont cependant su se rendre indispensables au cours de la révolte. Grossissant les rangs des manifestants, ils leur ont distillé leur savoir-faire, distribuant  nourriture et médicaments sur la place Tahrir, centre névralgique de la révolte populaire, au Caire. 

"Les Frères musulmans sont une force populaire considérée comme martyrisée par le régime. Beaucoup d’Égyptiens leur sont reconnaissants de se battre pour l’islam. Quand un Frère meurt, des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue en quelques minutes. C’est un exploit qu’aucune autre force politique n'est capable de réussir", poursuit Paul Salem.

La confrérie compterait aujourd'hui 4 millions de Frères, mais les experts estiment qu'au moins 35 % de la population égyptienne partage ses idées, soit plus de 20 millions de personnes...

Un agenda politique incertain

Les Frères musulmans ont affirmé qu’ils ne présenteraient pas de candidat à l’élection présidentielle de septembre prochain. "Nous avons dit clairement que nous n'avons pas d'ambition présidentielle, pas plus que nous ne recherchons de postes au sein d'un gouvernement de coalition", a déclaré Mohamed al-Beltagui, un membre influent de l’organisation.

Leur agenda demeure cependant inconnu
, jugent les experts. "Le 23 janvier, leur plan consistait à prendre le pouvoir dans les 10 jours, à augmenter le nombre de leurs militants et à organiser une grève générale. Aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile de le savoir", avoue Paul Salem.

Celui-ci affirme par ailleurs que les revendications du groupe seraient très concrètes : obtenir la libération des quelque 9000 Frères détenus dans les geôles du régime ainsi que le dégel de leurs avoirs, bénéficier d’une presse libre et, dans l'idéal, rédiger une nouvelle Constitution leur permettant de présenter des candidats dans le cadre d’élections libres, "ce qui n’arrivera pas", selon Salem.

Le masque de la démocratie

Le discours des Frères musulmans oscille entre un plaidoyer pour l'instauration en Égypte d'un État islamique et le développement de thèses plus modérées destinées à rassurer les démocraties occidentales. Le mouvement a ainsi condamné l'attaque conduite le 31 décembre dernier contre une église copte d'Alexandrie et affirment ne pas vouloir instaurer la charia contre la volonté des Égyptiens.

Pour Paul Salem, ce discours n'est cependant qu'une façade. Si les Frères parlent de dialogue interreligieux et d’intégration, ils continuent de tenir un discours alarmiste à l’égard des sociétés occidentales et de bafouer certains droits fondamentaux.

"Pourquoi voulez-vous qu’ils refusent la démocratie si elle leur permet d’accéder au pouvoir ? Quant à les voir instaurer eux-mêmes un tel régime, j’attends de voir !, s'exclame Salem. Il y a certes des démocrates parmi les Frères musulmans, mais ils sont minoritaires. Dans leur projet de société, long de 577 pages, certains points portent atteinte aux libertés fondamentales."

La société égyptienne dispose certes d’antidotes au radicalisme religieux. Mais s’il y a un courant laïque fort et démocratique, il est aussi probable que la confrérie ait une carte à jouer, dans un pays dont 40 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

 

Première publication : 08/02/2011

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