Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

SUR LE NET

Noël : les jouets connectés au pied du sapin

En savoir plus

SUR LE NET

Le rapprochement avec Cuba divise la Toile américaine

En savoir plus

REPORTERS

Argentine : le bilan Kirchner

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les "MarocLeaks" inquiètent le pouvoir marocain

En savoir plus

#ActuElles

Jouets sexistes : le marketing des fabricants en cause

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Joyeux Noël... laïc !

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Cuba - États-Unis : la fin de la guerre froide ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

La Grèce fait trembler les marchés

En savoir plus

À L’AFFICHE !

La personnalité tourmentée de "Mr. Turner"

En savoir plus

Moyen-orient

Chasse aux journalistes : le jour où tout a basculé au Caire

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 08/02/2011

La situation des journalistes étrangers au Caire, pris à partie et battus, s'est brutalement aggravée, mercredi dernier. Témoignage de l'un des envoyés spéciaux de FRANCE 24 dans la capitale égyptienne, revenu depuis à Paris.

D'abord bon enfant, le soulèvement populaire égyptien a basculé dans le chaos et la haine, mercredi 2 février. Aux affrontements mortels entre les partisans du président Hosni Moubarak et les manifestants opposés au régime est venue s’ajouter une redoutable chasse aux journalistes et aux Occidentaux aux abords de la place Tahrir.

"Nettoyer la place Tahrir"

Les envoyés spéciaux de FRANCE 24 au travail, place Tahrir, le 1er février. (Photo : Marc Daou)

Assurée par une équipe de neuf personnes, la couverture des évènements par FRANCE 24 se déroule jusqu’ici sans encombres, malgré les problèmes posés par la coupure d’Internet et par l’insécurité régnant dans certains quartiers du Caire.

Mais ce jour-là, nous avons rapidement senti que le régime chancelant de Moubarak est en train de se ressaisir. En fin de matinée, nous apprenons de partisans du raïs qu’une contre-manifestation de soutien au chef de l'État aura lieu en milieu d’après-midi…place Tahrir, "qu’il faut nettoyer" selon leurs mots. À l'heure dite, la situation dégénère effectivement en moins d’une demi-heure et le face-à-face, violent, dure un peu moins de 48 heures.
 
Lynchés par la foule, battus par la police militaire
 
Cinq membres de notre équipe sont alors à pied d'œuvre. Malgré les risques, ils parviennent à filmer les heurts. Mais rapidement, trois d’entre eux sont sauvagement pris à partie par les pro-Moubarak. Bastonnés pendant de longues minutes par une foule haineuse et incontrôlable, puis battus à plusieurs reprises par la police militaire, ils ne seront libérés que 36 heures plus tard.

Johan Bodin, journaliste FRANCE 24, témoigne des violences commises par l'armée égyptienne
 
Ils ne sont pas les seuls à avoir été traités de la sorte. Plusieurs dizaines de journalistes ont été pourchassés et frappés dans les rues du Caire les 2 et 3 février. Au bas de notre hôtel où sont alors hébergés de nombreux journalistes étrangers, on distingue une foule de partisans du président molester des journalistes. Dissuasif... Prévenu par nos soins, l'un de nos collègues décide d’abandonner sa caméra dans un taxi cairote et de regagner l’hôtel en se faisant passer pour un touriste égaré, avec la complicité d’une passante.
 
Journalistes sous haute surveillance
 
Face à la détérioration des conditions de sécurité, d’autres restent confinés dans leur chambre, constamment surveillés par les services secrets, les "moukhabarats", qui se mêlent aux employés de l’hôtel. Contraints de travailler depuis notre balcon qui offre une vue optimale sur les évènements, nous avons surpris à plusieurs reprises des "agents de sécurité" nous surveiller à partir des chambres voisines.
 
Interdits de filmer la place Tahrir depuis nos fenêtres sous peine d’exclusion de l’hôtel, nos conditions de travail se dégradent d’heure en heure. Sans compter l’angoisse pesante provoquée par l’absence de nos trois collègues. Ce n’est que le lendemain, tard dans la soirée, que nous apprenons avec soulagement leur libération. À travers le récit édifiant de leur détention par l’armée, nous comprenons que nous ne pouvons plus faire confiance à personne. Ni aux militaires, ni à la police, ni à la foule, ni aux employés de l’hôtel.
 
Exfiltrés par l’ambassade de France
 
Après discussion, nous décidons à l’unanimité de quitter Le Caire vendredi. De peur d’être arrêtés au milieu de la nuit, nous dormons barricadés dans nos chambres, bloquant la porte avec des meubles. Ambiance... Le lendemain, deux minibus de l’ambassade de France nous exfiltrent avec une trentaine d'autres reporters français. RFI, France 5, France 2, Le Parisien, M6...: plusieurs médias ont décidé de rappeler leurs envoyés spéciaux.
 
Certains, dont deux journalistes de FRANCE 24, décident toutefois de rester dans la capitale égyptienne pour assurer une couverture minimum des évènements et rejoignent un autre hôtel situé un peu à l'écart de la place Tahrir. Mais pour la majorité, la destination finale est l’aéroport du Caire. Direction Paris.

 

Première publication : 08/02/2011

  • CARNET DE ROUTE

    Carcasses de voitures et graffitis, les stigmates des rues du Caire

    En savoir plus

  • CARNET DE ROUTE

    Le Caire, capitale en état de siège

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)